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Festival international de films de genre Fantasia - 2005

Ashura

Ashura

Japon, 19e siècle, période Edo. Une époque que l’on sait en pleine effervescence malgré des changements qui apparaissent peu évidents à l’écran. Bon gré, mal gré, la reine des démons, Ashura, revient d’outre-tombe. À ses trousses, des samouraïs initiés, à la conscience peu troublée prennent leur pied à chasser et tuer ses disciples. Un ancien membre de ce groupuscule s’est recyclé en tant qu’acteur au théâtre et séduit le public comme le cœur des dames. Mais son amour pour l’une d’elle le ramène vers son passé et le pousse inexorablement à affronter sa nouvelle dulcinée qui lui en mettra plein les yeux.


Visuellement, le traitement des images dénote un grand souci esthétique. Les vêtements des protagonistes brillent par leur éclat et contrastent avec les environnements nocturnes, sombres et fantomatiques. Les tenues féminines en particulier donnent lieu à un festival de couleur éblouissant de jour comme de nuit. La technologie se met au service des décors pour accentuer la prestance des costumes. En général, les effets spéciaux s’avèrent à la hauteur. La composition des arrière-plans et de l’espace se démarque tout spécialement par sa noirceur et sa profondeur. Seuls les démons, aussi peu imposants qu’effrayants, semblent avoir été exclus du budget. Ils mordent d’avantage qu’ils ne se battent. En contrepartie, les affrontements impliquant des belligérants humains offrent de bonnes prestations. La plupart se déroulent à partir d’un plan fixe. Cette immobilité définit les mouvements chorégraphiques et laisse tout le loisir aux spectateurs de les apprécier à leur juste valeur. Pour les autres, les mouvements de caméra se chargent de prendre la relève. Rotation, plongées et contre- plongées intensifient la tension et transmettent leur fougue aux autres personnages.


Dans son rôle, l’acteur vedette, Somegoro Ichikawa, offre une prestation plus que respectable. En complicité avec son metteur en scène et son valet, son personnage Izumo inspire la plupart des scènes humoristiques. Par leurs conversations, l’humour s’affirme de façon efficace et évite de trop saper la dramatisation. Le problème à cet égard provient de la source elle-même, du scénario. Le dialogue prédomine sur l’action et des longueurs s’installent. La situation finale ne le démontre que trop bien. Les antagonistes échangent beaucoup plus de paroles que de coups.

Les conversations contribuent à l’aspect théâtral du long métrage, mais également à ralentir considérablement le rythme de plusieurs séquences. Moteur principal de la relation entre Izumo et Tsubaki, elles imposent l’idylle amoureux au détriment du suspense et de l’enjeu qui oppose l’espèce humaine à celle des démons. En matière de montage, le potentiel de l’adaptation cinématographique paraît sous-exploité. Quelques scènes de combat supplémentaires n’empêcheraient en rien le respect de la temporalité de l’œuvre théâtrale originale. Que ce soit là un choix artistique ou pas, le récit donne rapidement l’impression de dévier de sa prémisse.

Ashura n’en demeure pas moins un film qui mérite d’être vu. Les romantiques y trouveront leur compte. Les amateurs de sensations fortes devront calmer leur ardeur. Mais dans les deux cas, ils profiteront d’un spectacle visuel divertissant.

La note de Jesse : 7/10



L’avis de Dahlia : Le film s’annonce prometteur, « riche visuellement et en tout point fascinant », selon le programme FanTasia. Adaptation de la pièce Blood Gets in Your Eyes qui mélange le théâtre kabuki classique et les courants contemporains de la pop culture japonaise, et qui a connu un immense succès au Japon, Ashura nous arrive en première internationale. De quoi s’exciter davantage.

Démons et chasseurs de démon, émergence prochaine d’Ashura la toute puissante, voilà de quoi plaire aux amateurs d’histoires fantastiques. Et pourtant, le film n’est pas commencé depuis dix minutes, que je me dis que quelque chose ne va pas. Au lieu de se sentir emporté par le rythme ou de s’installer dans l’ambiance, on reste en marge, plombé. Cela augure plutôt mal, on sent que l’on va subir certainement des longueurs malgré l’intérêt ou le plaisir que l’on prend au récit.


Ce dernier nous entraîne assez rapidement sur la piste amoureuse. L’amour se retrouve au cœur de la bataille entre humains et démons, si l’on peut dire. En effet, on nous montre qu’à exécuter avec plaisir, les chasseurs deviennent aussi vils que ceux qu’ils traquent. Et que la soif de puissance perd l’homme. La vraie puissance ne réside pas dans les ténèbres, mais dans l’amour. L’amour entre deux êtres véritablement unis par le destin et que rien ne peut dissocier. L’amour plus fort que tout. Voilà ce que l’on retiendra. Aïe ! Diront certains, on verse donc dans le sentimental ? Eh oui ! Mais « à l’asiatique » dirais-je, dans le grand sentiment loin de la mièvrerie, et pour peu qu’on y soit sensible, cela fonctionne parfaitement ici. L’aspect théâtral que conserve l’œuvre cinématographique y contribue sans doute.

On pourrait aussi s’attarder sur un certain rapport à la création. Le personnage du dramaturge ici ne peut écrire sans se baser sur ce qu’il voit. Mais qu’il possède l’imagination nécessaire ou qu’il tire sa substance de faits réels, il façonne inévitablement le tout à sa manière, d’après son œil à lui. Tel un dieu ou démon, il crée ou détruit selon son envie. Son personnage semble là pour dire que les événements ont bien eu lieu, puisqu’il rapporte ce qu’il a vu, mais qu’en sait-on ? Autrement dit, la « réalité » n’est qu’une illusion. Vieille histoire... Mais je m’emporte.


Même si le film ne se révèle pas l’événement attendu, et qu’il faut sans doute savoir apprécier le théâtre japonais pour le goûter pleinement, il recèle de très belles scènes, sur une musique anachronique et variée. Le public lui a réservé un accueil plutôt chaleureux, suffisamment en tout cas pour qu’une deuxième séance soit programmée le lendemain.

La note de Dahlia : 6,5/10



P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Titre original : ashurajo no hitome
Réalisateur : Yojiro Takita
Pays : Japon
Année : 2005
Interprètes : Somegoro Ichikawa, Rie Miyazama, Kanako Higuchi, Atsuro Watabe, Takashi Naitô, Yukijiro Hotaru
Scénaristes : Sei Kawaguchi, Masashi Todayama, Kazuki Nakajima
Producteur : Hideshi Miyajima
Distributeur : Shochiku
Durée : 119 min

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