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Fantastic’Arts 2004

The Happiness of the Katakuris (La mélodie du malheur)

The Happiness of the Katakuris (La mélodie du malheur)

Foufou, joyeux, libre, hilarant, tout est dans le titre, puisque c’est de bonheur dont il s’agit et du bonheur à tout prix, quoi qu’il arrive, et pas seulement celui des Katakuris, mais aussi celui du public entraîné avec énergie dans une tourmente colorée et musicale dont il ressortira tout guilleret... Et grande surprise : il s’agit d’un film de Takashi Miike, l’empereur du glauque, qui propose cette fois, contre toute attente, la quintessence
de la bonne humeur !

Ou quand Miike « remake » un film coréen tout en caricaturant l’esprit
des films de Bollywood !!!

Sacré Miike, c’est le poète cynique du « n’importe-quoi-déjanté » (et quand on en parle, on a le droit de faire des phrases qui ne tiennent pas debout, si si... !).


AAAAAAAAAAAAAHHH !

La famille Katakuri est composée du père Masao, ancien vendeur de chaussures reconverti en tenancier de pension à la montagne, de la mère Terue, pleine de bon sens, mais qui soutient le rêve de son mari, du grand-père Jinpei, homme de caractère aux solutions radicales, du fils Masayuki, parasite au passé de voyou, de la fille Shizue, célibataire élevant seule son enfant, en quête perpétuelle du grand amour, et de sa petite fille. Tous sont réunis pour travailler ensemble à l’hôtel du père.

Mais ils n’ont pas de chance, les Katakuris, puisque leurs clients semblent prendre un malin plaisir à mourir systématiquement sous leur toit, ce qui les oblige à cacher les cadavres de peur qu’une mauvaise réputation ne tue leur commerce naissant... Arriveront-ils malgré tout à trouver
le bonheur simple auquel ils aspirent ?


YOUPI !!!


Tel est le point de départ d’un film qui va beaucoup plus loin que là où on l’attend et nous entraîne dans une spirale délirante qui n’est
autre que le point de vue caustique et immature de Miike sur la vie.

Ce film est par ailleurs une commande, le remake du coréen The Quiet Family de
Kim Jee-woon (voir les articles sur Three,
histoires de l’au-delà
, et A Tale of Two Sisters présenté aussi à Gérardmer cette année). Miike parvient toutefois à en faire un film très personnel grâce au parti pris surprenant de transformer le matériau de base en comédie
musicale !


Thriller mais sans Michael Jackson…


Cela s’explique peut-être par le succès rencontré par les films de Bollywood en ce moment au Japon ou par la volonté affichée de Miike de toujours surprendre le public. Le plus intéressant, c’est que cela fonctionne ! En effet, la musique est enjouée, les chansons sont entraînantes même si les voix sont caricaturales, et le ton gai, profondément optimiste de l’ensemble est d’une vitalité déconcertante.

Miike arrive à faire chanter et danser des cadavres pourrissants, à la peau gonflée par l’humidité, et on n’est pas choqué ni dégoûté comme dans ses provocations habituelles, mais au contraire, enthousiasmés par le dynamisme d’un film où tout
est permis.


Il y a même des scènes en karaoké !

Ainsi, la forme ne suit aucune règle, oscillant du film « live » à celui du film d’animation en pâte à modeler, passant de l’un à l’autre tout à coup, voire présentant les deux formes d’expression dans le même plan. Également, les barrières de genre (épouvante, thriller, polar, comédie, drame, etc.) explosent dans un maelström qui en utilise toutes les règles pour mieux les mélanger et les détourner.

Le film est très coloré, sa photographie est soignée, on est loin du look underground granuleux
des films les plus courants de Miike. Les costumes et les décors sont très kitsch, ça en rajoute d’ailleurs à la référence aux films indiens (du moins à la caricature stéréotypée qu’on peut en faire). Quant aux chorégraphies de Ryohei Kondo, elles sont vraiment « particulières » (je n’ai pas trouvé de mot plus approprié) et on ne peut plus intégrées à la narration. Imaginez un passage dansé pour la découverte d’un cadavre, la chanson étant composée des cris des témoins
 !


romance dans un dépotoir


Les acteurs sont pour la plupart issus de la scène pop-rock nipponne, comme Kenji Sawada (le père), membre du groupe The Tigers des années 60, Keiko Matsuzaka (la mère), de la scène pop, et Kiyoshiro Imawano (le prétendant de la fille), la plus grande star du punk-rock au Japon. Cela donne une qualité supplémentaire à l’interprétation des chansons, bien sûr, et un aspect « happening » au casting. Les acteurs sont tous très charismatiques et attachants, malgré les excès de l’histoire. Il faut beaucoup de talent pour être crédibles dans de tels rôles ainsi mis en scène.

Pour conclure, selon Medecine Man, The Happiness of the Katakuris aurait
dû gagner le Grand prix de Fantastic’arts cette année. C’était de loin le film le plus jouissif (du moins dans la partie asiatique de la sélection). Ces dix dernières années, Miike a accouché de plus de 50 films, mais si vous ne devez en voir qu‘un, c’est celui-là !


« live » et animé tout à la fois


P.-S. : merci aux organisateurs de nous avoir offert la bande originale qui,
en plus d’avoir prolongé le plaisir du film, nous a mis dans les meilleures conditions mémorielles pour en restituer l’ambiance
dans cet article.


L’avis de Wolverine : Vision jouissive d’une famille déjantée. Pour une fois qu’une comédie musicale peut être
violente et comique, il ne faut surtout pas s’en passer !!

Plus besoin de présenter Takashi Miike, il a déjà assez fait parler de lui. C’est cependant la première fois (d’après ce que j’en sais) qu’il tente un film en chansons. Il peut réitérer l’exploit, cela donne un petit chef-d’œuvre d’humour noir. La beauté des images alliée à des musiques entraînantes donne un aspect unique à un
film unique.

À voir de toute urgence par les amateurs de Miike et par les autres... Les premiers ne seront pas surpris par le côté violent et les seconds resteront « scotchés » à leur siège en se demandant de quel esprit tortueux peut bien sortir un tel résultat
 !


L’avis de Umungus : Grand bravo à Takashi Miike, il me ferait aimer les comédies
musicales avec The Happiness of the Katakuris ! Sauf qu’ici, les scènes dramatiques sont agrémentées de chansons loufoques et entraînantes, ce qui accroît le décalage et, donc, le côté comique des situations. Les personnages sont fortement typés et apportent chacun leur dose de folie à ce délire sur pellicule. Comme le fond, la forme est un joyeux mélange de cinéma, de comédie musicale et d’animation en pâte à modeler. Cet amalgame des genres ne peut pas plaire à tout le monde, et j’en veux pour preuve les réactions diamétralement opposées lors de l’annonce du prix du jury. Pour ma part, j’applaudis des deux mains. Dommage que je n’en
aie pas plus !

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :

Réal. : Takashi Miike
Pays : Japon
Année : 2001
Scénariste : Kikumi Yamagishi
Interprètes : Kenji Sawada, Keiko Matsuzaka, Shinji Takeda, Naomi Nishida, Tetsuro
Tamba, Tamaki Miyazaki et Kiyoshiro Imawano
Directeur de la photographie : Akio Nomura
Directeur artistique : Yasuo Shimamura
Responsable des effets visuels : Misako Saka
Chorégraphe : Ryohei Kondo
Compositeurs : Koji Makaino et Koji Endo
Prod. : Tetsuo Sasho et Hirotsugu Yoshida
Durée : 1 h 53

Note Wolverine : 9/10
Note Umungus : 9,5/10

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