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Anbe Sivam

Anbe Sivam

Anbe Sivam naît de la rencontre entre le jeune Anbarasu (Madhavan) et Nallasivam (Kamal Hassan), un homme balafré, boiteux mais perpétuellement de bonne humeur, et dont la présence d’esprit a vite fait de l’énerver. Ils se rencontrent pour la première fois à l’aéroport de Bhubaneshwar, alors que tous les vols pour Chennai (Madras) sont annulés à cause de la mousson. S’ensuit un long voyage par la route où ils seront forcés de se côtoyer et vont apprendre à se connaître. Au contact de Nallasivam et de ses idées, Anbarasu va beaucoup apprendre sur lui-même, sur l’amour, sur la vie en général et s’en trouver radicalement changé à son arrivée à Chennai.

Voilà encore un film difficilement classable, à la croisée de plusieurs genres. La narration est bien maîtrisée, elle alterne un panel étonnant de genres, tout à tour excellente comédie, film social, histoire d’amour contrariée, road movie, drame humain bouleversant... mais ce qui domine au final est le road movie initiatique, grâce à l’évolution d’Anbarasu au contact de Nallasivam. Ce sont les acteurs qui permettent en grande partie de donner une unité à tous ces éléments. Kamal Hassan aussi bien que Madhavan sont excellents dans leur rôle respectif.

Kamal Hassan interprète un syndicaliste communiste, amoureux de la fille de son patron. Cette histoire finit très mal, et il manque de périr dans un spectaculaire accident de bus. Il en réchappe miraculeusement, mais se retrouve boiteux, balafré, la mâchoire brisée, totalement myope, bref physiquement brisé. Pourtant il n’en veut à personne et accepte son sort. Il développe une philosophie de vie selon laquelle "Pour les croyants, Dieu est Amour, mais pour les athées, c’est l’Amour qui est le Dieu (=Anbe Sivam)". Cette phrase résume bien l’idée générale de ce film et le message que Kamal Hassan veut faire passer. Il propose une réflexion sur ce qu’est l’Amour et son rapport à Dieu.

Dans ce personnage difficile bien que taillé sur mesure (le scénario est écrit par Kamal Hassan lui-même), l’acteur se révèle -sans surprise- très bon. Il joue un vrai personnage, lui trouve des gestes et des attitudes propres qui le rendent totalement crédible. Dans les passages de comédie, il fait preuve d’un bon timing qui rend les scènes efficaces et, dans les passages dramatiques, d’une conviction qui ne manquera pas de tirer des larmes aux plus insensibles. Cependant, son personnage est développé au cours d’un flash back un peu trop long. Il permet de comprendre ce qui a rendu Nallasivam tel qu’il est et, effectivement, change totalement notre vision du film à l’instant où le flash-back se termine. Mais il développe tellement de pistes inutiles qu’on se demande s’il n’aurait pas pu constituer un film à part entière. Tout cela concourt à étoffer le personnage de Nallasivam, qui apparaît au final comme quasi-légendaire, venu pour aider les gens sans rien demander en retour et qui, une fois sa tâche, accomplie s’en va tranquillement vers de nouveaux horizons.

Anbarasu, d’abord énervé par cet individu qui n’a de cesse de lui montrer ses erreurs, va essayer de s’en débarrasser, mais le destin le remettra systématiquement sur sa route. Il va peu à peu l’accepter, apprendre à le connaître et progressivement évoluer. Dans ce rôle qui peut paraître ingrat au vu de l’importance du personnage principal, Madhavan est la surprise du film : il a autant de présence que Kamal dans un rôle pourtant moindre. Parfaitement crédible dans son personnage de jeune homme moderne, il se révèle aussi vraiment drôle dans les scènes de comédie. Son jeu nuancé très à propos permet de saisir tous les changements qui s’opèrent en lui au cours du voyage. Il sait quand il le faut donner une réelle profondeur à son personnage, solide en apparence mais fragile à l’intérieur.
Parmi les actrices, on notera la bonne performance de Kiran. Elle montre qu’elle peut aussi bien jouer dans des rôles non glamour et fait honneur à son personnage.

En ce qui concerne la musique, elle est jolie et se laisse écouter agréablement, mais dans l’ensemble ne vous restera pas en tête à la fin du film... Les chansons sont bonnes, sans plus, mais leur mise en image intéressante aide beaucoup. On ne peut pas dire qu’elle justifie à elle seule le fait de voir le film, mais au-moins elle le sert correctement. On retiendra surtout la chanson titre et thème du film, qui accompagne les moments clés ainsi que le générique de fin, dont la superbe mélodie alliée aux voix envoutantes de Kartik et Kamal Hassan lui-même reste, elle, longtemps en tête. Son utilisation et sa conception n’est d’ailleurs pas sans rappeler la berceuse en-tête « Thenpandi Seemayile » du chef d’oeuvre de Mani Ratnam Nayakan, où Kamal Hassan chantait aussi. La photographie quant à elle est soignée, et certains décors valent vraiment le coup d’œil, comme le lac dans la chanson « Poo Vaasam ». Les chorégraphies ne sont pas bouleversantes, en revanche, le film contient de belles scènes de combat chorégraphiées, où Kamal Hassan dégomme impitoyablement la bande de sbires de son patron, aidé de son seul parapluie (ce qui n’est pas sans rappeler Il était une fois en chine).

La filmographie de Kamal Hassan alterne régulièrement, et depuis un moment déjà, les films grand public purement commerciaux et des films plus exigeants où il n’hésite pas à se remettre en question et à prendre des risques. Si Anbe Sivam appartient indéniablement à cette dernière catégorie, ce n’en est cependant pas le meilleur film. On lui préférera largement un film comme Virumaandi qui, dans la même tendance à l’exercice de style narratif, est autrement plus fort et réussi.
Anbe Sivam peut donc déconcerter par la variété des genres qu’il aborde, il peut aussi nous faire décrocher à cause d’un flash back interminable, mais les performances d’acteurs et le sujet original nous tiennent en haleine. Le couple Kamal Hassan - Madhavan fonctionne à merveille, et voir deux si grands acteurs à leur meilleur niveau est déjà une raison en soi pour voir ce film. De plus le genre du road movie n’a été que rarement abordé dans le cinéma indien, le dernier qui me reste en mémoire serait le film hindi Road. Le message que Kamal Hassan cherche à transmettre via ce film a aussi de quoi motiver, il sort des poncifs des films habituels pour proposer une réflexion vraiment intéressante.

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :

Réalisateur : Sundar C.

Pays : Inde (tamoul)

Année : 2003

Interprètes : Kamalhassan, Madhavan, Kiran, Nasser

Scénariste : Kamal Hassan

Dialogues : Madhan

Directeur de la photographie : Arthur Wilson

Compositeur : Vidyasagar

Directeur de combat : Vikram Dharma

Producteurs : K. Muralitharan, V. Swaminathan, G. Venugopal

Durée : 150 min

Support : DVD Ayngaran, toutes zones NTSC, son Dolby digital 5.1 + DTS, image 16:9 anamorphique, sous-titres anglais

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