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Rétrospective Chung Chang-Wha - Forum des images - Paris

Temptress of a Thousand Faces

Temptress of a Thousand Faces

C’est le tout premier film que Chung Chang-Wha réalisa pour la Shaw Brothers en arrivant à Hong-Kong. Son succès lança sa carrière pour une décennie dans l’ex-colonie britannique.

Bien que le scénario lui fût imposé par la production, il l’aménagea à sa sauce en y mélangeant plusieurs genres et en en transformant le personnage principal en femme. Selon le réalisateur, présent après la projection, c’était à la fois pour faire venir en salles les femmes, alors peu amatrices de films d’action, et pour montrer au public que, souvent dans les situations extrêmes, la femme est plus forte et plus courageuse que l’homme.

La « Tentatrice » est donc une cambrioleuse de haut vol (mélange d’Arsène Lupin et de Fantômas au féminin) qui défie la police en dérobant les plus beaux bijoux de la haute société.

L’héroïne est inspectrice de police, fiancée à un journaliste, et mène avec son supérieur la difficile enquête sur la Tentatrice. Cette dernière l’enlève pour la torturer afin de la dissuader de poursuivre ses recherches, en vain. Elle décide ensuite de se faire passer pour l’inspectrice grâce à ses dons pour le déguisement (avec des masques dignes de Mission impossible) afin de la mettre en disgrâce aux yeux de ses collègues comme de son fiancé...

Accusée alors d’être la Tentatrice, notre jolie inspectrice devra agir comme un hors-la-loi pour pouvoir se disculper, se venger et regagner la confiance de son homme !


Le film déborde de rebondissements et use bien sûr des clichés de l’époque, mais les manie avec ruse pour divertir son public.

Le mélange des genres y est vraiment une belle réussite, déclenchant la surprise ou le plaisir des références cinéphiles, puisqu’on y trouve des éléments de films d’espionnage à la James Bond, de comédie policière, de comédie érotique et de films d’arts martiaux, le tout dans une bonne humeur trépidante.

La mise en scène est en effet alerte, on ne s’ennuie pas une seconde, car c’est bourré d’énergie. Le plus intéressant reste la direction de la photographie, totalement psychédélique, car comme la couleur venait juste d’apparaître au cinoche de HK, Chung Chang-Wha use et abuse de toutes les teintes de l’arc-en-ciel, ce qui donne droit à des décors saturés et à des costumes flamboyants d’un kitch largement assuré avec le temps !

Nous retiendrons surtout la base secrète de la Tentatrice, située dans un magnifique décor côtier. Imaginez un peu une falaise battue par les vagues et surplombée de ruines de temples chinois, et au pied de cette falaise, une grotte aux stalagmites phosphorescents rouges et verts, qu’un savant fou aurait transformé en QG à mi-chemin entre centre militaire high-tech et suite luxueuse pour pervers avec jacuzzi et serveuses en bikini !!! Car les meilleurs - ou les pires... disons les plus incroyables - costumes sont bien ceux des sbires de la Tentatrice, qui, avec des body bleus moulants, ressemblent plus à une troupe de majorettes libidineuses qu’à de dangereux criminels...

D’ailleurs, c’est aussi un atout indéniable du film que le parfum scabreux accompagnant ces aventures. En effet, Chung Chang-Wha se laisse aller à de nombreuses ambiances érotiques, le plus étonnant étant son obsession à nous montrer la petite culotte de l’héroïne (on se croirait dans un hentaï nippon), et ce, quelles que soient les circonstances de suspens : les plans les plus marrants de ce genre sont sans conteste ceux où elle tombe dans une trappe, la culotte droit sur l’objectif de la caméra, ou alors, quand elle descend un gratte-ciel le long d’une gouttière filmée constamment en contre-plongée !

L’audace se retrouve aussi dans les effets spéciaux, pour l’époque évidemment, puisque l’histoire du double permet de s’essayer à la multiplication de l’actrice principale à l’écran.

Les chorégraphies des combats ne sont pas vraiment à la hauteur de ce qu’aurait pu en tirer un vrai réalisateur hongkongais, mais c’est l’état d’esprit rigolard de ces scènes qui leur confère une certaine originalité, sans compter qu’on ne voit pas tous les jours une jolie minette en nuisette dérouiller des voyous.

La musique est par contre vraiment trop datée, elle fait trop caricaturale aujourd’hui. Il aurait fallu qu’elle soit moins stéréotypée pour survivre aux décennies, mais quelques accords jazzy de ci de là peuvent encore y être « fun », tant qu’un saxo sirupeux ne vient pas s’en mêler.

En conclusion, je conseille cette « Tentatrice aux mille visages » à tous les amateurs de raretés et autres érotomanes, car c’est surtout par la volonté de faire du film de genre humblement, mais en en mélangeant tous les codes, que Chung Chang-Wha restera dans l’histoire du cinéma.

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Qian Mian Mo Nü
réalisation : Chung Chang-wha
Pays : Hongkong
Année : 1969
Interprétation : Pat Ting Hung, Tina Chin Fei, Chen Liang, Liu Liang Hua, Yang Chih Ching, Wang Hsiao Yin, Fan Mei Sheng, Liu Chun, Chang Yu Chin
Scénario : Shon Chin
Image : Yoshio Mmiga
Montage : Chiang Shing Loong
Son : Wang Yung-hua
Musique : Wang Yung Hua
Production : Runme Shaw, Shaw Brothers
Langue : mandarin
Durée : 1 h 23

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