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Japon
Uzumaki Note : 8 /10 Film
Réalisateur : Higuchinsky Vos commentaires : [0]  VCD

Uzumaki signifie spirale en japonais, et il n'est question que de ça dans ce film étrange au possible, croisement mutant entre l’œuvre de Buñuel, de Lynch et de Jodorowsky !!!

L’histoire nous décrit les comportements de plus en plus fous des habitants d’une petite ville, tous obsédés par le concept de la spirale, non seulement en tant que forme géométrique, mais aussi en tant que métaphore de l’infini, de l’absolu…

L’héroïne, une jeune lycéenne, a un père potier. Le père de son petit ami est le premier à se focaliser sur les spirales. Il en voit partout (les escargots, les nouilles, etc.) et commande un pot avec une spirale dans le fond au père de l’héroïne. En le réalisant, ce dernier est atteint à son tour par cette obsession contagieuse… Bientôt des lycéennes se baladent avec des coiffures insensées à base de spirales, des lycéens se transforment en hommes-escargots, et le ciel lui-même se métamorphose en un ouragan spiralé pour recouvrir le japon entier de cette démence !




Le couple de jeunes enquête sur le phénomène, aidés par un prof, pour éviter que les drames (des suicides surtout), qui concluent ces crises de folie, ne se propagent…

Ce qui est déroutant dans cette histoire, c’est que le film lui-même est conçu comme une spirale (en plus de la forme même qui revient sans cesse à l’écran) : son scénario tourne en rond, mais en approfondissant les concepts mis en jeu. La réalisation use de plans récurrents et de constructions de scènes similaires pour tourner en rond elle aussi, en s’épurant toutefois progressivement pour atteindre une succession de plans fixes, qui flirtent avec l’abstraction.

Plus qu’un film, on dirait une expérience psychédélique sur l’hypnose collective !

La direction de la photographie est superbe, avec un ré-étalonnage numérique qui crée au film son univers propre.




Le traitement des couleurs est vraiment particulier (le film est bleu et orange), et l'atmosphère qui s'en dégage est assez envoûtante. Des effets spéciaux numériques saisissants « spiralent » tout ce qui bouge. C’est parfois gore, ça ne fait pas peur, mais c’est perturbant, dérangeant…bizarre, quoi !

Au-delà des scènes chocs, il y a surtout des effets plus discrets, presque indiscernables, comme des surimpressions de spirales en mouvement rotatif, apparaissant de brefs moments en arrière-plan, le long d’un mur ou dans le halo d’une source lumineuse par exemple…




Les personnages sont attachants, tous aussi dérangés que les habitants de Twin Peaks. Le petit ami a une tête bizarre, il est silencieux et mystérieux ; l’amoureux éconduit a carrément l’air d’un psychopathe ; l’étudiante précieuse qui veut qu’on la remarque absolument est une vraie hystérique ; les adultes paraissent encore plus perturbés que les jeunes. Tous sont interprétés par de bons acteurs ne sombrant jamais dans le ridicule, malgré des rôles difficiles et des scènes limites, au vu de leur étrangeté.




Enfin, avec ce film surréaliste vous saurez si vous êtes plutôt « spiralophiles » ou « spiralophobes » !!!
Medecine Man

Fiche technique :
Réalisateur : Higuchinsky
Pays : Japon
Année : 2000
Interprètes : Hatsune Eriko, Fhi Fan, Eun-Kyung Shin, Saeki Hinako, Takahashi Keiko, Osugi Ren
Scénariste : Takao Nitta – d’après le manga de Ito Junji
Directeur de la photographie : Kobayashi Gen
Directeur artistique : Hayashida Hiroshi
Compositeurs : Suzuki Keiichi, Kashibuchi Tetsurou
Producteur : Miyake Sumiji
Durée : 90 min
Support : Universe Laser VCD, 2 disques, sous-titres chinois, NTSC, catégorie IIB