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Fantastic’Arts 2008

Reincarnation

Reincarnation

Le réalisateur Matsumura fait passer des auditions pour son prochain film qui porte à l’écran un fait divers terrible survenu 35 ans auparavant : dans un hôtel de tourisme, un professeur d’université tue 11 personnes, dont sa propre famille, et filme le tout avec une caméra vidéo...

Pour le rôle de la dernière victime, la fillette du bourreau, Matsumura décide de vieillir le personnage en confiant le rôle à une jeune femme, Nagisa. Mais au fur et à mesure que les répétitions s’enchaînent, Nagisa commence à être la proie d’hallucinations morbides qui semblent la ramener 35 années en arrière... Aussi, lorsque le cinéaste impose à son équipe technique et à ses acteurs un repérage sur le lieu même du massacre, désormais abandonné, les événements terrifiants vont évidemment s’accélérer d’un seul coup...


Voici donc le « vrai » nouveau film de Takashi Shimizu qui, après son sixième Grudge (je parle évidemment de la suite du « remake » américain, vous suivez ?), nous livre une œuvre originale, comme il l’avait fait avec Marebito en 2004. Par original, j’entends bien sûr qu’il lâche sa franchise Ju-On pour nous sortir un peu de sa petite maison hantée... Enfin, pas si sûr... Eh oui, son truc à lui, c’est quand même d’essayer de nous foutre la trouille à tous les coups, et cette fois-ci, on peut dire qu’il n’y va pas de main morte ! C’est bien simple, je pense que Rinne doit tout simplement être son meilleur film ! Bien sûr, je n’ai pas vu son tout premier long, Tomie : Rebirth (tiens, une autre saga horrifique, comme c’est bizarre !), mais si je puis comparer avec le tout premier Grudge, version cinéma, je dirais que le bonhomme s’est mis en tête d’exploser toutes les limites de son cinéma ! (Et nos nerfs avec...)

Limites sonores d’abord. La bande son dans un film d’épouvante, c’est important (qui a dit primordial ?), on est d’accord. La bande son chez Shimizu, ce sont des râles de gorge à glacer le sang, un miaulement sauvage qui déchire le silence ou un craquement de plancher qui vous tend les poils de l’avant-bras... Alors quand on travaille encore un max ses effets et qu’on peut se payer le « maestro » du bruit bizarre du cinoche nippon (j’ai nommé Kenji « Ring » Kawai - z’avez oublié la remontée de Sadako du fond du puits, vous ?), bien évidemment, le résultat est garanti, les tympans sont mis à rude épreuve et la vision du métrage dans une salle de ciné n’en est que plus recommandée...


Limites visuelles ensuite. Vous trouviez l’image granuleuse de Marebito irregardable ? Les décors des Ju-On un brin limités ? Shimizu vous a entendu et étend votre champ d’horizon (et sans nul doute aussi son budget) : le fameux hôtel à l’abandon avec son toit rouge triangulaire renvoie directement à l’architecture de l’Overlook Hotel de Shining, Shimizu se permettant lui aussi les mouvements de steadycam les plus audacieux... Et puis, il y a également une immense bibliothèque où il ne fait pas bon flâner dans les allées... Enfin, histoire d’iconiser la peur en un seul objet enfantin qui a déjà fait les beaux jours (ou plutôt les sombres nuits) du cinéma d’horreur US - avec la série des Chucky notamment -, quoi de pire qu’une gentille poupée qui se met à marcher toute seule en gémissant, hein ?

Mais avec tout ça, ne croyez pourtant pas que Shimizu se la joue « à l’américaine ». Rinne n’est en aucun cas un « US horror movie » et reste dans la structure de son récit typiquement japonais. En clair, on ne va pas tout vous expliquer de façon linéaire, donc il va falloir (un peu) rester concentré... Car, parallèlement à la progression de Nagisa vers le cauchemar, nous suivons aussi l’enquête d’une autre jeune femme, Yayoi, dont une amie est persuadée d’être morte pendue dans une vie antérieure...


Reincarnation / Rinne offre également une mise en abîme de la fonction de cinéaste à travers le personnage de Matsumura, cinéaste obsédé par son sujet, tyrannisant son équipe (Shimizu himself ?), et aussi d’une manière plus dérangeante par le biais du - glaçant - meurtrier qui filme l’intégralité de son escapade meurtrière dans l’hôtel...

En ajoutant pour finir que Kiyoshi Kurosawa fait une apparition dans le film de son ancien « protégé », je peux bel et bien vous affirmer que Rinne est effrayant à souhait et qu’il se place bien devant tous les « Ring-like » qui ont inondé le marché de l’épouvante « made in Asia » ces dernières années...

Et puis, rien que pour ce superbe générique d’intro...

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur : Takashi Shimizu
Pays : Japon
Année : 2006
Interprètes : Yûka, Karina, Kippei Shiina, Tetta Sugimoto, Shun Oguri, Marika Matsumoto, Mantarô Koichi, Atsushi Haruta, Miki Sanjo...
Scénaristes : Takashi Shimizu, Masaki Adachi
Compositeur : Kenji Kawai
Producteur : Takashige Ichise
Durée : 95 min
Support : CINÉMA - Gérardmer Fantastic’Arts 2007 (« Nuit du Soleil Levant »)
Aussi disponible en DVD Zone 1 (Collection « 8 films to die for » 1ère série/Lionsgate)

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