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On Shanti Om : un autre avis

On Shanti Om : un autre avis

« For some dreams, one lifetime is not enough » [Pour réaliser certains rêves, il faut plus d’une vie] clamait la bande annonce de Om Shanti Om, car la réincarnation est la pierre angulaire du scénario. D’autres films indiens avaient auparavant construit leur script en se basant sur cette croyance fondamentale de l’hindouisme comme Karan Arjun de Rakesh Roshan (1994) ou Karz de Subbash Gai (1980), dont la chanson « Om shanti Om » donne son titre au film de Farah Khan qui lui rend hommage.

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la magie du cinéma

En 1977, Om Prakash Makhija (Shah Rukh Khan) est un jeune acteur des studios de Bombay, dont la carrière se limite encore à des rôles de figuration, en dépit des prédictions de sa mère (Kirron Kher), laquelle est persuaduée qu’il sera un jour une grande vedette. Om est éperduement amoureux de Shantipriya (Deepika Padukone), fille de ses rêves, mais aussi grande actrice du moment dont il va voir les films en s’imaginant qu’il danse avec elle ou qu’il lui donne la réplique. Par un concours de circonstances, Om sauve la belle en proie aux flammes sur un plateau de tournage. Grâce à la complicité de son fidèle ami Pappu Master (Shreyas Talpade), il se fait passer auprès d’elle pour un célèbre acteur du sud. Il réalise enfin son rêve : son humour séduit la star qui accepte de passer une soirée avec lui. Hélas, Shantipriya cache un lourd secret qui brisera le cœur de Om et qui sera fatal pour tous les deux...

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une fille de rêve

La roue tourne... En 2007, Om Kapoor (Shah Rukh Khan) est le dernier rejeton d’une célèbre lignée d’acteurs comme il en existe à Bollywood. Star adulée du public et choyée par les producteurs, il excelle dans les rôles romantiques pour lesquels il est reconnu et célébré par ses pairs. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, si Om n’avait une phobie du feu, assez gênante dans son travail, et s’il n’était hanté par d’étranges visions qu’il ne peut expliquer. Par ailleurs, une vieille femme se prend à le harceler en prétendant qu’il est son fils. Il comprend alors qu’il n’est pas Om Kapoor, mais Om Prakash réincarné. Grâce à l’aide de sa mère, de son complice de toujours et de Sandi (Deepika Padukone), une groupie qui ressemble étrangement à Shantipriya, il entreprend d’élucider les circonstances de sa mort, dans laquelle un certain Mukesh Mehra (Arjun Rampal), le producteur des films de Shantipriya, semble impliqué.

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tu réusssiras, mon fils !

Ce film, dont l’action se situe dans le milieu du cinéma, permet à Farah Khan de faire son cinéma, de faire du cinéma avec du cinéma, alternant la parodie - registre qui lui réussit assez bien -, la comédie et le drame.
Pour la première partie, qui se déroule en 1977, elle restitue l’esthétique des années 70 dans les décors et les costumes aux couleurs acidulées, imprimés psychédéliques, pantalons pat’ d’eph’ et chemises « col pelle à tarte » et reconstitue la magie du Bollywood l’époque dans la séquence d’ouverture ou dans la séquence chorégraphiée « Dhoom taana » où Deepika, très belle avec les coiffures typiques d’alors, se livre à un superbe numéro de danse. Certains pastiches, comme cette imitation de Rajinikanth, la grande star du cinéma du sud, sont hilarants. Les séquences chantées s’insérent parfaitement dans la trame narrative du film et n’en ralentissent pas le rythme : « Ajab si » est un véritable hymne à l’amour doté d’un belle mélodie, « Main agar kahoon » permet à Shah Rukh Khan de déployer son arme de séduction imparable : la valse et « Jag soona soona », peut-être la plus belle chanson du film, interprétée par la magnifique voix de Rahat Fateh Ali Khan, vous brisera le cœur.

Après un tel festival en première partie, on s’attend à en avoir une seconde de la même trempe. Le début est sur le même registre parodique, mais sur le cinéma des années 2007. On retrouve les pastiches avec la cérémonie des filmfares et le numéro du super héros, Mohhabatman, qui porte ses sous-vêtements sur ses collants comme il se doit. Puis on a une célébration des stars et du star-system avec deux séquences chantées. Dans « Dard-e-disco », un Shah sexy et bodybuildé, soumis aux quatre éléments, s’amuse avec beaucoup d’auto-dérision et pour « Deewangi, deewangi » c’est presque tout le gotha des stars de Bollywood qui vient danser aux côtés de Om Kapoor / Shah Rukh Khan. Ces deux séquences chantées s’imbriquent peut-être moins bien dans la trame narrative du film que les autres, mais elles ont aussi leur utilité : montrer que le cinéma des années 2007 s’occupe d’avantage du corps et des muscles de la star, les producteurs ayant les yeux rivés sur le box-office, que de l’histoire, de la magie du film, etc. Ensuite, le film pâtit un peu de la mise en place de la vengeance qui donne lieu à quelques longueurs, mais finalement, la réalisatrice retombe sur ses pieds et nous livre un final exceptionnel, à l’esthétique vénitienne, digne d’un opéra baroque (y compris avec un fantôme deus ex maquina) dans la séquence « Dastaan-e-Om shanti om ».

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les masques vont tomber...

Une analyse plus poussée du film montre que Farah Khan a beaucoup travaillé son script de façon à placer son thème principal, le cinéma, à plusieurs niveaux en utilisant le procédé de la mise en abîme.
Pour la première partie, on a une mise en abîme classique qui rappelle La nuit américaine de F. Truffaut ou Singin’ in the rain de Gene Kelly. En effet, Om Shanti Om traite non seulement du cinéma, mais montre des films en cours de réalisation comme la séquence d’ouverture où l’on voit Subbash Gai qui réalise la séquence chantée intitulée « Om shanti om » de Karz. A plusieurs reprises dans cette première partie, les plans vont s’élargir pour montrer « la prise de vue de la prise de vue », comme dans cette séquence où Om tourne dans une chorégraphie de Holi et le plan élargi laisse voir le caméraman qui réalise ce plan « plongeant » que l’on retrouve assez souvent dans les séquences chorégraphiées. Lorsqu’on voit Om et ses rêves de cinéma, on ne peut s’empêcher de penser à l’héroïne de La Rose pourpre du Caire de Woody Allen, mais cette fois, ce n’est pas l’acteur qui sort du film que le personnage regarde, mais le personnage-spectateur qui se transporte dans le film et devient acteur.
Ce jeu de poupées russes, intégrant du cinéma dans le cinéma, se retrouve en deuxième partie avec « Deewangi, deewangi » où les stars de Bollywood viennent jouer leur propre rôle dans un film sur Bollywood, mais il va se faire plus complexe jusqu’à atteindre son paroxysme dans la séquence chantée « Dastaan-e-Om shanti om », climax du film. Dans cette séquence, le spectateur regarde les personnages, et plus précisémment Mukesh, qui, à son tour, regarde une chorégraphie mettant en scène l’histoire de Om et de Shanti, en particulier de leur disparition mystérieuse, elle-même mêlée à l’histoire de Om Shanti Om, film que Mukesh allait produire et où Shantipriya aurait eu le rôle vedette, alors que Om Kapoor/Prakash narrateur et danseur principal de cette chorégraphie joue la séquence qui met en scène sa fin tragique. On a là une triple mise en abîme, complexité que les dramaturges baroques utilisaient assez fréquemment et qui, plus récemment, a été reprise par Baz Lurhmann dans Moulin Rouge.

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une grande complicité

Quant aux performances des acteurs, le Shah nous livre les multiples facettes de sa palette d’acteur : très attendrissant et charmant lorsqu’il est Om Prakash, hilarant dans les numéros parodiques, inquiétant dans les face-à-faces avec A. Rampal, méga sexy dans Dard-e-disco, etc. Shreyas Talpade le seconde très bien, en particulier dans les parties comiques. Madame Kher est parfaite en mère aimante (j’entends dire qu’elle est cantonnée à ce genre de rôle depuis Devdas et je réponds c’est faux, elle joue aussi les mères maquerelles avec la même aisance dans The Rising of Mangal Pandey), très très émouvante lorsqu’elle est convaincue que cet Om Kapoor est son fils réincarné (elle me rappelle d’ailleurs Durga Singh, la mère de Karan et Arjun, interprétée par Raakhee). Deepika Padukone, malgré un rôle peu développé, est très belle avec ses coiffures des années 70, convainquante lorsqu’elle danse et s’en tire bien pour son face-à-face avec son « ordure » de producteur. Quant à Arjun Rampal peut-être arrive-t-il à mieux déployer son talent dans les rôles négatifs (ne pas jouer dans un navet aide aussi).

Ce film, bien plus élaboré et construit que le premier de la réalisatrice, Main hoon naa, n’a pourtant d’autre prétention que de divertir, ce qu’il fait avec brio, humour, auto-dérision, émotions, etc. C’est en cela un bon film que je conseillerai volontiers aux néophytes, en tant qu’exemple de massala réussi et aux ingrédients bien dosés, mais aussi parce qu’il leur donnera envie d’aller plus loin dans leur découverte du cinéma indien. Quant aux initiés, il est parfait pour une soirée entre amis où l’on veut rire aux larmes (ou passer du rire aux larmes), se déhancher sur « Deewangi, deewangi » en criant à l’apparition de nos stars favorites et fantasmer sur les abdominaux du Shah.

- voir ici l’avis d’Athama et de Kantiana sur Om Shanti Om

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur : Farah Khan
Pays : Inde
Année : 2007
Interprètes : Shah Rukh Khan, Deepika Padukone, Arjun Rampal, Kirron Kher, Shreyas Talpade et tous les "special appearances : Rani Mukerji, Zayed Khan, Vidya Balan, Jeetendra, Tusshar Kapoor, Harfan Maula, Priyanka Chopra, Shilpa Shetty, Dharmendra, Shabana Azmi, Karisma Kapoor, Amitabh Bachchan Kajol et bien d’autres.... "
Scénaristes : Farah Khan et Mayur Puri & Mushtaq Sheikh
Directeur de la photographie  : V. Manikandan
Chorégraphie : Farah Khan
Musique : Vishal-Shekhar , Javed Akhtar, Vishal Dadlani & Kumaar
Producteurs : Gauri et Shah Ruhk Khan
Durée  : 162 min
Support : Cinéma en inde, dans la banlieue parisienne française ainsi qu’à Londre.

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