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Japon
Kaïro Note : 5 /10 Film
Réalisateur : Kiyoshi Kurosawa Vos commentaires : [0]  VCD

Mon opinion sur Kaïro soi-disant effrayant est plutôt mitigée, malgré la bonne réputation critique obtenue par le film (passage au festival de Cannes).

Kiyoshi Kurosawa s’était déjà fait remarquer avec des films d’épouvante réalistes et intimistes comme The Cure ou Charisma.

Cette fois, il est question d’un étrange phénomène de possession, lié à l’au-delà, se transmettant comme un virus par l’intermédiaire d’un site Internet.

Une informaticienne fait des recherches sur ces apparitions de fantômes numériques et les mystérieuses disparitions ou suicides qui s’ensuivent. Elle est aidée dans son enquête par un jeune homme tombé par hasard sur le site, qui ignore tout cependant des ordinateurs (il ne sait pas enregistrer une adresse Internet dans ses favoris ni ne connaît la touche « imprime écran » sur son clavier) !



Je préfère vous prévenir tout de suite que, si l’histoire paraît claire dans mon résumé, elle ne l’est absolument pas dans le film qui préfère la suggestion à toute forme de narration concrète.

Au début, ça fait assez peur, car on est surpris par la forme originale des phénomènes paranormaux. Ces derniers s’inscrivent dans un contexte crédible qui ressemble à notre quotidien le plus banal, comme dans Ring, par exemple.

Malheureusement, au bout d’un moment, l’absence d’enjeux du scénario, le manque de charisme des protagonistes et la lenteur du déroulement de chaque scène nous plongent dans un tel marasme émotionnel que, forcément, on a moins peur (voire plus du tout si on s’endort) !



Tout découle de cette mise en scène soporifique qui privilégie l’atmosphère, parfois très réussie, envoûtante, à un récit intéressant.

On attend toujours des informations pour progresser dans l’intrigue, mais on passe son temps à se poser des questions qui resteront sans réponses. La situation de départ et celle de fin sont si proches (en dehors d’une inévitable propagation du mal) qu’on se dit « à quoi bon ? »…

Reste le visuel, très particulier, puisqu’il joue aussi sur le point de rencontre entre le normal et l’anormal. La photographie est dans les tons gris et jaunâtres, très naturaliste pour un décor urbain sale et industriel, mais éparpille ça et là dans le cadre des taches rouge sang déstabilisantes.

La représentation du « ghost in the shell » n’a rien à voir avec celle de l’animé de Mamoru Oshii. Ici, on n’a pas affaire à un film empreint de culture cyberpunk, malgré son sujet. Les fantômes ressemblent davantage à la tradition japonaise : des silhouettes évanescentes à la démarche saccadée.

Ce qui est original, c’est le côté interactif entre l’écran montrant un Web possédé et la réalité altérée, vécue par les personnages, dans quelques trop rares scènes.

Un autre effet saisissant est celui des ombres ou plutôt des taches que laissent les fantômes sur les murs après leur disparition. Même les vivants finissent par disparaître sous cette forme étrange d’empreinte de poussière lorsqu’ils sont possédés par le mal digital.



De belles images noyées dans une non-histoire.

La musique est efficace pourtant, se servant de voix féminines éthérées pour provoquer le malaise ou la terreur, et, à mon humble avis, la B.O. doit mieux foutre les chocottes si on l’écoute toute seule, en dehors du film !

Les personnages étant toujours filmés soit de loin, soit dans l’ombre, et ayant très peu de dialogues intéressants, il est difficile de dire si les acteurs sont bons ou pas.

En conclusion, vous l’aurez compris, je n’ai pas été convaincu par Kaïro qui est davantage un film d’art et d’essai qu’un véritable film d’épouvante, malgré des passages d’une étonnante qualité plastique.

Medecine Man

Fiche technique :
Réalisateur, scénariste : Kiyoshi Kurosawa
Pays : Japon
Année : 2001
Interprètes : Haruhiko Kato, Kumiko Aso, Koyuki, Kurume Arisaka, Masatoshi Matsuo
Directeur de la photographie : Junichiro Hayashi
Monteur : Junichi Kikuchi
Compositeur : Takefumi Haketa
Producteurs : Shun Shimisu, Seiji Okuda, Ken Inoue, Atsuyuki Shimoda
Durée : 118 min
Support : VCD Universe Laser & Video Co Ltd., en japonais, sous-titres chinois et anglais, catégorie IIB