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L’Été Indien au Musée Guimet

Interview Martine Armand, programmatrice de l’Été Indien au musée Guimet part. I

Interview Martine Armand, programmatrice de l’Été Indien au musée Guimet part. I

Fantastikasia : D’où vous est venue l’idée du festival « L’Été indien » ?

Martine Armand : L’idée m’est venue d’abord parce qu’il y a un auditorium dans le Musée Guimet d’environ trois cents places, qui a été rénové récemment, avec une très bonne acoustique. J’y avais déjà vu des spectacles de musique, de danse - notamment de danse indienne - et des films asiatiques programmés tout au long de l’année. Il y a eu par exemple une très belle programmation à l’occasion de l’année de la Chine. Par ailleurs, le musée Guimet accueille les plus grandes collections d’arts asiatiques du monde en dehors des collections se trouvant dans les musées nationaux des pays d’origine, et je trouvais intéressant d’imaginer une programmation de films indiens dans un lieu qui a un vrai sens. Cette année, je voulais avant tout donner quelques repères avec cette programmation qui propose un tour de l’Inde : on part du Maharashtra, de Bombay, on remonte sur le Gujerat, on monte encore au Cachemire avant de descendre sur Delhi, Lucknow, le Bengale et on termine par le Kerala. Les films datent des années suivant l’indépendance à nos jours, de 1950 à 2002, et présentent à la fois le cinéma populaire et le cinéma d’auteur. Je voulais m’adresser à un public qui n’est pas nécessairement cinéphile et qui ne connaît pas forcément le cinéma indien, et lui donner ainsi une idée de la richesse culturelle de l’Inde et de ses multiples facettes. Je voulais aussi aller au-delà d’un certain effet de mode de Bollywood dont on a beaucoup parlé avec les sorties en salle de Lagaan, Devdas, Mother India et La famille indienne et rappeler que ce n’est pas la seule forme du cinéma indien, qu’il y a d’autres cinémas en Inde.

Fantastikasia : Quel public vise cette rétrospective ?

Martine Armand : Les projections ont lieu à midi. C’est un public divers : un public de quartier, par exemple les personnes qui travaillent à proximité qui peuvent y faire une pause (parfois vivant en banlieue, elles ne pourraient pas venir à des projections plus tardives). Puis il y a des cinéphiles, des étudiants, et les personnes fréquentant le Musée Guimet qui font confiance à la programmation proposée.

Fantastikasia : Ces horaires ne vous coupent-ils pas d’une partie importante du public ?

Martine Armand : Dans toute programmation il y a des restrictions qui viennent par exemple du lieu, et de sa structure d’accueil etc. certaines personnes ne pourront pas venir, mais ces horaires peuvent en amener d’autres qui ne viendraient pas le soir. Nous sommes dans un musée : même si l’auditorium a une autonomie de programmation, les horaires doivent correspondre aux heures d’ouverture du musée. Seuls les spectacles en soirée disposent d’une structure particulière de mise en place. Cela dit, cette contrainte ne m’a pas paru suffisante pour me freiner dans la proposition de cette programmation.

Fantastikasia : A priori, un musée n’est pas forcément l’endroit pour voir des films... Vous pensez que le public fera la démarche de venir ?

Martine Armand : Certains visiteurs du musée viendront voir ces films parce qu’ils sont attirés par un pays, par une culture, sans être forcément cinéphiles. J’espère justement leur faire découvrir différentes facettes du cinéma indien. J’espère sincèrement que le public sera présent. J’ai constaté qu’un public chaleureux et enthousiaste fréquente l’auditorium qui offre une intéressante programmation de films et de spectacles vivants à longueur d’année.

Fantastikasia : Pourquoi ce titre, « L’Été Indien » ?

Martine Armand : C’est un clin d’œil à la météo, même si nous ne sommes pas en Amérique du Nord ! C’est un jeu de mots parce que nous ne pouvions pas le faire l’été. De plus, à la rentrée la plupart des gens se sentent plus reposés, il y a comme une ouverture, une curiosité, et cela est propice à une programmation originale.

Fantastikasia : Est-ce vous qui avez invité les troupes de danseurs et conférenciers ?

Martine Armand : L’auditorium du musée dont le directeur artistique est Hubert Laot assisté de Véronique Prost, a mis en place les conférences dans le cadre de la manifestation « Image et Science » ainsi que les spectacles, Je n’y ai pas participé directement, mais évidemment nous en avons parlé et je dois dire que je les trouve très intéressants...

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Ganesh et Kumaresh

Fantastikasia : Pourquoi ne pas avoir programmé des films plus récents ?

Martine Armand : Quand on a la place pour onze ou douze films, il faut faire des choix. Toute programmation est un choix théorique qu’on essaie de réaliser en fonction des copies que l’on trouve. Nous avons estimé qu’un public potentiel pouvait avoir vu des films indiens distribués récemment et donc n’avait pas forcément envie de les revoir à l’Auditorium. En revanche, nous avons pensé que des personnes souhaiteraient sans doute voir ou revoir des films qui n’ont pas été diffusés depuis longtemps ou qui ne l’ont jamais été.

Fantastikasia : Comment avez-vous fait pour obtenir les copies ? Avez-vous rencontré des difficultés ?

Martine Armand : Cette année il n’a pas été possible de mettre en place un dispositif de sous-titrage électronique, ce que nous espérons pouvoir faire pour la prochaine édition. Il nous a donc fallu des copies sous-titrées en français : il ne pouvait s’agir que de films ayant participé à des festivals, qu’ils soient ou non distribués. Les copies sont de qualité relativement bonne. En plaçant la manifestation sous son haut patronage, l’Ambassade de l’Inde nous a aidé à obtenir certaines copies de films sous-titrés en français mais qui ne sont pas distribués à l’heure actuelle, comme Le piège à rats (Elippathayam) ou Un conte populaire( Bhavni Bhavai). L’idéal serait de considérer un film parce que c’est une œuvre importante et de le faire sous-titrer ensuite.

Fantastikasia : Votre choix a donc été déterminé par les sous-titrages ?

Martine Armand : Non, pas seulement. Mon choix a d’abord été déterminé par l’idée de départ qui est un panorama introduisant des auteurs, des genres et des régions. Ensuite, j’avais pour chaque projection un choix relatif, c’est-à-dire soit mettre un film populaire, soit mettre un film d’auteur tout en essayant d’équilibrer la programmation dans son ensemble. Effectivement, ce choix était aussi lié aux copies disponibles. Une programmation est toujours une sorte de compromis entre ce que l’on veut au départ et les copies que l’on obtient. Mais on essaie de rester fidèle à soi-même gardant le plus possible l’objectif que l’on s’est donné.

Fantastikasia : Vous ne pensez pas qu’inviter des acteurs ou des réalisateurs aurait pu motiver davantage le public ?

Martine Armand : Pour pouvoir inviter un acteur ou un réalisateur, il faut un espace propice à lui faire rencontrer un public qui lui pose des questions Il faudrait aussi un interprète dans le cas d’interventions de réalisateurs indiens. Nous sommes dans le même cas de figure que pour le créneau horaire, c’est-à-dire que l’auditorium n’est pas le lieu pouvant répondre à priori à cette demande, du moins immédiatement. Mais il y a cette année par exemple une conférence sur le cinéma indien pour sensibiliser les personnes qui n’auraient pas de connaissance particulière dans ce domaine... Dans les années qui vont suivre, nous pourrons sans doute mettre en place des rencontres avec des réalisateur ou acteurs, notamment si nos prochaines éditions de « l’Eté indien » font une approche thématique ou un hommage à un réalisateur. Et j’ai bon espoir pour les éditions suivantes. C’est la première manifestation de « L’Été indien »... il s’agit de proposer quelques repères d’une cinématographie particulièrement riche et complète.

À suivre...

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