Rubriques

Festival international de films de genre Fantasia - 2005

Shutter

Shutter

Tun et Jane sont photographes. Un jour, Tun découvre dans ses clichés d’étranges traces blanches ressemblant au visage d’une femme qu’il a connue. Or, celle-ci est morte depuis dans d’étranges conditions. Les phénomènes mystérieux se multiplient autour de lui et finissent par déborder du cadre des photos pour lui arriver dans la vie réelle. Ses propres amis perdent la tête et se suicident un à un. Tun et Jane décident d’enquêter, persuadés que Tun pourrait être le prochain.


L’histoire part d’une bonne idée redoutablement bien exploitée, celle que les morts apparaissent dans les photos près des vivants auxquels ils ont été liés. Elle joue avec nos méfiances quant à cette fraude, car on pourrait se dire que cela n’est qu’un truc. Et, justement, les héros vont voir le directeur d’un magazine spécialisé dans ce genre de photos sensationnalistes, qui leur révèle que rien n’est truqué, preuve à l’appui. Il y a un côté légèrement didactique qui parvient à donner de la crédibilité au phénomène, ce qui rend ce dernier encore plus terrifiant. Imaginez que vous êtes dans une pièce vide, vous prenez une photo avec votre polaroïd, donc instantanée et sans trucage possible, et dessus apparaît l’ombre d’un fantôme, présent là, devant vous, à peine quelques secondes plus tôt...


Le film a la bonne idée de nous montrer autre chose qu’une énième variante de toute la série de films d’horreur japonais du type Ring et ses suites, qui ont tendance a être récurrentes maintenant. Il les cite toutefois, mais cela reste de l’ordre de la référence - il faut croire qu’il s’agit de références obligées de nos jours. La thématique des yeux n’est pas sans rappeler The Eye, et effectivement, il existe avec ce film des similitudes dans la trame scénaristique. Les yeux sont ici remplacés par leur pendant mécanique qui est l’appareil photo, et la solution comme dans The Eye consister à aller dans un village reculé voir la famille de la victime, dont le fantôme rampant n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui de Ju-On.

Mais au-delà de ces références, le film dégage un contenu original. L’histoire en elle-même est différente et justement joue avec ces similitudes pour mieux nous surprendre : jusqu’à un certain point, on croit assister à une énième version de ces films... Mais l’histoire rebondit soudainement pour aller vers quelque chose d’inédit... avec un final qui donne plutôt froid dans le dos. Vous ne regarderez plus jamais votre appareil photo de la même facon après ca.


Le film fait donc preuve d’une certaine adresse scénaristique, articulant bien ses références et ses propres idées de mise en scène, qui sont originales et efficaces. Il nous réserve de nombreuses surprises, dont une énorme fausse piste et quelques bons coups comme ce passage où Tun court dans l’immeuble, mais retombe systématiquement au même étage.

La mise en scène s’avère elle aussi plutôt inspirée. Elle est relativement simple, sans plans vraiment complexes, mais percutante. Le film commence par toutes sortes de choses déjà vues, qui opèrent toujours et endorment un peu notre méfiance, si bien qu’on se laisse surprendre plus facilement ensuite, au fur et à mesure qu’avance l’histoire.

Il faut noter la qualité du montage et de la photographie, qui est pour beaucoup dans la réussite de l’ensemble. La photographie exploite énormément les jeux de clairs-obscurs et joue sur les noirs, ce qui renvoie à la mort comme à la chambre noire de l’appareil photo, et plus rarement sur les rouges qui évoquent tant la lumière dans la salle de développement que le sang. Le montage est bien nerveux et travaillé sans être « clipesque ». La bande son se montre redoutablement efficace et vient bien soutenir les moments de frayeur. Comme souvent, elle compte pour beaucoup dans la peur que nous inspirent certains passages, mais pas seulement. C’est ce qui nous change de Ring et ses ersatz. Si l’ambiance est bien stressante, au moins on voit quelque chose et on ne s’ennuie pas : les fantômes thaïlandais sont apparemment moins ennuyeux et mieux coiffés que les japonais.


Le film apparaît d’autant plus troublant que son thème renvoie encore plus directement que The Eye au cinéma. Le cinéma n’est après tout que de la photo en mouvement - il y a une référence directe à cela quand la fille observe les traces blanches d’une série de photos prises en mode rafale, elle les fait défiler rapidement et voit la tache s’animer et s’approcher de plus en plus nettement. Le film nous fait nous poser des questions. Si l’appareil photo peut entrevoir les morts, la caméra en a peut-être filmé de vrais elle aussi ? Le message de fin du réalisateur remerciant les gens qui l’ont aidé à élaborer son histoire, en lui prêtant de vraies photos où on voit de vrais esprits, sème encore plus le trouble.

En résumé, Shutter constitue une très agréable surprise qui, après toute la série des Ring et autres Ju-On, parvient à nous faire encore peur et, surtout, de façon relativement originale. C’est un film qui, sans rien révolutionner, se révèle très efficace et se regarde avec le cœur bien accroché !

La note de Suraj : 7,5/10



L’avis de Dahlia : Deuxième soir de festival FanTasia et première manifestation de foule avant la projection. Le public est venu très, très nombreux. Le film doit profiter d’une certaine réputation, et on s’impatiente donc de frissonner enfin.
Un jeune couple en voiture frappe une femme la nuit. Ils continuent leur route. Tandis que le remord la prend, lui prend des clichés lors de la journée des diplômés de l’université. Or, ces derniers ne seront pas seuls sur les photos. Intrigués par ces « apparitions », le couple entreprend une enquête qui le conduira loin...
La photo qui capte plus que ce que l’œil peut voir n’a rien de bien nouveau, mais pour « banale » qu’elle puisse paraître, l’histoire est diablement efficace et finit par apporter tout son sens à l’expression « le poids de la conscience »...


Et pourtant, tout se déroule de façon très classique, surtout au début. Une certaine lenteur parfois dans les scènes. La tension qui monte. La musique se fait discrète, elle souligne légèrement. Sinon, le silence s’établit et ne laisse place qu’aux sons ambiants. Rien de tel pour inquiéter de plus en plus. On devine bien ce qui va arriver. On se prépare en conséquence, mais, par un montage diabolique, ha ! Secoués, nous sommes ! La foule, ravie, ne manque pas d’applaudir à tous ses moments de sursaut. Après tout, nous sommes venus pour ça. Et ça marche ! Je n’ai jamais eu de tels haut-le-corps pendant une projection !
Et que dire de la fin, une des plus terribles qu’un film du genre nous ait donné à voir.
En tout cas, un certain malaise pesait sur moi au sortir de la projection, comme si j’allais partout croiser des esprits...
Shutter connaît un succès tel que même notre rédacteur Jesse s’est vu par la suite refuser l’entrée tellement il y avait du monde. Une autre projection a d’ailleurs été ajoutée. Le film remporte le grand prix spécial Séquences 50e anniversaire. On ne s’étonne donc pas d’apprendre que Hollywood prévoit déjà refaire le film à sa sauce... ! Une première pour un film thaïlandais. Un cinéma à surveiller...

La note de Dahlia : 7,5/10


P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisateurs : Banjong Pisanthanakun, Parkpoom Wongpoom
Pays : Thailande, Hong-Kong
Année : 2000
Interprètes : Ananda Everingham (Tun), Natthaweeranuch Thongmee (Jane), Achita Sikamana (Natre)
Scénaristes : Banjong Pisanthanakun, Sopon Sukdapisit, Parkpoom Wongpoom
Directeur de la photographie : Niramon Ross
Compositeur : Chartchai Pongprapapan
Producteur : Yodphet Sudsawad
Durée : 90 min
Support : Ciné et VCD Panasia, en thaï, sous-titres incrustés chinois et anglais

Article précédent | pret immobilier
Crying Fist

Article suivant | credit immobilier
Ashura


Dans la même rubrique

Zee Oui
Zee Oui
P
P
Silmido
Silmido
Love Battlefield
Love Battlefield
Survive Style 5+
Survive Style 5+

Sur le Web : S'informer sur les conditions d'obtention de votre credit immobilier reste la première action à entreprendre avant d'aller consulter un courtier en pret immobilier afin de négocier le meilleur taux en connaissance de cause. Votre bien immobilier constitue l'investissement le plus important de votre vie. En cas de surendettement, plusieurs solutions de rachat de crédit ou de Crédit hypothécaire peuvent être envisagées. Le référencement naturel dans le secteur immobilier ainsi que du prêt immobilier a donné beaucoup d'abus. C'est de bonne guerre, le référencement payant est si prohibitif.

Articles les plus populaires

Shutter
Shutter
Dor
Dor
King Naresuan