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Pattiyal

Pattiyal

Succès surprise de ce début d’année, Pattiyal s’inscrit au sommet de la vague de films policiers qui déferle actuellement sur les écrans du sud de l’Inde.
Sombre, violent, social, il suit un tandem de jeunes orphelins des bidonvilles, Kochi et Selvam. Unis depuis l’enfance par une forte amitié, ils officient comme tueurs pour échapper à la misère. Leur amitié est aussi sincère que leurs personnalités sont opposées.
Kochi le macho de base est brutal et alcoolique, il protège pourtant son ami d’enfance depuis toujours. Selvam est sourd-muet, sensible mais d’une froideur implacable dans son travail. Tout deux naviguent en eaux troubles et leur situation les satisfait assez. Habitués à échapper à la mort, ils profitent de l’instant présent, sachant très bien la fin que peut leur réserver leur ‘profession’. De même, sentimentalement, lorsqu’ils croisent l’amour via Saroja et Sandhya, ils vont s’y laisser aller au maximum. Cette lueur va leur apporter l’espoir de changer de vie, mais aussi les mettre plus encore en danger dans leur quotidien, et les condamner définitivement.

Pattiyal s’inspire des films la Cité de Dieu (pour les bidonvilles) et Bangkok Dangerous (pour le tueur sourd-muet) en les remettant dans un contexte indien. Et il faut reconnaître que la greffe est une véritable réussite.
Pattiyal est un polar social. Il dépeint le milieu des laissés-pour-compte avec réalisme et parfois même une certaine crudité, en évitant tout misérabilisme. Car pauvreté et joie cohabitent, tout n’est pas forcément noir : c’est aussi ça le réalisme qui, s’il reste à l’arrière-plan d’un film avant tout destiné à divertir, est bien présent.
Pattiyal effectue un constat peu reluisant de cette jeunesse perdue, à travers son combat quotidien où devenir de petits malfrats est une solution comme une autre. Dans ce milieu, au contraire des grands syndicats du crime, ils évoluent en petites bandes désorganisées, travaillant sur contrat via des intermédiaires. Ils agissent en professionnels qui effectuent leur travail avec froideur, en calculant et préparant tout à l’avance, mais ils vivent normalement le reste du temps.

Un jour, on confie à Kochi et Selvam un contrat important, mais ils se retrouvent séparés. Inévitablement, l’affaire tourne mal. Les voila pourchassés à leur tour.

Le scénario suit un schéma classique de crescendo jusqu’à la chute fatale, rythmé par une escalade de meurtres, poursuites, bagarres, et moments plus légers, chansons, romance, qui viennent détendre l’atmosphère. Dans un souci de réalisme accru il montre les petites attentions et astuces qu’utilise ce duo pour communiquer au quotidien. Ils se parlent le plus souvent face à face, pour que Selvam puisse lire sur les lèvres. Quand ils circulent à moto, le rétroviseur est orienté pour qu’il puisse voir ce que dit son ami. Souvent dans les discussions, la caméra se focalise sur les lèvres et les yeux des personnages. Selvam a une perception différente du monde, il fait attention à des détails sensoriels qui nous échapperaient s’ils n’étaient montrés par une mise en scène appropriée, qui donne du même coup une personnalité particulière au film. Elle a la bonne idée de laisser de côté les excès habituels des films tamouls : pas de morceaux de bravoure improbables, de grands monologues ou de cascades héroïques, mais au contraire une simplicité, une sobriété qui correspond bien à celle des personnages principaux et rend d’autant plus forte la dimension sociale du film.

Tenu de main de maître par le jeune réalisateur Vishnuvardan qui signe aussi le scénario, Pattiyal est un film à la mise en scène maîtrisée et efficace, que ce soit au niveau du montage ou de l’utilisation des lumières, qui culmine dans une dernière demi-heure de haute volée entre violence et onirisme désenchanté.

Il doit une grande part de sa réussite à ses quatre personnages principaux, très bien écrits et remarquablement interprétés par quelques-uns des jeunes acteurs actuels les plus prometteurs. Bharat qui s’était déjà fait remarquer dans Kaadhal incarne de manière convaincante Selvam le sourd-muet. A la fois froid et très sensible, il est criant de vérité dans un rôle pourtant physiquement compliqué, et parvient à faire passer messages et émotions sans rien dire. Arya, la star montante, interprète avec charisme le ténébreux macho. Brut de décoffrage, avec un regard magnétique, il est parfait en anti-héros abîmé par la vie qui soigne ses blessures à l’alcool. Les rôles féminins qui viennent compléter ce carré d’acteurs sont aussi bien en vue : Pooja dans le rôle de la petite pharmacienne de quartier est très juste, et aurait même tendance à effacer un peu Padmapriya en fille des bidonvilles.


Si la mise en scène maîtrisée est d’une sobriété faussement transparente, le film est par contre techniquement vraiment réussi. Il rivalise techniquement avec les meilleurs films de Ram Gopal Varma ou Mani Ratnam, et rappellerait même Tarantino par moments. La photographie est superbe. Le travail de la caméra d’un réalisme virtuose utilise beaucoup les plans filmés à l’épaule et trouve des angles originaux.
La mise en image des chansons est alignée sur le réalisme du film : pas de montagnes suisses, tout se passe sur place, ce qui n’empêche pas de s’évader pour autant. La plupart tombent assez juste et s’intègrent bien dans la narration. La musique de Yuvan Shankar Raja est d’ailleurs indissociable du film. Elle reste parfaitement dans l’esprit du film, adhère à son énergie et surtout à sa jeunesse.

Pattiyal a souvent été comparé avec Pudhupettai, autre film policier sur fond de bidonville sorti à la même période. Mais il le dépasse par ses innovations, sa maîtrise et sa plus grande cohérence d’ensemble. De plus, là où Pudhupettai, aux prétentions plus auteuriste, prend le chemin ambitieux de l’exploration psychologique du héros, Pattiyal se concentre avec simplicité sur le drame social et le divertissement pur.
Pattiyal est donc un polar social réussi, porté par des personnages attachants. Sans prétentions, il marque pourtant durablement.
Conçu par des jeunes pour le jeune public indien, c’est un parfait exemple de ces films de la nouvelle génération qui renouvellent les thèmes habituels tout en s’intégrant totalement aux standards commerciaux classiques.

P.-S.

Fiche technique
Année : 2005
Pays : Inde (Tamoul)
Réalisation : Vishnuvardan
Musique : Yuvan Shankar Raja
Acteurs : Bharat, Arya, Padmapriya, Pooja, Kochi Hannifan
Scénario : Vishnuvardan
Producteur : Punnagaipoo Geeta
Support : Dvd Ayngaran, Grand écran anamorphosé, son 5.1, sous titres anglais français et allemand.

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