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NIFFF 2007 : Interview de Park Chan-wook

NIFFF 2007 : Interview de Park Chan-wook

Né en 1963 à Séoul, Park Chan-wook étudie la philosophie analytique à l’université jésuite de Sogang. Déjà passionné de cinéma, il fonde, avec l’aide de quelques amis, un ciné-club nommé « Club Movie Gang ».

À partir de 1988, il commence à travailler dans l’industrie du cinéma, multipliant les postes.

C’est à cette période qu’il rencontre Kwak Jae-yong (futur réalisateur de la « success comedy » My Sassy Girl) dont il devient l’assistant. Park Chan-wook signe son premier long-métrage en 1992, un film de gangsters intitulé Moon Is the Sun’s Dream, qui est un sérieux échec au box-office local. Son second essai, Trio (ou Threesome, 1997), s’il garde toujours un aspect social prononcé, s’oriente plus vers le comique. Mais Trio ne rencontre pas non plus un grand succès en salle.

La carrière de metteur en scène de Park Chan-wook paraît alors compromise.

Après deux ans d’inactivité cinématographique, il réalise un court-métrage de 26 minutes, Judgement, qui relate l’effondrement d’un grand magasin en Corée, qui fit plus de 500 morts... Il s’y livre à une critique acerbe de l’égoïsme des familles des victimes. Peu après, la firme Myung Films lui propose d’adapter à l’écran le roman « DMZ », de Park Sang-yun, avec un budget conséquent. Ce sera Joint Security Area (JSA), thriller politique qui prend comme décor la frontière entre les deux Corée. Le film, dans lequel Park affirme son goût pour la narration éclatée, sort en 2000 et devient alors le plus gros succès du cinéma sud-coréen.

Récompensé dans divers festivals internationaux (dont celui de Deauville), le cinéaste ressort alors de ses tiroirs un ancien scénario intitulé « Vengeance Is Mine »... Sympathy for Mister Vengeance (2002) secoue l’Asie et l’Occident par la noirceur et la radicalité de son propos.

Le style Park Chan-wook est né.

À partir de là, l’ascension du cinéaste est fulgurante. En 2004, À cannes, le président Quentin Tarantino lui remet le Grand Prix pour ce qui va être le séisme filmique de l’année : le monstrueux Old Boy ! Ce film lui assure une large reconnaissance internationale et lui vaut de signer ensuite un des sketchs horrifiques de Three... Extremes aux côtés du Hongkongais Fruit Chan et du Japonais Takashi Miike, avant de clore sa « Trilogie de la vengeance » en 2005 avec Lady Vengeance...

Invité d’honneur du NIFFF 2007 aux côtés de Ryoo Seung-wan, Park Chan-wook était aussi présent en Suisse pour présenter au public son nouvel opus, I’m a Cyborg, But That’s OK, projeté en clôture du festival.

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avec Mercano Boy

Fantastikasia : Quelle a été votre première expérience cinéphile ?

Mes premiers souvenirs de cinéphile remontent à l’école primaire lorsque j’ai découvert les aventures de James Bond. J’étais fasciné par cette représentation d’un monde idéalisé, et surtout, ce qui m’a le plus marqué, c’était les prologues de ces films : on y découvrait le héros tout de suite embarqué dans l’action, dans la violence... Encore maintenant, lorsque je réfléchis aux prises de vue à effectuer pour un de mes films, je repense aux films de l’agent 007.

On dit que la vision de Sueurs Froides (Vertigo) a bouleversé votre vie de cinéphile... Le cinéma d’Hitchcock vous a-t-il impressionné à ce point ?

Oui, c’est vrai ! C’est après avoir découvert Sueurs Froides que m’est venue la vocation de cinéaste. Mais je dois dire que je n’aime pas autant tous les films d’Hitchcock, simplement celui-ci adopte un style surréaliste qui correspond parfaitement à ma propre personnalité.

Qu’avez-vous envie de transmettre au spectateur lorsque vous réalisez un film ?

Je suis quelqu’un de torturé par les questions d’éthique. Ainsi, à travers mes films, j’essaie d’interroger les autres sur certains points afin qu’ils puissent me fournir des réponses...

Vous êtes militant d’extrême gauche déclaré (Park Chan-wook est adhérent au PDT - Parti Démocratique du Travail), et vos films offrent souvent une critique virulente de la société sud-coréenne... Peut-on voir dans votre travail de cinéaste certains signes de votre engagement politique ?

Non, je ne pense pas. De toute façon, je crois que chacun de nous est forcément « politiquement intéressé » en tant qu’individu. Étudiant, j’étais, comme beaucoup, très engagé, en réponse à un ultra libéralisme alors tout nouveau en Corée du Sud. C’était presque une obligation. Aujourd’hui, ce n’est plus ma préoccupation principale, en tout cas, pas quand je fais un film, car je trouve que la situation actuelle nécessite moins d’activisme politique qu’auparavant.

L’idée d’une jeunesse bafouée - par le kidnapping, l’inceste ou la pédophilie - se retrouve dans chaque opus de votre triptyque sur la vengeance... Est-ce quelque chose qui vous marque particulièrement ?

Moi qui ai une vie très ordinaire, je dois dire que je me pose beaucoup de questions sur des actes de ce genre... Mais à vrai dire, un seul de mes films traite pleinement de ce thème, il s’agit de Old Boy. Dans Sympathy for Mr. Vengeance et dans Lady Vengeance, le rôle de l’enfance perdue est plutôt un prétexte. En tant que père, j’ai essayé d’imaginer la chose la plus atroce qui puisse m’arriver, car je pense que le pire pour un être humain est que l’on touche à son enfant ; ensuite, l’histoire s’est tramée à partir de cela.

Même si l’aspect lumineux de l’être humain est plus facile à regarder, mon intérêt s’est toujours porté vers son côté sombre... C’est vraiment un sujet important pour moi.

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avec Wolverine

En Occident, le cinéma coréen est plutôt synonyme de drames, de films d’action ou de films chocs... Regrettez-vous cette image ?

Oui, bien sûr. Même les films montrés à Neuchâtel n’offrent qu’une vision réduite de la production cinématographique coréenne dans son ensemble.

J’aimerais vous retourner la question : pourquoi n’y a-t-il que les films violents sélectionnés ici ? La présentation de mon dernier film, I’m a Cyborg, But That’s OK, va être intéressante, car il s’agit plutôt d’un film « mignon »...

Justement, vous semblez avoir voulu explorer une autre facette de l’âme humaine, plus lumineuse, après la « Trilogie de la vengeance »...

J’ai été trop longtemps submergé par le côté noir de l’Homme, et j’avais envie avec ce film de me baigner pour une fois dans la lumière, avant de redescendre vers l’obscurité...

C’est juste une bouffée d’air alors ?

J’ai l’impression que oui. C’est juste un petit moment de respiration avant de replonger...

Quels sont vos projets dans l’immédiat ?

Eh bien, je suis en train de travailler ici même à l’hôtel sur un nouveau scénario...

(Ndlr : Park Chan-wook a même annoncé lors de la cérémonie de clôture qu’il y aurait un « Special thanks to NIFFF » au générique de ce film !)

Et de quoi parlera votre prochain film ?

Il s’agira d’un film dans lequel SONG KANG-HO (JSA, Sympathy for Mr. Vengeance, The Host...) interprétera le rôle d’un vampire... Ce sera certainement le métrage le plus éloigné des clichés des films de vampires traditionnels !...


Interview réalisée le 5 juillet 2007, lors de la 7ème édition du NIFFF, conjointement avec le magazine « Murmures » (Jean-Yves et Sivan) et « Asienews » (Benjamin).

Un grand merci à Mr PARK CHAN-WOOK et à notre interprète, Mme Kyung-ah LEE DUSAPIN.

« Special thanks to » : Florence Michel, Luana di Trapani... Et l’ensemble des filles du Service Presse du NIFFF 2007 !!!


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