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So Close Note : 6.5 /10 Film
Réalisateur : Corey Yuen Kwai Vos commentaires : [0]  VCD

So Close essaie de remettre sur le devant de la scène des assassins au féminin, à l'instar de Naked Killer. Nous avons eu aussi récemment Naked Weapon (presque un remake de Naked killer), sorti tout juste après. So Close réunit les trois belles filles les plus en vue du moment, Shu The Transporter Qi, Zhao Shaolin Soccer Wei et Karen The Black Mask Mok. Toutes trois vont rivaliser d'élégance et de charme pour vous épater.

Lorsque l’on regarde ces trois filles modernes habillées de blanc sur la jaquette du DVD, on ressent une curieuse sensation… une sorte de nostalgie. J'ai l'impression de retourner quinze ans en arrière, à l’époque des chevaliers chinois tout en blanc ! L'esprit s'emballe alors vite ! Et avec raison. La scène d'ouverture est proprement hallucinante. On voit Shu Qi comme on ne l'a jamais imaginée auparavant ;). Shu Qi, de blanc vêtue, défalque avec une virtuosité hors du commun les hommes de main de sa future victime. D’une assurance qui relève du surnaturel, elle slalome avec grâce en laissant dans son sillage les victimes estropiées. Une chorégraphie de haut niveau, au service du « gunfight ». Cette entrée en matière est enrobée dans une chanson anglaise follement douce. On se croirait dans une publicité de shampoing... à la Matrix. Compte tenu de l'antériorité de ce film marquant, on a l’impression de revoir l'effet « bullet time ». Détrompez-vous. Ici, on ne tourne pas autour du sujet, comme c’est le cas dans Matrix. Quelques ralentis bien ficelés donnent cette illusion. Il ressort que Shu Qi devient une tueuse aussi impressionnante que belle !

Un shampoing martial


Brisés d'entrée par une chorégraphie quasi parfaite, nous ne pouvons nous attendre qu’au meilleur. Après tout, ce polar est réalisé par Corey Yuen. Comme pour Naked Killer, mis en boîte par Ching Siu Tung, on fait donc appel à un chorégraphe-réalisateur pour donner du renouveau au genre.

Nous découvrons ensuite les personnages qui vont interagir avec Lynn, alias Shu Qi. Zhao Wei joue sa sœur et coéquipière dans l'ombre, tandis que Karen Mok est une inspectrice hors pair, fraîchement débarquée des États-Unis, dont la mission est de capturer ces assassins. On suit avec un petit bonheur les péripéties des trois femmes, mais on se rend compte que l'énorme tension du début est tombée… Petit budget ? On s'enquiquine dans des scènes de bains-douches avec Shu Qi et son histoire d'amour. Une espèce d'eau rose mal venue quand on pense à la classe qui a précédé ! Mais il fallait s'y attendre. C’est typique du cinéma de Hong Kong. Les scénaristes devraient pourtant savoir que leur public a évolué et qu'ils ne devraient plus proposer ce « cucul praline » ! Malheureusement, ils ne s’arrêtent pas là.


En pleine action, des cheveux toujours impeccables, parce qu’elle le vaut bien ?


Pour argumenter cette autre maladresse, je suis obligé de vous révéler l'intrigue. Ceux qui ne veulent pas la connaître, sautez un paragraphe. Les autres, en avant !

Shu Qi, point central de l’intrigue, disparaît en plein milieu du film ! Incroyable de faire mourir l'héroïne à ce moment-là ! On connaissait cela de Chang Cheh, mais on ne savait pas que Corey Yuen marcherait sur ses traces. Évidemment, le costume blanc de l'héroïne pouvait nous mettre la puce à l’oreille. Cela dit, Corey Yuen commet l'irréparable, puisque, Shu Qi morte, l’histoire n'a plus d'intérêt. En effet, comme Shu Qi porte l’intrigue, celle-ci devient subitement fade. Quand Chang Cheh faisait mourir Ti Lung, c'était parce qu'il avait mieux pour la fin ! Il sortait de sa manche le charismatique David Chiang ! Or, ici, même si Zhao Wei et Karen Mok mettent le paquet pour nous éblouir, la mayonnaise ne prend plus. Bien sûr, la mort de Shu Qi est belle, elle est exemplaire dans l'idée. On brise ici le cheminement classique d'un film populaire. Tuer son héroïne n'est toutefois pas à la portée de n'importe qui. Cette effronterie risque de se payer cher...


Jeu de pieds, jeu de mains, jeu de vilaines.


Malgré des combats magistralement mis en scène, je doute que le film reste longtemps dans les mémoires. L’histoire surexploitée et convenue n’a pas un traitement à la hauteur. On a tout compte fait l'impression qu'il n'y a rien à raconter. Après l’excellente entrée en matière, le reste est expédié. Devrait-on s’en étonner de la part de celui qui a fait Karate Tiger avec Jean Claude Vandamme ? Corey Yuen a réussi le passage à l’action moderne, malgré sa fâcheuse tendance à sur-utiliser les câbles, mais il gagne plutôt à mettre son talent au service d'un réalisateur.


Un peu de sabre pour faire peur…

Athama Ashen

Fiche technique :
Réalisateur : Corey Yuen Kwai
Pays : H.K.
Année : 2002
Interprètes : Shu Qi, Vicki Zhao Wei, Karen Mok Man-Wai, Song Seung-Hon, Michael Wai, Deric Wan Siu-Lun, Yasuaki Kurata, Lam Kwok-Bun, Shek Sau, Richard Mamood, Tats Lau Yi-Tat, Henry Fong Ping, May Kwong Man-Wai, Josie Ho Chiu-Yi, Leo Koo Ka-Kui
Scénariste : Jeff Lau Chun-Wai
Chorégraphe : Corey Yuen Kwai
Producteur : Chui Po Chu
Durée : 110 min
Support :Columbia TriStar Home Video - VCD en Cantonais et Mandarin, sous-titres anglais. Existe aussi en DVD région 3.
Shu Qi plus en forme que jamais !
Karen Mok en garçon manqué
Zhao Wei, la réglisse du trio