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Au dix-neuvième siècle, un journaliste américain (Billy Drago) retourne au Japon pour rechercher Komomo, une femme dont il est amoureux et qu’il avait abandonnée. Dans un bordel situé sur une île, il fait la connaissance d’une prostituée défigurée qui lui dit avoir bien connu Komomo. Elle lui raconte ce qu’elle sait sur elle...

Réalisé par Takashi Miike, le pape du cinéma trash japonais contemporain, Imprint est un moyen métrage commandé par la chaîne américaine Showtime dans le cadre de la série Masters Of Horror, pour laquelle on a donné carte blanche à quelques-uns des plus célèbres réalisateurs de films d’horreur (Dario Argento, John Carpenter, et bien d’autres) pour réaliser un épisode d’une durée d’une heure. Diffusée à partir d’octobre 2005 sur la chaîne, la série s’est vu toutefois amputée de la contribution du Japonais (l’unique cinéaste asiatique du lot) jugée trop violente, même pour un film d’horreur.

Qu’en est-il donc réellement ? Cette « interdiction » de diffusion télé est avant tout une bonne publicité pour le film qui, si l’on connaît déjà un tant soit peu l’œuvre de Miike, n’est tout de même pas aussi brutal que ses meilleurs films (Audition, ou son chef-d’œuvre Ichi The Killer), bien qu’il soit naturellement très violent pour une (co)production américaine. Ceux qui ne s’intéressent à Imprint que pour ses qualités de provocation seront peut-être légèrement déçus : car si la scène de torture féminine est impressionnante de réalisme, on remarque dans l’ensemble du film que la « violence gratuite » coutumière du réalisateur est tempérée par l’utilisation du hors-champ (notamment dans les scènes d’avortement), un procédé fréquent à Hollywood, mais qui surprend de la part de l’artiste amoral par excellence qu’est Miike, qui d’habitude montre tout au spectateur en plein cadre, aidé par d’efficaces trucages live combinés aux effets spéciaux (les nombreuses scènes de mutilations dans Ichi The Killer par exemple), deux techniques qu’il emploie encore une fois dans Imprint mais dans une moindre mesure. Peut-être un parti pris de modération, conscient ou pas, parce que le film est destiné à un public américain ? Toujours est-il que cette fois-ci, il a opté pour un film d’épouvante plus classique.

Et le scénario aussi est structuré de façon classique : la majeure partie du film, en effet, est constituée de trois flashbacks successifs narrés par la prostituée, chacun rectifiant des éléments du précédent, ce qui rappelle Rashomon d’Akira Kurosawa, dans lequel une même histoire est racontée sous plusieurs angles différents avec des variantes. L’emploi de ce procédé de Rashomon, l’un des premiers films asiatiques à être reconnus en Occident, est aussi un bon moyen pour Miike de vulgariser son cinéma auprès d’un public occidental, en utilisant un type de narration qui pourrait être familier à ce dernier (le cinéma américain a déjà usé et abusé de cette technique narrative, comme dans Usual Suspects).

Bien que le film soit bizarrement entièrement tourné en anglais (un compromis commercial de la part de ce cinéaste anarchiste, un comble !), ce qui enlève beaucoup de charme à l’histoire, Imprint est assez riche et ambitieux, et Miike nous confirme qu’il se débrouille très bien avec un petit budget. Il alterne en effet l’horreur organique à la Cronenberg (qui avait filmé une scène d’accouchement dans La Mouche), avec notamment une fascination pour les fœtus, corps étrangers que l’on extirpe d’un autre corps (une thématique qu’on rencontrait déjà dans Gozu), et l’épouvante plus psychologique, avec des scènes finales hallucinatoires impénétrables où l’on ne comprend plus très bien si les images que l’on voit à l’écran sont réelles, ou bien si elles existent seulement dans la tête d’un ou de plusieurs des personnages, qui seraient affectés de troubles de la personnalité, et que c’est au spectateur de les déchiffrer (on pourrait appeler ce procédé « schizo-film à clés », tout comme Fight Club).

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Miike entouré de ses deux héros

Certes, si l’on ajoute à cela l’étrange et passionnant acteur de série B Billy Drago (surtout connu pour son rôle du gangster Frank Nitti dans Les Incorruptibles), ainsi que le mélange improbable de gore, d’expérimentations (l’éclairage vert de la scène finale) et de costumes d’époque, le film est souvent plus grotesque que réellement effrayant, un peu comme le cinéma d’exploitation nippon sadique des années 70, dont le prolifique Miike est le digne héritier. Imprint n’est donc pas complètement abouti, mais cela reste un petit film d’horreur soigné et bourré d’idées, d’une certaine finesse malgré tout, moins confus que d’autres productions de son réalisateur (comme la trilogie des Dead or Alive par exemple), mais presque aussi excessif et décomplexé, imparfait et grand-guignolesque, c’est-à-dire typique de Miike, dont c’est plutôt, mine de rien, l’un des meilleurs films, peut-être le meilleur depuis Gozu (2003). Pas mal pour un film de commande !

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :

Réalisateur : Takashi Miike
Pays : Japon / U.S.A.
Année : 2006
Interprètes : Billy Drago, Youki Kudoh, Michie Itô, Toshie Negishi
Scénariste : Daisuke Tengan, d’après le roman « Bokkê, Kyotê » de Shimako Iwai
Directeur de la photographie : Toyomichi Kurita
Compositeur : Kôji Endô
Producteurs : Keith Addis, Andrew Deane, Mick Garris
Durée : 63 min
Support : DVD américain Anchor Bay, VO anglais, ou bien DVD Midget Entertainment PAL multizone ; sortie française « espérée » dans le cadre de la série « Masters Of Horror » !

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