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Fantastic’Arts 2004

Wonderful Days

Wonderful Days

Révolutionnaire, puissant, propre, mais classique... trop classique.

C’est vraiment du déjà vu et revu, dans la narration et les personnages tout du moins, car visuellement, c’est sûr, c’est la grosse claque !

La Corée du Sud a voulu prouver qu’elle pouvait faire autre chose que de la sous-traitance pour série télé, en matière d’animation, et sur ce point, c’est réussi. Elle entre direct dans la cour des grands, en atteignant même un seuil qu’il va être difficile de détrôner, sur le plan technique.

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ECOBAN

En 2142, la terre a été ravagée par la « guerre de l’énergie », et seule subsiste une cité inaccessible, Ecoban, qui tire sa vitalité de la reconversion de la pollution du monde extérieur. Les réfugiés se sont agglutinés sous la cité dans un dépotoir fait de carcasses d’engins. Ce bidonville est appelé Marr, et tous les Marriens rêvent bien sûr d’entrer à Ecoban pour faire partie des privilégiés (déjà ce « pitch » devrait vous rappeler énormément celui d’un autre manga célèbre, Gunm de Hiroshi Fukutome, d’après la BD de Yukito Kishiro).

Ecoban a depuis peu des problèmes d’approvisionnement et elle s’apprête à faire remonter le taux de pollution de Marr pour pouvoir survivre, se moquant bien du génocide que cela engendrera. Un groupe de Marriens, la « hot-dog résistance », lutte contre Ecoban, mais ses agissements se bornent à des pillages pour améliorer le niveau de vie de façon très sporadique.

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le camion de la « Hot-Dog Resistance »

Seul Shua a une vision à long terme. Ce jeune rebelle exilé d’Ecoban, pas vraiment intégré aux Marriens, souhaite le retour d’un ciel bleu ensoleillé (oui, comme dans Highlander 2, il y a meilleure référence) et aide pour cela le docteur Noah, un grand scientifique, lui aussi exilé d’Ecoban pour avoir soutenu la co-existence possible des deux peuples. Les actes d’intrusion de Shua dans la cité des nantis vont le faire croiser de nouveau le chemin de son amour d’enfance, la belle Jay, devenue une des membres des forces de sécurité, qui le croyait mort... et encore une billionième version de « Roméo & Juliette », bonjour l’originalité...

D’accord, la volonté de dénoncer les excès de la mondialisation et de l’impérialisme destructeur des puissants de la nouvelle guerre mondiale économique est plutôt une bonne chose, mais même sur ce point, le scénario ne va pas assez loin. De nombreux films abordent ce problème juste en toile de fond (ici, un récit plus romantico-aventure que politique), aucun n’ayant les couilles de traiter réellement de lutte des classes et de pointer du doigt clairement l’ennemi fasciste cherchant la domination globale du monde (les USA).

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Jay volant sur son engin de la sécurité

Concentrons-nous donc sur la performance technologique que représente ce film. Avec Wonderful Days, on ne parle plus d’animation, mais de multimation ! Ce terme désigne une technique nouvelle combinant la 2D traditionnelle (pour les personnages), la 3D en images de synthèse (pour les véhicules principalement) et l’utilisation de maquettes rotoscopées en « live » (pour les décors, combinées avec des « matte paintings » traditionnels). Ces maquettes, qui ont coûté 400 millions de wons, ont été filmées avec un des sept modèles existant au monde de la caméra numérique HDW-F900 de Sony (utilisée à ce jour seulement pour Vidocq et Starwars épisode 2 : l’attaque des clones). De grandes innovations technologiques ont aussi eu lieu pour combiner la « motion control » et l’image par image avec les celluloïdes, dont je ne prétendrais pas avoir compris toutes les subtilités détaillées dans le dossier de presse !

Si Jurassic Park, Lord of the Rings ou Harry Potter contenaient des séquences en multimation, Wonderful Days peut se targuer d’être le premier film entièrement réalisé selon ce principe long et coûteux (sept ans de production quand même).

La mise en scène est très dynamique, il y a peu de temps morts. Un mouvement perpétuel anime l’écran. On sent bien que le story-board a été réfléchi pour nous offrir des plans magnifiques et spectaculaires, dans un rythme soutenu mais non épuisant. Du très beau travail.

La photographie est, bien sûr, très élaborée aussi, avec des tons bleus et roses à Ecoban (une ambiance de coucher de soleil pour un empire en déclin donc), et un camaïeu marron-métallique pour Marr, cité de la rouille. Dommage que le « character design » soit si classique, les personnages étant de vrais stéréotypes déjà croisés ailleurs. D’ailleurs, la production déclare que « le design n’est pas un art, mais une science », et au vu du résultat aussi impersonnel, elle ferait mieux de réviser sa copie !

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déploiement de forces

Par ailleurs, Wonderful Days offre au spectateur des décors invraisemblables et gigantesques, des costumes raffinés, des engins classes et rapides, des effets spéciaux jamais vus, beaucoup d’action, et pour toutes ces qualités indéniables, c’est un film dont il ne faut pas se passer.

La musique est elle aussi très bonne. Il Won a abandonné ses compositions à base d’éléments de musique traditionnelle coréenne pour aller jusqu’à Prague enregistrer, avec un orchestre symphonique complet, une bande originale enlevée et lyrique.

Si ce film fait office de pionnier pour les futures productions animées coréennes, on peut alors lui pardonner ses imperfections devant le titanesque travail effectué pour aboutir à ce résultat divertissant... Dommage qu’innovation technique et scénario novateur n’aillent jamais de pair !

L’avis de Wolverine : Grand vainqueur de la nouvelle section Anim’arts du festival 2004. Un succès bien mérité pour ce film d’animation coréen assez exceptionnel. Une histoire à la Blade Runner de Ridley Scott (même atmosphère et même pluie incessante sur la ville futuriste), qui se passe dans un futur lointain, pas si différent que ça finalement, en 2142. Une œuvre également écologique, qui nous parle des méfaits de la pollution et des risques qu’ils amènent. La cité est constamment sous la pluie, mais si on arrête le réacteur d’Ecoban, on reverra enfin le soleil qui est un genre de mythe pour la plupart des habitants qui ne l’ont jamais vu, mais en ont juste entendu parler.

Un grand film en multimation. Ce mélange d’animation virtuelle et d’animation dessinée est une pure merveille et ouvre accès à une nouvelle technologie qui devrait se développer rapidement. Il faut savoir que plus de 300 personnes ont travaillé à l’aboutissement du projet, en faisant par la même occasion une œuvre unique en son genre, de par son grand nombre de créateurs et de par son originalité. Les Coréens sont fiers d’avoir le film qui possède les plus belles images au monde.

À noter également que cette réalisation a été bien finalisée en y ajoutant une bande originale excellente, mêlant de la musique d’opéra (ressemblant un peu à celle de Kenji Kawai pour Avalon) à des ballades tristes qui tombent à pic à chaque fois. Tout cela nous donne un résultat dont la beauté et l’atmosphère font penser à Ghost in the Shell de Mamoru Oshii.

P.-S.

Réal. : Kim Moon-saeng
Pays : Corée du Sud
Année : 2003
Scénaristes : Kim Moon-saeng, Park Jun-young
Directeur de l’animation : Yoon Yeong-ki
Monteurs : Park Young-min, Hong Sung-ho
Compositeur : Won II
Prod. : Kay Hwang, Lee Kyeong-hag
Durée : 1 h 27

Note Wolverine : 9/10

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