Culture

Les Kumaris : Qui sont-elles et mode de vie

Les Kumaris sont des filles prépubères minutieusement sélectionnées et considérées comme des déesses. Ce sont les déesses vivantes issues de l’ethnie Newar du Népal. Comment se déroule leur vie avant et après leur règne ?

La vie de déesse

Le peuple Newar est une exception au Népal. Représentant 5% de la population, il vit uni dans des traditions communes qui dépassent le clivage entre les religions bouddhiste et hindouiste. La Kumari est l’exemple le plus frappant de la cohabitation des deux religions.

En effet, les Newars vénèrent cet enfant-dieu, une petite fille issue d’une famille bouddhiste, mais habitée par une déesse hindoue nommée Durga.

L’enfant est choisie à l’âge de 4 ans environ par un brahmane hindou pour incarner la divinité jusqu’au moment de sa puberté. Elle est vénérée à la fois par les bouddhistes et les hindous.

La tradition veut que le règne prenne fin lorsqu’une goutte de sang s’échappe du corps de la jeune fille. Ce moment est souvent marqué par l’apparition des premières règles, car la vie de « princesse » menée par la Kumari ne lui donne pas d’occasion de se blesser et donc de saigner.

La Kumari vit dans son palais selon un règlement strict. Elle a une alimentation particulière excluant certaines denrées telles que les œufs de poules, le poulet et le poisson. Un lieu de culte lui est spécialement aménagé et elle y reçoit ses fidèles. Elle ne sort de son palais que très rarement et le cas échéant, elle se fait porter par quelqu’un ou sur un palanquin, car le sol impur ne doit pas entrer en contact avec ses pieds de déesse.

La légende raconte que Durga est une redoutable guerrière créée par les dieux hindous pour les protéger d’un démon qu’ils ne pouvaient vaincre. Le couple formé par Durga et le roi incarnait le centre de l’univers. Ils jouaient souvent aux dés. Lorsque la reine les surprit un jour, Durga s’enfuit sans plus ne jamais se retourner.

Elle réapparut en songe au monarque pour lui révéler qu’elle se réincarnerait dans la chair d’une petite fille dont 32 signes distinctifs permettraient de la reconnaître. Ainsi, les Kumaris se succèdent au cours des siècles, mais la déesse reste inaccessible.

Les 32 signes de distinctions de la Kumari sont des critères pour la plupart physiques. Elle doit avoir :

  • les dents blanches ;

  • de longs orteils ;

  • des talons proportionnés ;

  • Des pieds proportionnés ;

  •  le corps en forme de feuille de saptacchata ;

  • le corps proportionné comme un nyagrodha ;

  • un corps pur ;

  • une ligne sous la plante des pieds en forme de cercle ;

  •  les pieds et les mains doux et délicats ;

  • les pieds et les mains comme un canard ;

  •  une belle ombre ;

  • une ombre dorée ;

  • les pores de la peau bien délimités ;

  • des cuisses comme celles d’un daim ;

  • les organes sexuels enfoncés dans le bassin ;

  • de longs bras ;

  • la voix grave comme celle d’un moineau ;

  • les cheveux raides et tournés vers la droite ;

  •  les cheveux noirs ;

  • la poitrine comme celle d’un lion ;

  • les épaules rondes ;

  • le cou comme une conque ;

  • le front large et proportionné ;

  •  la tête ronde ;

  • les yeux noirs ;

  • une langue humide ;

  • une langue petite et proportionnée ;

  • les cils comme ceux d’une vache ;

  • les joues comme un lion ;

  • les dents proportionnées ;

  • 40 dents ;

Le retour à la normale

Les Kumaris vivent la puberté de façon assez brutale en raison de la fin de leur règne. Elles sont contraintes d’abandonner cette vie particulière qu’elles ont toujours vécue pour commencer une vie normale qu’elles n’ont jamais connue.

La vie d’idole qu’elles ont menée jusque-là fait qu’elles ne reçoivent pas l’éducation nécessaire à la vie quotidienne normale. Elles sont dépendantes des autres pour les moindres tâches comme se vêtir, se nourrir ou même marcher. Elles n’ont pas d’instruction de base pour leur permettre d’étudier.

Certaines superstitions veulent que les hommes qui les épousent soient condamnés à une mort précoce. Elles finissent donc parfois seules et délaissées.

Certaines associations ont alors décidé d’intervenir pour aider les anciennes Kumari à s’intégrer et apprendre à vivre normalement. Pour améliorer cette tradition Newar, elles encouragent l’instruction de base durant leur règne et une éducation minimum pour réduire le choc psychologique provoqué par la fin de celui-ci.

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Emmanuel

Fan de la culture asiatique, j'ai passé 4 ans de ma vie en Asie, dont 2 ans en Chine. A travers ses articles, je relate mes expériences et souhaite partager la culture asiatique aux lecteurs !

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