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Fantastic’Arts 2005

De l’avenir du fantastique asiatique

De l’avenir du fantastique asiatique

De l’avenir du fantastique asiatique

C’est un constat.
Sur les huit films asiatiques présentés au 12e festival Fantastic’Arts de Gérardmer, l’exacte moitié traite d’une histoire de fantôme revanchard.

Depuis Ring d’Hideo Nakata, en 1998, on ne compte plus les films relatant la quête de rédemption d’un spectre dont la quiétude est impossible, le plus souvent un individu mort dans des circonstances infâmes et injustes, et qui terrorise les vivants jusqu’à obtenir la « réparation » de son triste sort.

Issues d’une longue tradition de films de fantômes (le yurei eiga), les œuvres japonaises peuvent être considérées comme pionnières en Asie, même si quelques exceptions ont été réalisées plus sporadiquement sur l’ensemble du continent (comme le sud-coréen Public Cemetery Under the Moon en 1967). En découle, par exemple, la série nippone des Fantômes du marais Kazane dans les années 60, qui pose déjà toutes les bases de ce qui sera la « révolution » Ring presque quarante ans plus tard. La faute, le visage féminin masqué par une chevelure noire, la vengeance, bref toutes les figures « imposées » sont déjà présentes dans ces métrages en noir et blanc, comme aujourd’hui dans la série Ju-On/The Grudge de Takashi Shimizu (cinq et bientôt six épisodes avec le Grudge 2 étasunien pour le réalisateur !) ou bien dans Dark Water de l’incontournable Nakata.

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Séance de spiritisme dans Bunshinsaba

Dans ces deux cas, d’ailleurs (ainsi que pour Ring), les droits d’adaptation ont été achetés par les grandes firmes américaines (Dreamworks et même Walt Disney !) afin de réaliser des remakes « occidentalisés » qui, jusqu’à aujourd’hui, ont très bien marché au box-office des États-Unis. D’ailleurs, les artisans des succès originaux sont « débauchés » par Hollywood pour travailler sur ces adaptations ou sur leur suite (comme Nakata pour The Ring 2).

Pour revenir à l’Asie, on dirait que chaque pays s’est approprié le schéma « Ring » en l’adaptant aux coutumes et croyances locales.

Ainsi, le sud-coréen Bunshinsaba reprend le fameux thème en y injectant magie noire et possession du corps humain par les esprits.

Pour sa part, The Eye 2 (Hong Kong, depuis que les frères Pang y sont « exilés » après un The Eye pourtant thaïlandais) s’écarte du premier volet en développant un aspect célèbre de ce qui est au fondement de nombreuses religions indiennes, le karma, le fait de faire des choses « empruntées » à des vies antérieures.

Quant au japonais One Missed Call, il propose une vision moderne et techniquement plus efficace de la fameuse malédiction (le téléphone mobile se substituant à la VHS). De plus, dans le cas présent, le « délai » accordé aux infortunés passe à trois jours au lieu de sept dans Ring...

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Malédiction dans One Missed Call

Mais si les mêmes règles pré-établies se juxtaposent dans tous ces films, le risque de répétition semble alors inévitable.

Dès lors, si des « besogneux » sans scrupules peuvent recopier sans cesse le même film ou se lancer dans des franchises purement commerciales, le public, même asiatique, ne risque-t-il pas de se lasser, voire de rejeter, ce qui est désormais devenu le genre « Ring » ?

C’est évidemment sans compter sur la créativité de certains cinémas, comme celui de la Corée du sud, qui est capable de réagir très vite en détournant le thème vers un lieu original comme dans Into the Mirror (Geoul Sekeuro en v. o.), seul métrage asiatique primé cette année, mais, gage de garantie, dans la seule compétition où le public pouvait voter.

Très présent à Gérardmer (comme dans beaucoup de festivals européens), le cinéma sud-coréen nous a également offert le très spectaculaire et très fun Arahan, mélange détonant de « cyber kung-fu » et de comédie frénétique !

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Combats et humour dans Arahan

Preuves que l’Asie est capable de parler d’autres choses que de fantômes, le hongkongais Ab-normal Beauty et le chinois Koma jouent quant à eux la carte du thriller horrifique.

Mais question originalité, c’est sans conteste Save the Green Planet qui décroche la palme, grâce à une histoire proprement hallucinatoire qui puise dans tous les genres établis !

Avec ces derniers exemples, on peut songer sereinement que le fantastique asiatique a trouvé de nouvelles voies afin de ne pas finir par nous conter toujours la même histoire. C’est désormais à l’avenir qu’il appartient de nous donner raison.

« So, wait and see... »


Programme Fantastic’Arts 2005


Compétition
Ab-normal Beauty
Bunshinsaba
Calvaire
Hipnos
One Missed Call
La peau blanche
Saw
Trauma
Trouble

Avant-première
Sky Captain and the World of Tomorrow
The Eye 2

Séance spéciale
Arahan
Bubba Ho-Tep
Camara oscura
Hair High
Koma
Save the Green Planet

Séance spéciale enfants
Strings

Nuit Home Sweet home
The Amityville Horror
Tha Haunting
House of 1000 corpses

Inédits vidéo
Decoys
Geoul Sokeuro (Into the Mirror)
Hellraiser : Hellseeker The Locals
Species 3
Shallow Ground

Palmarès


GRAND PRIX DU FESTIVAL DE GERARDMER 2005 :
TROUBLE de Harry Cleven (Belgique)

PRIX DU JURY LONGS METRAGES (ex-aequo) :
SAW de James Wan (Etats-Unis) & CALVAIRE de Fabrice du Welz (Belgique)

PRIX DU JURY JEUNES :
SAW de James Wan (Etats-Unis)

PRIX DE LA CRITIQUE INTERNATIONALE :
CALVAIRE de Fabrice du Welz (Belgique)

PRIX PREMIERE :
CALVAIRE de Fabrice du Welz (Belgique)

PRIX 13ème RUE :
TROUBLE de Harry Cleven (Belgique)

LE PRIX DU PUBLIC INEDITS VIDEO MAD MOVIE :
INTO THE MIRROR (GEOUL SOKEURO) de Seong-Ho Kim (Corée du Sud)

GRAND PRIX COURTS METRAGES :
ORGANIK de David Morlet (France)

LE PRIX LITTERAIRE 2005 : DENIS BRETIN pour LE MORT-HOMME


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