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Festival international de films de genre Fantasia - 2005

Godzilla : Final Wars

Godzilla : Final Wars

Il aura fallu un 50e anniversaire qui met fin, temporairement, à la série des Godzilla et Ryuhei Kitamura aux commandes pour que le public remplisse la grande salle du festival FanTasia jusque dans les allées. De plus, on est venu en famille, ce qui n’aurait pas déplu à notre rédacteur Wolverine !

André Dubois, le spécialiste gojirien de l’équipe de programmation, y va de sa présentation. Contrairement aux dernières années, pas de petite surprise, pas de petit spectacle pour nous mettre en appétit. André se contente de nous informer que Kitamura, en fan de la période « à gogo » des années 70 de Godzilla, a concocté un film dans l’esprit de cette époque. Un film qui déborde de partout.


Une collision cosmique menace la planète tandis qu’une attaque « monstrueuse » - entendre par là constituée de monstres - s’abat sur terre. Même si l’action se centre bien sûr au Japon, on prend la peine de souligner l’aspect véritablement mondial de l’attaque en nous montrant des villes sur chaque continent, ce qui fait habituellement défaut aux films catastrophes hollywoodiens. De plus, le commandant des opérations n’est pas japonais, ce qui ajoute à la touche internationale. Les humains peuvent compter sur un groupe d’élite composé de mutants surhommes et sur les extra-terrestres qui débarquent comme ils nous avaient déjà visités dans les années 70...

Il est vrai que le film explose de partout en ne laissant que quelques moments de répit. Action martiale, intervention tactique, course de motos, amitié bousculée, sacrifice, méchant dont la tête semble avoir été dessinée par un mangaka, sans oublier les petites fées jumelles de l’île de Mothra et Minilla, le caoutchouteux fils de Gojira, dans des passages qui peuvent paraître adorablement ridicules, mais tout à fait dans l’esprit de la série. Et, bien sûr, des affrontements en règle entre monstres de tout acabit pour la plus grande joie des amateurs. Les maquettes paraissent parfois pour ce qu’elles sont... Doit-on y voir un autre clin d’œil aux productions des années 70 ?


Le public semble se délecter de tout ce délire. Je me surprends pourtant à n’y prendre qu’un plaisir relatif, contrairement au défoulement que pouvaient procurer les derniers films du monstre. C’est que je n’ai pas l’impression de voir un film « de » Gozilla, mais un film « avec » Godzilla. Normalement, l’histoire tourne autour des agissements du monstre et des conséquences que cela aura pour les humains - que Gojira se présente en ennemi ou en sauveur puisqu’il a endossé ces deux rôles au fil des ans. Or, ici, Godzilla devient presque accessoire, la bataille des monstres se déroulant parallèlement à celle que livre les humains. Le film perd donc de sa spécificité. Et je ne suis pourtant pas une véritable fan de keiju eiga !

Godzilla : Final Wars décevra sans doute les puristes, mais trouvera peut-être preneurs auprès de ceux qui ne sont pas à la base des amateurs du grand monstre japonais et auprès des fans de Kitamura qui a mis le paquet ici, il faut bien le dire. Sans se prendre au sérieux.

La note de Dahlia : 7/10


L’avis d’Athama : Faire un Godzilla en plastique en 2004, qui détruit des immeubles en carton, a de quoi surprendre. On nous avait prévenus que cela serait le dernier. Le doute est plus que permis, car Godzilla, tel le Phénix, renaît toujours de ses cendres. Ce Godzilla réalisé par Ryuhei Kitamura (qui n’est ni fan ni spécialiste du genre) demeure probablement pour le moment le plus cher des Godzilla, c’est dire si l’ambition des producteurs est grande pour cet opus final.

Si les spécialistes de Godzilla peuvent crier au sacrilège en voyant ce nouveau cru, d’autres peuvent trouver leur compte puisque, à côté de la vedette monstrueuse, Kitamura nous impose des personnages humains dont le temps de présence à l’écran reste bien supérieur à celui de la bête. Le style de jeu de ces acteurs se montre très schématique, limite parodique. On se croirait revenu au temps des X-Or ou Spectreman avec des gestuelles et mimiques assez figées, voire des poses fréquentes durant les scènes. Nous sommes bien dans une immense B. D. où les tirades préécrites ne font pas rire les vieux routiers. Peut-être que le mécanisme pourrait fonctionner au second degré ? Toujours en ce qui concerne les acteurs, je note la présence de Kane Kosugi, fils du célèbre Sho Kosugi, champion de karaté et acteur de héros Ninja dans les années 80 (souvenez-vous de Prière pour un Tueur ou de L’Implacable Ninja). Kane Kosugi nous gratifie de quelques exploits martiaux qui donnent l’eau à la bouche et invitent à découvrir d’autres films de lui. Notons aussi la présence de Tak Sakaguchi comme un des sbires extra-terrestres. Essayez de le trouver. Cet acteur principal de Versus s’est aussi attelé à la chorégraphie des scènes de combat. Il n’y a pas à dire, Kitamura donne du travail à ceux de son entourage.


Dans la globalité, ce long Godzilla m’a à peine diverti. Je ne doute pas que les non-fans puissent le trouver ridicule à cause des mélanges de genre que Kitamura n’hésite pas à faire. Des mutants à la X-Men en passant par Matrix, qui affrontent des créatures gigantesques en plastoc servies par des extraterrestres puérils souvent en crise d’hystérie.

Notons la remarque judicieuse de Dahlia, au moins, les Japonais ne se montrent pas supérieurs aux autres. Quand ils représentent les Nations Unies, ils n’oublient pas de mettre les Occidentaux au premier plan aux côtés des Asiatiques, tandis qu’à Hollywood, hormis le Noir syndical, les autres ethnies font dans la décoration ou moins.

La note d’Athama : 5/10

Lire aussi l’avis de Wolverine et de Mercano Boy dans le cadre du NIFF, « Godzilla Rules over Neuchâtel ! ».



P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Titre original : Gojira : Fainaru uôzu
Réalisateur : Ryuhei Kitamura
Pays : Japon
Année : 2004
Interprètes : Masahiro Matsuoka, Rei Kikukawa, Kazuki Kitamura, Kane Kosugi, Don Frye
Scénaristes : Isao Kiriyama, Ryuhei Kitamura
Monteur : Suichi Kakesu
Directeurs de la photographie : Takumi Furuya, Fujio Okawa (effets spéciaux)
Directeur des effets spéciaux : Eiichi Asada
Directeur des effets numériques : Nobuhiro Kondô
Compositeurs : Keith Emerson, Nobuhiko Morino, Akira Ifukube (thème de Godzilla)
Producteur : Shogo Tomiyama
Distributeurs : Toho, Pretty Pictures
Durée : 130 min

Présentation en première canadienne au festival FanTasia 2005 et sortie en salles en France le 31 août 2005

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