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Festival international de films de genre Fantasia - 2005

Crying Fist

Crying Fist

Crying Fist nous arrive en première canadienne au festival FanTasia avec son réalisateur et producteur, précédé de son prix FIPRESCI remporté au dernier festival de Cannes dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs.

C’est une salle aux trois quarts remplie qui accueille le cinéaste et le producteur. Comme à l’accoutumée, ces derniers viennent dire quelques mots avant la projection. Le producteur, Syd Lim, se dit content d’être à Montréal qui a présenté plus tôt dans l’année une autre de ses productions, Old Boy. Il s’excuse de l’absence des deux acteurs principaux, Choi Min-sik et Ryoo Seung-Bum, tous deux en plein tournage. Il nous apprend que l’espoir constitue le message du film et espère que cela nous emplira la tête en partant. Ce dernier commentaire m’apparaît de mauvais augure... Je crains un mélodrame gnan-gnan.

Le réalisateur, Ryoo Seung-wan, est lui aussi content d’être enfin ici, car il n’avait pu venir présenter Die Bad en 2001. Il nous précise qu’il s’agit plutôt d’un film dramatique, social, qui porte sur la douleur d’être battu davantage que sur la douleur infligée. Il espère que nous nous identifierons aux personnages, que nous « entrerons » en eux.

Et voilà qu’une fan pure et dure vient lui porter des fleurs, un beau bouquet rouge. Elle s’avance au micro pour nous dire qu’elle suit Ryoo Seung-yong depuis ses débuts et adore ce qu’il fait !

Et sur ce, place au cinéma...

Sang-hwan, tresses rastas et le poing facile, est un jeune délinquant qui finit en prison après une tentative de vol. Là, un gardien sentira que le jeune homme habité par une violence inouïe n’est toutefois pas irrécupérable et l’oriente donc vers la boxe. Au départ plutôt réticent et indifférent, Sang-hwan se laisse gagner par le médium qui deviendra sa planche de salut, tant devant les événements qui surviennent dans sa famille et qui lui demandent de rester fort, que face lui-même. Il voudra devenir champion de boxe d’une ligue amateur.

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Ça commence par une poursuite plutôt rigolote


Kang Tae-shik a remporté une médaille d’argent aux jeux asiatiques de 1990 et a cru sans doute que cela suffirait à lui assurer un avenir. Or aujourd’hui, endetté, il a tout perdu, jusqu’à sa famille qui s’apprête à emménager sous un nouveau toit. Son fils, dont le sentiment pour lui oscille entre admiration et honte, lui reste pourtant fidèle. Pour gagner sa vie, Tae-shik devient « punching-ball ». Sur la place publique, il invite les passants à se défouler sur lui. Mais il agit simplement pour survivre, au quotidien, sans idée du lendemain. Jusqu’au jour où l’annonce du championnat dans la ligue amateur le remet sur pied.

Nous faisons donc d’abord connaissance avec Sang-hwan avant de rencontrer Tae-shik, après quoi, leur cheminement s’entremêlera de manière plutôt lisse et efficace, sur des accents de slide guitar. Et ces deux histoires parallèles laissent entrevoir en périphérie la pauvreté, la difficulté de s’en sortir comme si aucun secours n’existait, le respect des aînés qui se perd parfois, mais demeure toujours important, balise permettant d’éviter les débordements ...

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Pour 10 000 wons, vous pouvez me boxer


Je suis le parcours de ces hommes sans nécessairement sentir ma gorge serrée par leur drame, jusqu’à ce qu’arrive le grand jour de la finale du championnat. Je ne connais rien à la boxe et, dans ma grande naïveté, étant donné la différence d’âge entre les pugilistes, je n’imaginais pas une seconde - ou ne voulais pas envisager - que les deux protagonistes puissent s’affronter dans le combat final. Eh bien, c’est pourtant le cas, et je suis choquée ! Il m’apparaît que tous deux méritent de gagner.

Comme le réalisateur l’avait souligné, nous n’assistons pas à un film de genre mettant en scène la boxe. Les amateurs d’action peuvent néanmoins se rassurer, puisque le film mêle le drame à des moments forts et crus, et comporte évidemment des scènes de boxe dont le combat final assez long, voire trop long. Je dois dire néanmoins que ces scènes m’ont laissé entrevoir à quel point c’est tout un art que de savoir boxer. Sans doute cela vient-il de l’avantage qu’avait le réalisateur de filmer ses acteurs - et non des doublures - en long, en large et en travers !

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Quatre mois d’entraînement, 20 kg en moins, des acteurs qui se sont « mis en danger »


Les deux comédiens livrent d’ailleurs une très bonne performance. Hargneux, entêté, dur, mais loin d’être insensible, Ryoo Seung-bum ne pâlit en rien à côté de Choi « Old Boy » Min-sik. La tâche de ce dernier s’avère sans doute plus délicate, parce que son personnage peut paraître peu sympathique ou détestable. Je trouve qu’il réussit pourtant nous le faire apprécier.

Ma crainte du mélodrame trop appuyé s’est révélée non fondée, à part pour la toute fin, alors qu’on explose d’une joie qui s’étire ad nauseam. Comme s’il fallait nous le forcer dans la rétine pour nous convaincre !

Crying Fist, titre ô combien approprié, nous dépeint donc en toute simplicité deux hommes qui se battent pour reconquérir l’estime d’eux-mêmes et de leurs proches. De là, tous les espoirs sont permis pour leur avenir...

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Le public réserve une très bonne main d’applaudissements au film et, sous l’impulsion de « l’animateur » Daniel, ovationne même le réalisateur qui nous revient avec le producteur. Je suis un peu surprise - évidemment, je n’ai pas goûté le film à ce point - mais je ne m’étonne plus maintenant, puisque Crying Fist a remporté le Fantasia d’argent du public du côté asiatique ! Et Choi Min-sik a reçu le prix d’interprétation du jury officiel.

Le groupe qui reste dans la salle pour la période de questions-réponses révèle qu’il existe bien une communauté coréenne à Montréal ! Plusieurs représentants se sont déplacés pour l’occasion et en profitent pour poser des questions.

Celles-ci s’adressent majoritairement au réalisateur, le pauvre producteur doit un peu ronger son frein. Les questions se développent parfois de manière si alambiquée... Ah la la ! Ainsi on a voulu savoir dans quelle mesure le frère du réalisateur, par son style de jeu, orientait ce dernier dans le développement de ses films - étant donné que Ryoo Seung-wan engage toujours son frère, Ryoo Seung-bum. Or, le réalisateur écrit d’abord son histoire, et puis, vu que son frère est là et qu’il le trouve très bon acteur... Pour la question délicate de la négociation des salaires, le producteur, décontracté et plein d’humour, avance que les acteurs n’ont pas gagné tant que ça et qu’ils étaient deux pour porter le film, et qu’il a sinon payé quelques verres à Choi Min-sik en lui disant de faire ce métrage. Pour ce qui est de la production de films en Corée, on met un ou deux ans en général pour faire un film. Crying Fist a pris un certain temps tout de même. On peut compter quatre mois de formation pour les acteurs, quatre mois de tournage, trois mois de post-production... Il n’existe pas sinon de fonds gouvernementaux pour le cinéma, à part pour les films indépendants. Des entreprises de financement s’occupent de fournir les capitaux.

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À gauche, celui qui a l’air d’un adolescent bien sage, c’est le réalisateur, Ryoo Seung-wan. À droite, donc, le producteur Syd Lim, au « look » bien étudié (qui ne paraît pas trop ici)
© 2005 Pierre Roussel


Pour revenir au film, le réalisateur s’est bien inspiré de vrais personnages. « Kang Tae-Shik » habite en fait au Japon et fait effectivement le punching-ball humain. « Sang-Hwan », surnommé le Tyson coréen, a appris la boxe en prison et en a fait par la suite, mais se recycle aujourd’hui dans les combats K-1 parce que la boxe n’est pas très populaire en Corée. Quant à l’issue du match, le réalisateur précise que c’est le réalisme qui prime ici.

Qu’en est-il des projets ? Ryoo Seung-wan va raconter l’histoire d’amis qui se retrouvent à des funérailles dans une petite ville, où ils vont découvrir une affaire de meurtre. Beaucoup d’action en perspective semble-t-il. M. Ryoo n’a pas dit si son frère était de la partie...

Le producteur, Syd Lim, va tourner City of Violence, et comme ses acteurs en prennent toujours plein la gueule, il a décidé de prendre leur place cette fois, puisqu’il joue dans le film !

Pour terminer, le réalisateur signe quelques autographes. Il repart le lendemain et ne sera donc pas là pour nous présenter Arahan.


P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur : Ryoo Seung-wan
Pays : Corée du Sud
Année : 2005
Interprètes : Choi Min-sik, Ryoo Seung-bum, Lim Won-hee, Chun Ho-jin
Scénaristes : Ryoo Seung-wan, Jeon Cheol-hong
Directeur de la photographie : Cho Yong-kyu
Monteur : Nam Na-young
Compositeur : Bang Jun-suk
Producteur : Syd Lim
Durée : 134 min

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