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Fantastic’Arts 2008 : Interview de Takashi Shimizu

Fantastic’Arts 2008 : Interview de Takashi Shimizu

La 15ème édition du Festival Fantastique de Gérardmer et son prestigieux jury de « maîtres du genre » (présidé par Stuart « Re-Animator » Gordon) ont tenu cette année à honorer l’une des figures-phares de l’horreur nippone en la personne du jeune réalisateur Takashi Shimizu, également juré cette année.

Juste avant cet hommage, le metteur en scène est revenu avec nous sur une partie de sa carrière...

M. Shimizu, pouvez-vous nous parler de vos débuts ? Comment avez-vous intégré l’industrie du cinéma ?

Pour l’anecdote, étant enfant, j’ai vu le film E.T. à la télévision, et cela m’a profondément marqué !... À la fac, j’étais tout d’abord tourné vers le métier d’acteur, car je suivais des cours de théâtre. Puis, je me suis inscrit dans une école de cinéma et je suis devenu assistant réalisateur... Mais au Japon, il est très difficile de ne vivre que de ça !

Ma chance est d’avoir réalisé un court-métrage qui a été remarqué par un de mes professeurs, Kiyoshi Kurosawa...

Votre rencontre avec Kiyoshi Kurosawa (réalisateur de Cure, Kaïro ou Loft notamment) a-t-elle été à ce point décisive ?

Elle a été primordiale !!!

Même si je dois bien avouer qu’au départ, contrairement à beaucoup de mes condisciples, je n’étais pas un de ses fervents admirateurs, j’étais plutôt en retrait... Mais je lui dois énormément et je ne voudrais pas donner l’impression de le trahir maintenant !...

Parlez-nous de la genèse de la saga Ju-On...

Initialement, c’est un sujet qui m’a été proposé alors que la « mode » de ce type de film était déjà en déclin au Japon depuis le succès de Ring. Mais les producteurs voulaient absolument faire un film qui fasse peur ! J’ai dû réaliser les deux téléfilms Ju-On en même temps, mais j’ai bénéficié d’une absolue liberté artistique. J’ai pu mettre toutes mes idées dedans. J’ai ainsi pu citer ma référence principale, qui est Le Décalogue du réalisateur polonais Krzysztof Kieslowski, et c’est d’ailleurs pourquoi la structure narrative des Ju-On est divisée en chapitres...

Pour votre premier long-métrage de cinéma, vous vous êtes attelé au troisième volet d’une saga horrifique très populaire au Japon, Tomie, avec le film Tomie : Re-birth en 2001... Comment êtes-vous arrivé sur le projet ?

Le manga est assez populaire au Japon. Je l’avais repéré pour l’adapter à l’écran, mais un autre réalisateur m’avait devancé et était déjà en train de préparer le film... J’étais déçu d’être passé à côté de cette occasion, mais comme c’était mon producteur qui était également attaché au projet Tomie, après les deux premiers opus, il me proposa d’en réaliser la suite... Ce que j’acceptai !

Avez-vous rencontré l’auteur du manga, Junji Ito, pour la préparation de votre opus ?

Non, je l’ai uniquement rencontré une fois le film terminé, à l’occasion de l’avant-première.

Cette saga filmique n’est d’ailleurs pas terminée, comme l’a prouvé la sortie d’un huitième épisode ! Que pensez-vous de cette longévité ?

Pour tout vous dire, j’ignorais qu’il y en avait huit !!! J’ai suivi jusqu’au quatrième, mais il faut dire que certains épisodes sortent uniquement en DVD !...

Le dernier opus s’intitule Tomie Vs. Tomie...

Ah, d’accord ! On m’avait en fait proposé de réaliser celui-ci, mais je travaillais déjà sur un projet pour la télévision...

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Shinya Tsukamoto dans Marebito


Est-ce le succès des deux téléfilms Ju-On qui a permis la mise en chantier du long-métrage Ju-On : The Grudge en 2003 ?

Le succès fut à vrai dire tout relatif. Des amis me disaient qu’on ne trouvait pas les films au vidéo-club... Mais il y a eu un bon bouche à oreille, surtout chez les amateurs et les professionnels du genre, et les Ju-On sont devenus rapidement connus dans ce milieu « underground ». Ce « buzz » m’a conforté dans l’idée d’une adaptation pour le grand écran.
Dans le même temps, le réalisateur américain Sam Raimi s’était procuré les Ju-On et voulait déjà que je les adapte pour lui, mais j’étais à ce moment-là occupé par la préparation du film au Japon...

Pouvez-vous nous révéler un grand mystère : comment ont été conçus les sons si particuliers qu’émettent les spectres dans The Grudge ?

Eh bien... C’est moi qui les bruitais avec ma gorge !!!

Pouvez-vous nous faire une petite démonstration ???

À cet instant, M. Shimizu ouvre grand la bouche et fait retentir de sa gorge la terrifiante complainte !!!

(Applaudissements de l’assemblée)... Euh merci, c’était très impressionnant !...

Après Ju-On : The Grudge 2, vous avez tourné en 2004 Marebito, un film très étrange avec Shinya Tsukamoto dans le rôle principal... Est-ce justement la présence de Tsukamoto qui donne au film son côté expérimental (image granuleuse...) ?

D’une certaine façon, oui, il collait parfaitement au personnage. En plus, comme Shinya est lui-même metteur en scène, il savait exactement ce que j’attendais de lui. Il a l’habitude de la conception d’un film, ce qui a rendu les choses plus faciles étant donné qu’il s’agissait d’un tout petit budget...

Après votre « remake » américain de The Grudge, vous tournez à mon avis votre film le plus abouti avec Réincarnation (« Rinne »). J’ai réellement l’impression avec ce film que vous êtes arrivé à la maturité de votre art, sur le plan de la mise en scène comme sur celui du scénario, afin de terroriser le spectateur... De plus, l’idée de la mise en abîme est particulièrement bien exploitée...

... Merci beaucoup ! C’est vrai que cette idée de mise en abîme m’a énormément intéressé afin d’apporter la confusion dans l’esprit du spectateur...

Pour finir, lorsque j’ai vu pour la première fois l’hôtel où s’est déroulé le massacre de l’histoire à l’écran, j’ai immédiatement pensé à l’Overlook Hotel de Shining avec son passé lourd de secrets... Est-ce une référence ?

À vrai dire, pas au départ... Mais on m’a souvent fait la remarque au Japon. Au moment du tournage, on n’y songeait pas, mais en post-production, les monteurs me l’ont également fait remarquer ! À cette référence-là, on peut ajouter aussi le Dawn of the Dead (Zombie) de Romero.

Propos recueillis le 26 janvier 2008 lors du 15ème Fantastic’Arts.

Un grand merci à M. SHIMIZU et à son interprète, Léa LE DIMNA.

Remerciements au Service de Presse du Festival de Gérardmer.


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