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Festival international de films de genre Fantasia - 2005

Low Life (La Pègre)

Low Life (La Pègre)

Une société dans laquelle tout le monde veut sa part de gâteau et où le sens de l’honneur prime. Un homme comme tant d’autre, mais dans une époque bien particulière. Un protagoniste qui se distingue par son aptitude à savoir doser la force des poings et celle du pouvoir politique. Une page d’histoire de la tumultueuse Corée d’avant-guerre jusqu’à l’après-guerre prend vit au grand écran dans ce film du vénérable monument Im Kwon- Taek.

La beauté de ce film réside dans la capacité du réalisateur à inclure une grande variété de situations dans un récit bien rythmé. C’est une fenêtre ouverte sur les difficultés d’une société en constants bouleversements, et sur la volonté et la détermination d’un homme parti de rien en quête de réussite. Le récit de sa carrière guide les spectateurs à travers les sentiers sillonnés d’un pays déchiré par un jeu de pouvoir, où les participants et l’ambition ne manquent pas.


Dans le premier tiers, l’image s’affirme comme la matière dominante. Des plans explicites dépeignent la criminalité dans laquelle débute la carrière du jeune Tae Wong. Ses inspirations apparaissent motivées par une conscience moralement saine, sans prétention ni idée de grandeur nationaliste. L’extorsion, les descentes policières et les bagarres deviennent monnaie courante. Le pouvoir de l’armée devient de plus en plus envahissant. Les gangs de rue, ne sachant plus où donner de la tête, cherchent par tous les moyens à entrer dans les bonnes grâces de la légalité.

Avec doigté et subtilité, les dialogues prennent la relève sans pour autant effacer en totalité la portée des images qui s’imposent jusqu’à la fin. Les paroles échangées entre les nombreux intervenants font la lumière sur le contexte politique et socio-économique de cette Corée d’après-guerre. Un milieu décrit en terme de corruption, où les intérêts communistes et capitalistes s’entrechoquent. Cette diatribe écorche l’image politiquement correcte du gouvernement en dénonçant son absence de transparence, sa vénalité et sa similitude avec les gangs. La justice n’échappe pas à la vague. Elle se divise d’abord entre la volonté américaine et celle des criminels pour finalement devenir l’outil de chantage par excellence dans l’octroi de contrats ou de subventions.


Avec un tel entrain et l’absence d’ellipses, aucun élément ne peut être laissé au hasard. D’une commune importance, l’image et la parole servent à établir la profondeur des liens affectifs qui unissent les personnages dans des scènes éloquentes. Des propos et des environnements plus intimistes ainsi que des plans rapprochés permettent de saisir toute l’attention que Hae Ok porte à son mari. Dans un plan extérieur magnifiquement contrasté, les rôles s’inversent lorsque ce dernier effectue sa demande de pardon envers sa bien-aimée. Ces exemples établissent sans contredit la valeur des acteurs et leur compétence à rendre justice à la réalisation. Ils démontrent également l’habileté du réalisateur à intégrer dans un montage serré des plans axés sur l’esthétisme et les sentiments sans compromettre la rapidité et la compréhension du film. Le couple protagoniste joué par Cho Seung-woo et Kim Min-Sun donne vie aux sentiments et aux émotions de toute une nation. La distribution restante tire très bien son épingle du jeu. Kim Hak-Joon le prouve avec brio en interprétant Oh Sang-pil, ex-chef de gang nouvellement handicapé, qui tente de combler son désespoir par tous les plaisirs possibles et monnayables.


Le reproche, quel qu’il soit, reste fidèle à la structure du film et évite de s’embourber dans la propagande. Par sa fiction qui témoigne d’un monde qui fut et demeure bien réel, Low life est l’un de ces films qui se détache de l’aspect fantastique du festival Fantasia. Personnellement, je qualifierais ce long métrage d’un des plus enrichissants et des plus palpitants. Enfin une vision épurée d’une réalité méconnue en Occident qu’est celle de la société coréenne de cette époque.



P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Titre original : Haryu insaeng
Réalisateur, scénariste : Im Kwon Taek
Pays : Corée du Sud
Année : 2004
Interprètes : Cho Seung-woo, Kim Min-Sun, Kim Hak-Joon, Yoo Hak-Joon
Directeur de la photographie : Jung II-Sung
Monteur : Park Sun-duk
Compositeur : Shin Jung-hyeon
Producteur : Lee Tae-won
Distributeur : Cinema Service
Durée : 105 min

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