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Casshern

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Explosive et ambitieuse, cette adaptation du manga Casshan des années 70 en film « live » ne se refuse aucune expérimentation visuelle, employant même des effets spéciaux numériques du niveau d’un « blockbuster » américain, mais avec un véritable sens artistique... Des images de synthèse sans lesquelles il aurait été de toute façon impossible de filmer ce que l’histoire raconte.

Pour résumer, disons qu’une sorte de docteur Frankenstein des temps modernes crée une forme de vie artificielle. Ces êtres mi-zombies mi-machines sont d’abord rejetés par l’humanité qui les juge contre-nature et tente de les exterminer. Quelques survivants, guidés par un leader très déterminé à se venger, contre-attaqueront et créeront une armée de robots dévastateurs pour écraser à leur tour les humains.

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un univers de « dark fantasy »



Le fils du savant, mortellement blessé pendant le réveil des êtres artificiels, est sauvé en étant placé dans la cuve régénératrice ayant servie à leur résurrection... Il devient alors le « Casshern », un hybride humain-machine invincible, recouvert d’une armure comme d’une seconde peau métallique, seul rempart contre l’extermination de l’humanité par les robots...

Le scénario est cependant moins simple qu’il n’y paraît au premier abord. Il multiplie les intrigues secondaires avec de très nombreux personnages tous intéressants et, surtout, nous surprend par une morale non manichéenne, inattendue dans un contexte de super héros et de méchas géants.

L’univers de « dark fantasy » proposé est le point fort principal. Tout concourt à créer une ambiance originale entre « space opera » à la Star Wars et machineries du début du siècle à la Jules Verne, les vaisseaux volants comme les titanesques guerriers d’acier sont faits de cuivre rutilant, de pistons et d’engrenages dorés.

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des engins « antigravitiques »



La mise en scène est étrange, inclassable. On dirait qu’elle fait l’équilibre entre « blockbuster » vitaminé et film d’auteur esthétisant. Il y a des longueurs contemplatives et de fulgurants morceaux de bravoure qui explosent les rétines, mais on ne ressent pas pour autant un problème de rythme, disons que le film possède son rythme bien à lui...

Il est évident en voyant l’incroyable photographie de Casshern que ce film ne pouvait être fait qu’au Japon, pays où le cinéma underground est si vivant (par les « V movies » entre autres), une situation qui permet à un métrage de ce calibre et de ce budget d’être aussi expérimental dans sa forme... Partout ailleurs, on aurait freiné le réalisateur en l’amenant à des images plus polies, plus simples, plus « grand public » !

Mais ici, on ressent vraiment une inspiration des films en noir & blanc, par exemple, de Tsukamoto (comme Tetsuo) ou de Miike (comme Zebraman), mélangée à l’envie de rendre réels les délires visuels les plus inadaptables d’un manga comme Astro-boy ou toutes les histoires de méchas qui ont suivi jusqu’à nos jours.

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le réveil des zombies-machines



La direction de la photo nous offre dans une même scène des plans en noir & blanc hyper contrastés, des plans en couleurs chaudes et dorées, avec une lumière douce (comme dans Avalon de Oshii, autre inspiration évidente), ou d’autres en couleurs saturées, légèrement surexposés, pour les mouvements les plus dynamiques... Et cela ne donne pas une bouillie visuelle puisque c’est toujours réfléchi en fonction de l’impact émotionnel du plan, un travail d’orfèvre magnifié par des cadrages dignes d’une B. D.

Les décors sont tous artificiels, donc réalisés en studio ou en images de synthèse la plupart du temps. Ils représentent plus un cadre surréaliste, fantasmagorique, qu’un univers de SF réaliste où l’on aurait des repères concrets : la famille du savant semble vivre dans une serre, les énormes avions de l’armée contiennent de véritables camps militaires entiers, et le tout baigne dans une nuit quasi perpétuelle.

Les costumes sont tout aussi audacieux, avec une mention particulière pour l’être artificiel qui porte un manteau en fourrure blanche veloutée, vraiment très chic pour un soldat !

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les méchas en pleine action



Le look du héros a été très travaillé. On est loin des ridicules armures rutilantes des X-or et autres Ultraman. Ici, pas de couleurs « flashys ». Blanc-gris, un peu sale, un peu rouillé, le héros ressemble davantage à un mutant mécanique qu’à un super héros ayant revêtu un costume, et son demi-casque se rabattant comme une visière lui donne vraiment un air des plus agressifs.

Les effets spéciaux sont exceptionnels. Ils vous cloueront sur votre siège pendant les chorégraphies de combat si rapides qu’elles imposent à elles seules une deuxième vision du film ! Dommage cependant qu’il n’y ait pas davantage de bagarres entre Casshern et l’armée de méchas, car les duels avec les êtres artificiels sont plus convenus (quoique impressionnants).

La musique est très, très réussie, et c’est un atout indispensable pour un bon film. Là, on est surtout saisi par l’éclectisme, puisqu’on a droit autant à des airs nostalgiques de classique au piano qu’à de la techno furieuse ou à des riffs de guitare rock industriel, en passant par des mélodies symphoniques sérielles avec des chœurs, voire carrément de l’opéra. Le moment du réveil des zombies-machines est particulièrement savoureux grâce à une musique dramatique déchirante, tout en crescendo, et l’on comprend bien alors que le film démarre réellement !

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Casshern face aux méchas



L’interprétation, par contre, est plus étrange. Si certains font dans la démesure, d’autres sont plus en retenue. Parfois c’est trop froid, et on décroche lors de longs dialogues... Mais le héros et sa némésis se la donnent bien et captivent notre attention par leur charisme (surtout le « bad guy » aux circonstances atténuantes).

En conclusion, il faut voir Casshern, car c’est « autre », c’est rare en SF. Ce n’est pas simplement « bien fait » comme le manga coréen Wonderful Days, mais vraiment réalisé avec les tripes en prenant des risques. Vivement une sortie cinéma.

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Casshern coupe un mécha en deux à mains nues !


NDRL : le DVD est déjà disponible dans le Paris 13, en import et donc hors de prix.

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur, directeur de la photographie, monteur : Kazuaki Kiriya
Pays : Japon
Année : 2004
Interprètes : Yusuke Iseya, Kumiko Asou, Akira Terao, Kanako Hiquchi, Fumiyo Kohinata, Hiroyuki Miyasako, Mayumi Sada, Jun Kuname, Hidetoshi Nishijima
Scénaristes : Kazuaki Kiriya, Dai Sato, Shotaro Suga
Superviseur des effets spéciaux : Toshiyuki Kimura
Superviseur des séquences numériques : Haruhiko Shono
Superviseur des scènes d’action : Shinji Higuchi
Compositrice (chanson thème) : Utada Hikaru
Producteurs : Hideji Miyajima, Toshiharu Ozawa, Toshiaki Wayakabayashi
Durée : 141 min
Support : DVD Shochiku Home Video - Ultimate Edition (3 DVD), en japonais, sous-titres anglais, NTSC zone 2

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