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Festival international de films de genre Fantasia - 2005

Fighter in the Wind

Fighter in the Wind

Une légende vit de nouveau. Bravant la pauvreté, les préjugés et l’hostilité des yakusa, un homme simple et modeste impose sa férocité et le fruit de sa détermination en vainquant des adversaires de tous les styles, aikido, karaté, nanbudo, kyokushinkaï, shorin-ryu, shotokan-ryu... Comme si cela ne suffisait pas, il remporte 270 victoires d’affilée lors d’un tournoi et crée son propre style de combat, le karaté kyokushin.

Cette renaissance est l’œuvre du réalisateur Yang Yoon-ho, un long métrage inspiré de la vie de du Coréen Choi Bae-dal, également connu sous le nom japonais de Masutatsu Oyama. Dans un rythme irrégulier influencé par une B. D. manga, Fighter in the Wind relate l’existence turbulente de ce monument. Une histoire qui débute par son voeu de devenir pilote et se termine par sa consécration en tant que champion de karaté de la nation japonaise.

Dans les premières séquences, le récit gagnerait à être mis en situation de façon plus exhaustive. En brossant le portrait général d’un pays comme le Japon, à une époque aussi tumultueuse que méconnue, ce survol demeure d’une qualité difficilement contournable pour saisir le caractère des personnages et les liens qu’ils tissent entre eux. Ces relations se contentent de la simplicité, elles se limitent à l’essentiel. Elles n’en restent pas moins touchantes pour autant et parviennent à rendre une dramatisation acceptable. À ce chapitre, les interactions impliquant Chun-bae (Jeong Tae-woo), Youko (Aya Hirayama) et le fils de son défunt adversaire demeurent les plus convaincantes. Même si elles ne se maintiennent généralement qu’en surface, elles permettent de cadrer le caractère de Choi Bae-dal et de comprendre l’importance de son vécu avec son mentor, Beomsoo (Jeong Du-hong).


De cette relation avec le maître découle le passé du talentueux élève durant lequel il forge sa volonté, son apprentissage et sa maîtrise du taekwondo. Dans la mort du maître, il puise la force de s’isoler en montagne pour mieux s’endurcir et parfaire son art de combat. À ce point de l’histoire, les scènes à venir laissent entrevoir l’espoir d’en apprendre plus sur la vision de l’art martial et sa philosophie. Mais la réalisation préfère s’en tenir à un concept démodé qui consiste à précipiter (pour ne pas dire se débarrasser) des évènements dans une succession de plans rapides. Est-ce par crainte de s’éloigner du manga ou par respect des faits historiques qui ne se prêtent pas à une interprétation en profondeur ? Mystère... Quelle que soit la réponse à cette énigme, il n’en résulte qu’un condensé à la sauce américaine dans le style pur hollywoodien, qui établit en quelques minutes une coupe franche entre la première et la deuxième moitié du film.

Dans l’une comme dans l’autre, les actions en disent plus long que les paroles. Décors et costumes révèlent les grandes lignes du contexte social de l’époque. Les plans d’ensemble donnent accès à des environnements naturels pittoresques, et l’œil immobile de la caméra s’ouvre sur des scènes de combat brèves mais très explicites sur la force du karatéka vedette. Pour la plupart, les affrontements se retrouvent concentrés dans une courte durée. L’abus de ralentis a su être habilement évité malgré des échanges qui ne font jamais long feu. La seule ombre au tableau provient de la bande son qui accompagne trop souvent les scènes d’action. Sa musique bien contemporaine aux allures pop-techno, rythmée mais inappropriée, irrite et discorde totalement avec la bande image.

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spectaculaire et percutant !


La couverture médiatique des journaux en pleine expansion témoigne indirectement de l’orgueil national entourant le karaté, art martial typiquement japonais. Ce désaveu de la part des grands maîtres à l’encontre du héros se symbolise en la personne de Masaya Kato, qui interprète avec beaucoup de conviction le personnage de Kato, maître d’arts martiaux arrogant et imbu de sa force. Cette fierté excessive s’affiche comme toile de fond dès les premiers pas de Choi Bae-dal en sol japonais. Le récit se détache toutefois quasi totalement de l’aspect critique pour se concentrer sur les périples du protagoniste.

Par cette caractéristique, Fighter in the Wind reste d’abord et avant tout une grande aventure, celle d’un homme à la mesure de ses aspirations. Une épopée mal articulée dans son déroulement, mais qui ne manque pas d’action et de rebondissements.

La note de Jesse : 6,5/10

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le « grand » Kato, prêt pour l’ultime combat


L’avis de Dahlia : Que reste-t-il au sortir de ce métrage sur un grand homme des arts martiaux ? Pas grand-chose, malheureusement. Le sentiment d’avoir vu un film un peu mièvre et, qui plus est, à tendance trop « hollywoodienne ».

De quoi s’agit-il donc ? Du combat d’un homme pour se redonner cette appellation d’« homme ». Un Coréen qui se relève peu à peu de la fange pour se redresser tout à fait, stimulé par son mentor en art martial, retrouvé dans le Japon d’après-guerre qui n’a que faire des étrangers comme lui, et, paradoxalement, par un Japonais plein de morgue, qui, après avoir méprisé le Coréen, méprisera davantage l’homme qui ne sait se tenir debout. Il trouvera aussi le temps de s’amouracher d’une Japonaise qu’il sauve des griffes d’affreux G.I., ce qui nous vaudra de beaux ralentis et autres batifolages bien cucul au bord de l’eau, où l’on se demande dans quel film on est tombé...

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ce qu’ils sont chou !


Notre homme fait preuve d’une détermination sans pareille quand vient le temps de se mettre à l’ouvrage martial. Son entraînement est des plus rigoureux et porte ses fruits. Il se montre de plus homme de parole. Mais il ne parvient pas à nous soulever. Lorsqu’il décide de s’amender pour un acte involontaire mais néanmoins commis, on devrait s’extasier devant ses convictions et sa grandeur d’âme. Or, il apparaît plutôt misérabiliste. De surcroît, son acte de contrition culmine, c’est le cas de le dire, sur une montagne qu’on a vu venir de loin, avec force musique pour nous arracher les bons sentiments. Nous voilà encore irrités, mais certainement pas par les larmes...

Et les affrontements dans tout ça ? Ils arrivent plutôt en deuxième partie et s’avèrent fulgurants, dirons-nous, plutôt par leur courte durée que par leur capacité à marquer.

Bref, un film qui décoche ses bons coups dans le vide, malheureusement.

La note de Dahlia : 5,5


P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur : Yang Yun-ho
Pays : Corée du sud
Année : 2004
Interprètes : Yang Dong-kun, Masaya Kato, Jeong Du-hong, Aya Hirayama, Jeong Tae-woo
Scénaristes : Yang Yun-ho, Bang Hak-ki (manga)
Directeur de la photographie : Shin Ok-hyeon
Chorégraphie : Jeon Du-Hong
Compositeur : Kang Seung-yong
Producteur : Jeon Ho-jin
Durée : 121 min

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