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Fantastic’Arts 2004

Patlabor WXIII

Patlabor WXIII

Superbe mais ennuyeux, ce troisième opus qui aurait dû s’appeler « pas d’labor », tellement les robots géants sont absents du métrage. On était habitués à n’avoir qu’une scène d’action dans le dernier tiers des deux premiers films, mais l’intrigue s’y déroulait au moins dans le milieu des « labors », alors que là, pas du tout. Et la baston finale est bien loin d’être ce qu’on a vu de mieux dans le genre.

Malgré une incroyable maîtrise technique (la précision des décors, le rendu des matériaux, etc.), le film est décevant donc, surtout à cause de l’enquête aussi mouvementée qu’un épisode de l’inspecteur Derrick !

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Tokyo


On suit l’investigation de deux flics, l’éternel couple du « buddy movie » composé du vétéran aguerri Takeshi Kusumi et du jeunot fougueux Shinichiro Hata, sur l’affaire des meurtres et des destructions massives dans la baie de Tokyo. Tous deux découvrent un lien avec des expériences d’armes biologiques menées conjointement par les armées américaine et japonaise.

Malheureusement, Shinichiro vient de faire la rencontre d’une jeune femme, Saeko Misaki, qui est, comme par hasard, impliquée par son travail de généticienne pour le laboratoire biomédical Toto du professeur Toshiro Kurusu. Cette relation amoureuse risque bien de compliquer une affaire que voudrait déjà étouffer Goro Ishihara, colonel d’une organisation paramilitaire...

Ne vous attendez pas à voir l’ombre d’un patlabor avant le final, où on se décide enfin à utiliser les forces du capitaine Kiichi Goto (la Section 2 du « Département spécial division véhicules de la police métropolitaine de Tokyo »... ouf !), présentes dans Patlabor, the Movie et Patlabor 2, pour procéder à l’arrestation du coupable « inarrêtable » par des moyens conventionnels !

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réalisme saisissant des détails


Lorsque l’on étudie le dossier de presse, on comprend vite la note d’intention des auteurs, soit atteindre un réalisme encore jamais obtenu dans la représentation de la vie urbaine. On peut dire qu’ils ont réussi, c’est vrai, mais on ne voit pas trop en quoi ça justifie un film de représenter notre quotidien le plus banal, encore moins un film d’animation, média plus propice à mettre en scène ce qui ne pourrait pas être filmé en « live » (donc l’imaginaire le plus débridé). Le réalisateur Fumihiko Takayama a insisté, semble-t-il, pour que le directeur de l’animation, Takuji Endo, travaille la crédibilité en priorité, avec ce mot d’ordre bien significatif du résultat : « une scène ordinaire doit avoir l’air... ordinaire ! »

On est donc très loin de la mise en scène fun et électrique à laquelle Takayama nous avait habitués avec les O.A.V. de la série Bubble Gum Crisis en 1995 et même de l’hommage aux polars noirs des deux précédents opus de politique fiction qu’étaient les Patlabor de Mamoru Oshii (à qui l’on doit aussi Ghost in the Shell et Avalon). Ça ressemble plus à un épisode de feuilleton policier très calme qui chercherait à nous faire oublier qu’il est en dessin animé... jusqu’à ce qu’intervienne le monstre géant !

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« Special Vehicle Division, Section 2 »


Car si originalité il y a, c’est bien dans la confrontation (trop tardive) entre robots géants et monstre géant, ces adversaires appartenant à deux genres cinématographiques nippons différents et bien spécifiques. Ce type de rencontre n’ayant jusqu’à présent eu lieu que dans quelques Godzilla, elle bénéficie du coup d’un traitement réaliste qui lui confère bien une aura d’innovation. Dommage qu’il faille se taper 1 h 15 de dialogues mollassons avant d’en arriver là...

Vous l’aurez compris, techniquement, le film est irréprochable, même très soigné, mais un peu trop austère. La musique du pourtant génial Kenji Kawai est dans le même ton : rien à voir avec l’électro-pop enlevée des deux premiers. Ici, on a droit à une bande originale sans thème mélodique, uniquement de l’atmosphère à base de sons synthétiques, comme ce qu’il avait fait pour Ring en 1998.

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« Gojira, amène-toi, dégonflé ! »


Même si cet épisode fait directement référence au manga papier, on se demande un peu son utilité au vu du résultat, sachant que le second opus se posait clairement comme la fin de la saga, il y a déjà dix ans... Le choix hyper réaliste (jusqu’au « character design », les personnages ont enfin les yeux bridés) nous amène aussi à nous poser la question de l’avenir du manga. Y a-t-il un défi (artistique et/ou technologique) à réaliser en animé ce que l’on pourrait tourner en vrai ?

En tant que forme d’expression à part entière, le manga ne peut-il pas traiter de n’importe quel sujet, en s’écartant du carcan de la SF qui l’a vu naître ?

...

Oui, si ça fait un bon film. Non, si c’est assommant !

La note de Medecine Man : 4/10

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« You’re under arrest ! »


L’avis de Wolverine : Dès le premier épisode, on s’est rendu compte qu’il s’agissait d’une série tout autant sublissime que mollissime. Dans ce troisième volet, on atteint l’apogée du film « sans film ». Il n’est tout de même pas dénué d’intérêt, ni bâclé. Les images sont toujours plus belles, et l’histoire change un peu des premiers épisodes qui étaient des intrigues politico-policières, alors que dans ce film-ci, il s’agit d’une intrigue scientifique, orientée, actualité oblige, sur les manipulations génétiques. Une suite politique aurait certainement eu moins de succès, il faut le reconnaître. Un bon point, donc, de ce côté-là ! Mais ce qui aurait été idéal, c’est de ne pas mêler les labors à ce film, l’histoire étant suffisante à elle seule. On ne les voit que deux minutes et on se demande franchement ce qu’ils viennent faire là. Un peu comme si on avait rajouté des labors dans Ghost in the Shell ou Avalon.
Ça aurait donné du n’importe quoi !

La note de Wolverine : 8/10

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réal. : Fumihiko Takayama
Pays : Japon
Année : 2002
Scénariste : Miki Tori
Directeur de l’animation : Takuji Endo
Compositeur : Kenji Kawai
Prod. : Tsutomu Sugita, Masahiro Fukushima
Durée : 1 h 47

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