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NIFFF 2005

Interview Kiyoshi Kurosawa - 1

Interview Kiyoshi Kurosawa - 1

Né en 1955, Kiyoshi Kurosawa est l’un des réalisateurs les plus importants du cinéma japonais contemporain. C’est un passionné qui commence par tourner en Super 8 en marge de ses études de sociologie.

En 1983, on lui propose de mettre en scène Kandagawa Wars, son premier long métrage, qui est en fait un « roman-porno » ou « pink eiga », produit formaté par excellence et qui constitue un début on ne peut plus conventionnel pour un jeune cinéaste au Japon (Hideo Nakata, par exemple, a aussi débuté dans le « roman-porno »).
Mais le jeune Kurosawa ne respecte pas du tout le cahier des charges de ces films de commande et joue en fait avec les codes du « pink-eiga » pour en faire des œuvres personnelles qui rejoignent les thèmes de ses courts métrages (films de jeunes qui trouvent plutôt leur inspiration dans la Nouvelle Vague...).

Les studios détestent, et il s’en sort finalement grâce au film de genre, et plus particulièrement par la « série B ». C’est en effet ce qui va constituer le « gros » de sa carrière, soit une quinzaine de métrages qui passent du film d’horreur (Sweet Home, 1989), au thriller (The Guard from Underground, 1992), à la comédie policière (la série de six films que constitue Suit yourself or Shoot yourself, 1995-96) ou au film noir avec cinq productions destinées au marché vidéo (mais toujours tournées sur pellicule et dans des délais impensables qui nécessitent une bonne dose de savoir-faire de la part du réalisateur) qui sont axés sur les thèmes conjugués de la vengeance et de l’obsession mémorielle. Door 3 (1996), The Revenge 1 & 2 (1997), Serpent’s Path (1998) et Eyes of the Spider (1998) mettent en scène le même personnage (toujours interprété par l’acteur Sho Aikawa, le Zebraman de Miike) aux prises avec des yakuzas à 10 ans d’intervalle...

Le réalisateur rompt plus ou moins avec le « cinéma B » avec son premier film à être montré en Europe, Cure (1997), présenté au Festival d’Automne en 1998 et qui sort ensuite en France en novembre 1999. Le public occidental découvre alors l’inquiétante étrangeté du cinéma de Kurosawa. Suivent dans la foulée License to Live (1998) qui prend l’affiche en France en 2000, puis Charisma, de nouveau présenté au Festival d’Automne en 1999.

Le sort de Kurosawa tient alors en grande partie à la présentation de ses films dans les festivals internationaux, ces mêmes métrages étant de véritables échecs commerciaux au Japon.

Après Vaine Illusion, présenté au Festival de Venise en 1999, il réalise en 2000 son film fantastique Kaïro qui est projeté à Cannes dans la section « Un Certain Regard » en 2001. Avec Séance (2000), dernier long métrage de Kurosawa à avoir été distribué en France, le cinéaste retrouve son acteur fétiche Koji Yakusho pour une histoire qui touche de nouveau au surnaturel.

En 2005, il réalise pour la télévision japonaise House of Bugs, un épisode d’une nouvelle série fantastique dont les différentes histoires sont mises en scène par de jeunes réalisateurs qui émergent et commencent à devenir populaires au pays du soleil levant...

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Merci à Kaori pour la traduction

Fantastikasia : Tout d’abord, nous aimerions vous interroger un peu sur House of Bugs. Peut-on y voir un lien avec la série américaine Les Contes de la Crypte ?

Je pense effectivement que cela y ressemble beaucoup. Mais dans le cadre d’une série télévisée d’horreur, nous n’avons pas le même budget que la série américaine...

Fantastikasia : Six épisodes ont été réalisés pour l’instant. Est-ce que d’autres sont prévus ?

Pour le moment, il n’y a pas de projet d’autres épisodes. Mais si l’occasion se présente, j’accepterais volontiers d’en réaliser un autre.

Fantastikasia : Est-ce que cela a été une œuvre de commande ?

Oui, tout à fait. Cependant, j’apprécie énormément l’auteur du manga dont est tirée la série, Kazuo Umezu. Il a aujourd’hui 70 ans et a construit toute une mythologie avec ses mangas qui sont une référence pour beaucoup de monde au Japon, dont je fais partie.

Donc, lorsque l’on m’a proposé le projet, j’ai tout de suite accepté, car je suis un véritable fan de l’auteur.

Mais vous savez, j’ai réalisé l’épisode le plus calme de la série, celui dont l’histoire ne possède pas beaucoup de scènes d’action par rapport aux autres réalisateurs qui ont fait partie de l’aventure. Cela s’explique certainement parce que je suis le plus âgé !...

Fantastikasia : Dans votre épisode, vous faites référence à La Métamorphose de Franz Kafka (en effet, une jeune femme se mue en insecte pour échapper à sa condition...) Est-ce que cet élément était déjà présent dans l’histoire originale ?

Non, pas du tout. Il n’y avait aucun rapport avec Kafka à l’origine du script. Mais avec cette histoire d’humains qui se transforment, j’ai pensé à ses écrits lors du tournage et j’ai alors décidé de le citer dans House of Bugs.

Fantastikasia : Combien de temps a duré le tournage, justement ?

Nous avons tourné l’épisode en cinq jours seulement, mais ce sont les délais habituels pour la télévision japonaise !

Fantastikasia : C’est la même chose en France... Et comment a été perçue la série par le public japonais ?

En fait, la série n’a pas encore été diffusée au Japon. Elle le sera normalement cet été. (Ouahouh ! Merci le NIFFF pour cette primeur !)

Fantastikasia : Ahhh !... Alors la diffusion ici à Neuchâtel était un test ? ;-)

(Rires) Oui, on peut dire ça... Mais la série a tout de même été projetée dans une salle d’un cinéma indépendant de Tokyo.

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Le maître va-t-il dévoiler ses secrets...



L’interview se poursuit...

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