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Bangkok Dangerous

Bangkok Dangerous

Précédé d’une réputation tapageuse, Bangkok Dangerous se doit d’être pris avec précaution. À l’heure actuelle, les journalistes spécialisés cinéma asiatique ne jurent apparemment que par les frères Pang. Ayant vu récemment Nothing to Lose de Danny Pang, je ne pouvais qu’espérer mieux, puisque que ce dernier co-réalise ici avec son frère Oxide. Le polar reste encore le thème de prédilection quand on veut se faire connaître... mais que peut-on faire de plus que les polars de HK que nous avons eus ces dernières années ?

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Image décolorée à la caméra de surveillance, effet réaliste garanti.

Les premières images du film annoncent déjà la plastique de l’ensemble. On assiste à un assassinat dans un sanitaire. L’image est en gris neigé, une imitation d’une caméra de surveillance. On impose un réalisme immédiat. On pourrait même croire à l’image d’un reportage télévisé. Le film se veut donc sérieux et sombre. Le générique se déroule selon l’écoulement sanguin de la victime. Cette hémoglobine qui chemine et ruisselle sur le carrelage... On tient la deuxième volonté du métrage : mettre l’accent sur le graphisme. On comprend vite que le film sera visuellement intéressant. Oxide et Danny Pang feraient-ils partie de ces réalisateurs qui ont commencé leur carrière à la télé ? En tout cas, Danny Pang, monteur sur Stormriders, pourrait nous promettre un déluge esthétique hors du commun.

La justification de ce torrent visuel s’appuie sur le fait que Kong, le personnage principal du film, est sourd et muet. On amplifie tout ce que son oeil peut ressentir. Et cet œil et le nôtre seront évidemment mis à contribution à de nombreuses reprises. Le métier de Kong est l’assassinat. Nous aurons donc tout un chapelet d’émotions transmis à travers des effets visuels à chaque fois qu’il tue. Flous, ralentis, brûlures sur la pellicule, cadrages non conventionnels, toute la grammaire du graphiste d’images animées défile. On semble jouir de nous présenter toutes ces trouvailles esthétiques à chaque plan. L’œil est constamment trimballé d’un bout d’écran à l’autre. Il subit aussi des effets de couleurs et de mouvement. On passe parfois au noir et blanc, voire au sépia (flash back), pour virer au rouge pour le sang. On tangue, on titube, on accélère ou on ralentit : une odyssée vertigineuse qui demande constamment un effort de lecture.

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Les gros plans sont légions

Pendant ce temps, on a l’impression que le scénario n’avance pas ou peu. Les personnages n’ont pas vraiment de dialogues détonants. Évidemment, le héros est muet ;o). Même le dialogue par les signes, qui peut être très expressif visuellement, est escamoté. Les interactions entre les personnages rappellent encore trop le mièvre des séries télévisées. Étonnant comme le non-verbal est totalement oublié au profit de la débauche visuelle (montage épileptique, images surtravaillées) pour le spectateur. On aurait pu voir toute une communication basée sur le visuel entre le personnage principal et les autres. Mais rien de cela n’est traité. Finalement, malgré un lourd passé, Kong reste encore très insignifiant, effacé et finalement inintéressant.

La narration alambiquée par l’image et l’inspiration des meilleurs polars de H.K. (on a droit à l’harmonica du Killer de John Woo !) aurait mérité un scénario plus élaboré ! Sans cela, il n’y a que de l’esbroufe ! Un polar d’auteur, voilà ce qu’est Bangkok Dangerous. On s’amuse avec d’audacieux cadrages, de gros plans et la lumière. Tout cela n’a pas forcément d’unité, et ce brouillon manque de style. Les recherches de mise en scène élaborée (on pousse l’effet Koulechov dans ses retranchements les plus modernes ?) et d’éléments graphiques sont censées donner de l’effet, pourtant, cela devient vite lourd et aussi ennuyeux que le scénario lui-même. Porter un petit collier avec dix gros diamants incrustés est du plus mauvais goût. Pour ceux qui ont vu A Man Called Hero d’Andrew Lau, la scène de la vengeance des parents du héros est à l’identique celle de la scène de vengeance du maître du héros dans Bangkok Dangerous. Le traitement en montage et en effets graphiques est le même !!! Pour mémoire, Danny Pang a travaillé comme monteur sur Stormriders et, évidemment, sur A Man Called Hero.

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Encore une image composée à l’extrème.

Le seul intérêt du film réside dans une approche de fin assez intéressante. Pour une fois, on nous offre quelque chose d’original que je vous laisse découvrir.

Bangkok Dangerous ne révolutionne pas le polar, ni ne subjugue visuellement comme il veut le faire. Ce qui me reste dans l’esprit, c’est une esbroufe de mise en scène... ratée. Là où John Woo ou Tsui Hark avaient du « chien », ici, on a l’impression de voir le travail d’étudiants en cinéma. Les frères Pang se cherchent encore à mon avis. Je suis assez attaché viscéralement au cinéma de genre, ce qui explique mon aversion pour le cinéma d’auteur... ;o). Toutefois, je suis prêt à regarder d’autres productions de cette famille pour changer d’idée.

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Fon dans la pluie, c’est un pléonasme ;o).

Le film est sorti en Thaïlande sous le titre de Meu Peun, soit « Main armée » ou « Pistolet », synonyme de tueur à gages. Le titre « The Killer » pourrait mieux convenir que Bangkok Dangerous.
Le métier de tueur n’est plus ce qu’il était ;o).

P.-S.

Fiche technique :
Réalisateurs, monteurs : Danny et Oxide Pang
Nés en 1965, les jumeaux Danny et Oxide Pang débutent tous deux leur carrière à Hong Kong. En 1985, Oxide trouve un poste de coloriste au Hong Kong Centre Digital Pictures. Il s’installe à Bangkok en 1992, devient coloriste chez Kantana Film, la première société de post-production de la ville, et travaille régulièrement pour la société d’effets spéciaux Oriental Post Co. En 1997, il réalise un premier long métrage expérimental Who’s Running, salué unanimement par la critique asiatique. Pendant ce temps, son frère Danny mène une carrière de monteur et travaille sur des projets tels que Stormriders 1 & 2 ou A Man Called Hero. en 2000, les frères Pang unissent leur compétence pour écrire, réaliser et produire leur premier long métrage, Bangkok Dangerous, qui est présent en compétition au festival de Cognac 2001. L’année suivante, ils co-écrivent et mettent en scène leur deuxième, The Eye.
Pays : Thaïlande
Année : 2001
Interprètes : Pavarit Mongkolpisit (Kong), Premsinee Ratanasopha (Fon), Patharawarin Timkul (Aom) Pisek Intarakanchit (Jo), Korkiate Limpapat, Piya Boonnak...
Producteurs : Nonzee Nimibutr
Durée : 105 min

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