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Gérardmer 2008 : Petit bilan du cinéma fantastique asiatique

Gérardmer 2008 : Petit bilan du cinéma fantastique asiatique

Difficile de se le cacher : la 15ème édition du Festival Fantastique de Gérardmer n’a pas été l’occasion pour l’« Asiaticophile » de se rassasier d’une masse de bandes venues d’Orient, loin s’en faut...

Cette année étaient uniquement proposés deux films « fantastikasiens » : le sud-coréen Epitaph (en Compétition officielle) et le « blockbuster » Dragon Wars (Corée-USA), plutôt bien accueilli par le public, mais seulement présenté dans les Inédits Vidéo. (N’oublions pas de mentionner également une séance jeunesse du Voyage de Chihiro de Miyazaki...)

Dès lors, on peut se poser une question : quid du fantastique pelliculé en Asie en 2008 ?

Deux hypothèses interviennent alors, soit les programmateurs n’ont pas assez « défriché » le terrain filmique du continent (faute de temps, de problèmes de copies, ou autres...), soit (plus grave !) il n’y a plus actuellement matière à sélectionner des films d’Asie pour une compétition officielle en festival...

Comme il m’est impossible de vérifier la première piste, je propose de nous concentrer sur la seconde...

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Uzumaki


Depuis sa création, le Festival de Gérardmer a toujours su mettre à l’honneur des longs-métrages d’Extrême Orient. On se souvient des sélections notables de films japonais tels que Hypnosis, Gojoe, Uzumaki, St. John’s Wort, Ju-On/The Grudge, d’un certain Ring (avec une nuit spéciale trilogie), de Dark Water (Grand Prix), et de toute une pelletée de Takashi Miike (Audition, Ichi the Killer, Gozu, Happiness of the Katakuris, One Missed Call, l’intégrale MPD-Psycho)...

Le cinéma de Hong Kong a été représenté notamment par The Stormriders ou Black Mask, sans compter les films des thaïs « brothers » Pang, The Eye 1 & 2, Ab-normal Beauty, Re-Cycle...

On avait même eu un aperçu du fantastique de Taïwan (certes accompagné de capitaux américains) avec Double Vision.

La Thaïlande s’était, elle, distinguée en remportant le prix du public Inédits Vidéos pour Shutter.

Quant à la Corée du Sud, elle a souvent les honneurs de la Compétition officielle, Bunshinsaba il y a quelques années, Epitaph pour la présente édition, et aussi un Grand Prix avec A Tale of Two Sisters ! Notons également la présentation en son temps du mémorable Memento Mori...

Bref... Cette liste ne se veut pas exhaustive, elle sert juste à se remémorer les grands (ou non, selon les goûts) moments de furie asiatique. Elle donne quand même un aperçu flagrant d’un état de fait : il s’agit dans tous les cas de métrages d’Extrême-Orient !!! À l’heure où le fantastique (ou, en tout cas, l’horreur) n’a jamais eu aussi la cote dans le paysage cinématographique mondial (il n’y a qu’à jeter un coup d’oeil au box-office US pour s’en convaincre), il est peut-être l’heure de dresser un bilan des forces en présence dans l’Asie toute entière...

Sans prétendre connaître tous les cinémas à vocation fantastique, je dirais simplement que je ne vois actuellement rien émerger du Proche ou Moyen Orient, exception faite de la Turquie (OK, c’est pas totalement en Asie...) qui semble produire de bien sympatoches bandes horrifiques...

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Double Vision


Du côté du cinéma le plus prolifique du monde (mais gare à l’éveil de la Chine !), l’Inde produit de plus en plus de films de spectres (depuis le succès de Bhoot ?), notamment sous l’égide des frères Ramsey ou de Mukesh Bhatt, Raaz, Aatma, Ghutan et autres...

Mais si ces bandes sont très agréables à regarder pour les fans d’« exotisme fantastique », il n’en sera sûrement pas de même pour le festivalier exigeant à la recherche d’originalité tant les « shockers » indiens copient presque systématiquement les grands succès américains du genre... le chant et la danse en plus ! Bien entendu, je ne voudrais pas oublier le super héros local, Hrithik Roshan alias KRRISH ! Mais ce dernier va-t-il vraiment ouvrir la voie à un renouveau du cinéma fantastique indien ? Je prie pour que ce soit le cas...

Pays voisin, le Pakistan n’a à priori rien pour être l’eldorado du genre (manque cruel de moyens pour le cinéma et régime politique très strict ; la crise actuelle n’allant pas arranger les choses...), mais ce serait faire injure de ne pas citer ici un homme qui lutte envers et contre tout pour tenter de produire ce type de films dans son pays, j’ai nommé monsieur Omar Ali Khan ! Et il vient de réussir en réalisant en 2007 le « premier film gore de l’histoire du Pakistan » (dixit la superbe affiche) : Hell’s Ground.

Mélangeant film de zombies cannibales (!) et « slasher », le métrage est jouissif à souhait, totalement débridé au niveau de l’humour (le film adopte notamment des ellipses temporelles en forme de cases de BD !!!) et généreux au niveau du gore (en clair, ça charcle !) Bien sûr, le scénario n’a rien de révolutionnaire (une bande de jeunes part faire une virée dans les bois sans écouter les avertissements d’un inquiétant vieillard et va se retrouver sur « la terre du diable »... Rien de honteux par rapport à 80 % des scripts US, quoi !), mais rien que de savoir qu’un tel film vient du Pakistan demeure presque de l’ordre de l’inconcevable (ou même du miracle !). Et, en guise de guest star, on retrouve Rehan himself, le Dracula de Zinda Laash (titre français : Dracula au Pakistan, 1967) dans le rôle de l’oiseau de mauvais augure ! Zinda Laash ou le « premier film d’horreur made in Lollywood »... La boucle est bouclée 40 ans plus tard !!!

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Zinda Laash


Mais alors, vers qui se tourner à l’heure où le phénomène Ring-like va peut-être enfin s’estomper (« OUF ! » diront un grand nombre de festivaliers usés jusqu’à la corde - comme le filon d’ailleurs - de devoir « se taper » des bobines traitant d’un fantôme de petite fille aux cheveux sales...) ???

La Thaïlande, serais-je tenté de répondre, tant le dynamisme de ce pays depuis quelque temps déjà est mis en valeur à travers tout un tas de festivals, fantastiques ou non. Des films comme Art of the Devil, Pisaj ou Hell prouvent aux spectateurs que le cinéma thaï sait réellement terroriser le spectateur à coup d’images-chocs et de scénarii inventifs ! Dans un registre plus BD, un film tel que Dynamite Warriors, avec son super héros pratiquant le muay thaï et se déplaçant sur une fusée, nous rappelle au bon souvenir des folies visuelles de la grande époque du cinoche made in HK, humour (très) gras compris !

Vient ensuite un « petit » pays dont les films sont malheureusement largement méconnus chez nous, les Philippines ! C’est là, par exemple, que l’on peut trouver un cinéaste non seulement doué, mais en plus touche-à-tout, en la personne d’Erik Matti. Le cinéaste est l’auteur du cultissimement hilarant Gagamboy, film de super (?) héros interprété par le Jim Carey local qui, en plus, danse comme un dieu ! Et même sous couvert de parodie (il faut voir le costume du super vilain, joué par Jay Manalo, acteur « oscarisé » là-bas !), Erik Matti ne cache rien de la réalité sociale philippine en situant l’action au coeur d’un bidonville... Depuis, le réalisateur a signé une fresque d’heroic fantasy (certes pour un public enfantin) qui a en plus reçu l’appui du gouvernement, Exodus, Tales of the Enchanted Kingdom. En plus, Erik est un homme de goût puisqu’il a fait de la caliente Aubrey Miles (Aïe Aïe Aïe !!!) son actrice fétiche, la faisant aussi bien jouer la « gentille » petite amie de Gagamboy qu’un personnage plus fouillé d’handicapée mentale hantée par de sombres secrets de famille...

Pour conclure sur la confiance que je porte aux Philippines en terme de fantastique pour l’avenir, je citerai Feng Shui, film qui ne traite aucunement de la façon d’arranger son intérieur, mais plutôt des effets que produit un artefact entré en possession d’une mère de famille. Depuis qu’elle l’a accroché à l’entrée de sa maison, tout lui réussit mystérieusement, mais elle va bientôt s’apercevoir qu’il n’en est pas de même pour ses proches, victimes d’étranges accidents mortels... Métrage proprement tétanisant, où l’on retrouve de nouveau Jay Manalo, je dois bien avouer que Feng Shui m’a donné des sueurs froides dont je me souviens encore...

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Shutter


Voici donc les paris que je fais pour le futur du fantastique asiatique, sans pour autant occulter les pays plus « reconnus » en Occident comme le Japon, toujours en forme lorsqu’il s’agit de sujets totalement azimutés (comme dans The Machine Girl, où une étudiante toute mignonne remplace ses membres manquants par des armes lourdes... très Rodriguez-style !!!)

À Hong Kong, le retour de la fantasy à la Zu n’est à priori pas d’actualité, mais notre cher Herman Yau aurait écopé de la fameuse Category III avec laquelle il est si familier (ndlr : Interdiction aux moins de 18 ans à HK) pour avoir traité du monde des esprits - sujet sensible là-bas - dans l’un de ses derniers films...

Et, selon toute logique, le fantastique devrait (on l’espère) bientôt « contaminer » l’ensemble de la Chine continentale...

Les Coréens, eux, semblent être partis sur la voie du fantastique façon « blockbuster », si l’on en juge Dragon Wars, mais n’oublions pas qu’ils sont capables de nous sortir un film de monstre à la fois spectaculaire et intimiste comme l’a si bien prouvé le génial The Host ! En tout cas, les grands réalisateurs sud-coréens sont sur le coup, comme Ryoo Seung-wan et ses futurs zombies ou Park Chan-wook et son histoire de vampires...

Avant de conclure ce petit panorama du genre fantastique en Asie, j’aimerais tout de même revenir à Gérardmer, car si l’on n’a pas eu l’occasion pour cette cuvée du 15ème anniversaire de se fatiguer la rétine sur les films qui nous intéressent ici, nous avons tout de même pu rencontrer l’un des nouveaux maîtres de l’horreur nippone, monsieur TAKASHI SHIMIZU.

Du haut de ses 35 ans (et environ 160 cm...), il a tout de même reçu devant le public présent le samedi soir l’hommage de ses collègues du prestigieux Jury des « Maîtres du genre », les réalisateurs Stuart Gordon (« Re-Animator »), Sean S. Cunningham (« Vendredi 13 »), Jess Franco (plus de 180 films dont « L’Horrible Dr Orloff » ou « Vampiros Lesbos » !), Ruggero Deodato (« Cannibal Holocaust »), Juraj Herz (« L’Incinérateur de cadavres »), Neil Marshall (« Dog Soldiers », « The Descent »), Nicolas Winding Refn (la trilogie « Pusher ») et l’actrice Kristanna Loken (« Terminator 3 ») ont tous eu un mot de félicitations pour la carrière du cinéaste japonais. Et c’est le sympathique fanboy Jake West (« Evil Aliens ») qui s’est chargé de transmettre tous ces voeux lors de son discours enflammé sur l’auteur de The Grudge.

Tous les messages louaient bien sûr les qualités de Takashi Shimizu, mais le plus drôle fut celui de Sean Cunningham : « Au meilleur réalisateur japonais actuel de petite taille ! » Jake West n’a pas manqué de souligner l’ironie de cet hommage, en déclarant qu’il venait tout de même du «  meilleur réalisateur américain de petite taille », le « papa » de Jason Voorhees étant encore plus petit que Shimizu !!! Ambiance...

C’était l’avant-dernière soirée du festival, la veille du palmarès qui allait voir triompher la délégation espagnole (Jaume Balaguero et Paco Plaza primés pour REC, Juan Antonio Bayona vainqueur du Grand Prix pour L’Orphelinat).

En guise de conclusion, souhaitons (bien sûr) pour l’an prochain une plus forte présence asiatique qui ne nous fera pas douter de la bonne santé du cinéma fantastique « made in Asia » !

Et pourquoi pas un film thaï, philippin ou indien en Compétition ?

« JUST WAIT & SEE... ASIA WILL STRIKE BACK AGAIN !!! »

P.-S. : Le tout premier Grand Prix du Festival de Gérardmer n’a-t-il pas été décerné en 1994 au magnifique JIANG HU, Between Love & Glory (The Bride with White Hair) de Ronny Yu ???

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