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Japon
Stacy Note : 8 /10 Film
Réalisateur : Naoyuki Tomomatsu Vos commentaires : [0]  DVD

Basé sur une nouvelle de Kenji Otsuki, ce premier film de Naoyuki Tomomatsu mélange l’horreur et la comédie dans un film de zombies déjanté dans la lignée de Wild Zero ou de Versus. Au début du 21e siècle, toutes les adolescentes entre 15 et 17 ans sont frappées par un mal étrange qui les conduit à la mort puis les transforme en zombies. Ces filles-zombies sont appelées « STACY ». Le premier symptôme de cette « maladie » est un état de joie intense (aussi appelé N.D.H. ou near death happiness). La jeune fille ne tarde pas à mourir. Peu après, la malheureuse écolière se transforme en zombie et s’attaque à la première personne venue pour assouvir son besoin de viande fraîche.


Premier symptôme de la transformation


Le phénomène a pris une telle ampleur à l’échelle mondiale que l’humanité elle-même est en danger. La crainte des zombies a engendré des conflits entre les peuples et le taux de natalité est quasi nul puisque toutes les jeunes filles périssent de ce mal étrange. Une unité spéciale de police a été mise en place pour lutter contre les « STACY ». Cette unité porte le nom de « Romero Rekill Special Unit ». Elle est chargée de se débarrasser définitivement des zombies. Comment ? En les découpant en 165 morceaux ! Ce n’est pas un travail facile, et le travail ne manque pas. À tel point que la télévision passe des spots de publicité pour recruter. Le besoin est tel que des groupes illégaux de « nettoyage » se forment. Les « Drew », par exemple, constitués de trois jeunes filles qui veulent s’amuser avant d’être zombifiées.


« Romero Rekill Special Unit » en action


Bien décidé à trouver les causes de ce mal étrange, un savant fou s’est retranché dans son labo pour mener à bien ses expériences. Pour cela, il aura besoin de cobayes mais aussi, et surtout, d’une protection efficace contre les « STACY » qui rôdent un peu partout. Au cours de ses recherches, il découvrira une mystérieuse poudre blanche et parviendra même à trouver les causes de ce mal étrange. Je ne vous dévoilerai pas le fin mot de l’histoire pour vous laisser le plaisir de la découverte (mais aussi par peur de finir comme le savant :-) )


Le savant en plein travail


Ce grand n’importe quoi vaut son pesant de cacahuètes ! C’est surtout un prétexte pour s’acharner joyeusement sur de jeunes lycéennes en costume « traditionnel », une cible récurrente de la culture japonaise. En ce qui concerne les effets spéciaux et le maquillage, ne cherchez pas de trucages numériques onéreux, car il s’agit ici de poches de sang, de mannequins et d’abats. Malgré cette production quelque peu fauchée qui donne un sympathique cachet « trashy » , l’ensemble est plutôt réussi. Un rythme un peu plus soutenu à la « Versus » n’aurait toutefois pas été de refus. Autre point noir, le dénouement de l’histoire est très discutable et ne plaira pas à tout le monde. Il donne une touche trop « teenage » et une conclusion « bon enfant » dont on aurait pu se passer ! Le thème principal de la bande originale est gentillet et les morceaux heavy metal conviennent à merveille aux scènes de « dézingage ».


Tiens, un zombie en écolière avec des couettes !


Ce film est incontestablement destiné aux hommes. Pourquoi seules les jeunes filles sont-elles touchées par ce mal étrange ? De surcroît, pourquoi sont-elles si jeunes ? Et pourquoi ne s’attaquent-elles à priori qu’aux hommes ? On peut comparer cette zombification aux premiers émois charnels et à l’ouverture sur la vie sentimentale à la fin de la puberté. Après une phase d’euphorie et de joie intense, la N.D.H., les « STACY » deviennent incontrôlables pour ensuite s’attaquer aux hommes et se délecter de leur chair. La mort étant un passage obligé. D’ailleurs, l’orgasme n’est-il pas appelé « la petite mort » ? Par ailleurs, que penser de la scène où, submergés par les « STACY », un milicien fait son « coming out » en avouant à un collègue qu’il se sent attiré par lui ? Le dégoût des « STACY » et donc des femmes en général est manifeste. Quand je vous disais que c’était un film d’hommes !


Rêve ou cauchemar ?


Le film de zombies est un genre à part entière et ne peut échapper à l’influence du Dawn of the Dead de George Romero. Cette influence est ici ouvertement revendiquée par la voie de cette unité spéciale chargée d’éradiquer les « STACY ». Par ailleurs, le choix de la tronçonneuse comme arme appropriée pour se débarrasser des zombies n’est à mon avis pas anodine. L’humour est aussi très présent avec la réelle planification de l’éradication des « STACY » (unités spéciales, messages publicitaires pour le recrutement, ramassage sélectif des restes…) et les initiatives individuelles (téléachat très spécial qui nous vante les mérites de la nouvelle « Right Hand 2 », le groupe des « Drew »…).


Le meilleur ami de l’homme : la tronçonneuse !


Alors, ne boudez pas votre plaisir et restez sur vos gardes !

Umungus

Fiche technique :
Réalisateur : Naoyuki Tomomatsu
Pays : Japon
Année : 2001
Interprètes : Tomoka Hayashi, Yukijiro Hotaru, Natsuki Kato, Seigi Nogami, Toshinori Omi, Kendi Ootsuki, Hinako Saeki, Youji Tanaka, Donbei Tsuchihira, Yasutaka Tsutsui, Shungiku Uchida
Scénariste : Naoyuki Tomomatsu, d’après la nouvelle de Kenji Otsuki
Compositeur : Tokusatsu
Producteurs : Gaga Communications
Durée : 80 min
Support : DVD Synapse Films, en japonais, sous-titres anglais, grand écran anamorphosé 1.78:1, Dolby stéréo 2.0, toutes zones NTSC