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The Eye

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Film fantastique thaïlandais, aux décors urbains mais au final se déroulant en pleine province campagnarde, The Eye, des frères Danny et Oxide Pang, joue sur plusieurs registres de la peur, tour à tour inquiétant, dérangeant, surprenant ou parfois même vraiment terrifiant.

Question frissons, ce film n’a rien à envier à des œuvres américaines comme Sixième sens, de M. Night Shyamalan, ou japonaises comme la série des Ring, et se range aussi dans cette nouvelle approche du fantastique inscrit dans un contexte réaliste.

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le handicap du titre

L’héroïne est aveugle et va retrouver la vue grâce à une opération de greffe de cornées. Découvrant tout d’abord le monde sous un jour nouveau, elle va progressivement se rendre compte qu’elle ne se contente pas de voir comme une femme ordinaire, mais qu’elle perçoit aussi visuellement des éléments émanant de l’au-delà ! Elle voit des fantômes, et curieusement, ces apparitions ont parfois lieu quelques instants avant la mort des gens concernés (contrairement à celles de l’enfant dans Sixième sens). Ayant déjà à gérer sa nouvelle conception sensorielle de tout ce qui l’entoure, elle se retrouve donc en plus avec l’incertitude de la réalité, du fantasme ou du paranormal... et la terreur permanente qui l’accompagne. Tout est lié bien entendu à l’identité mystérieuse du donneur des cornées. La fin du film accumulant les rebondissements et les effets dramatiques en surprendra toutefois plus d’un !

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Premier regard dans le miroir

Ce thème de la greffe récalcitrante est un classique du genre fantastique au cinéma, qui remonte aux Mains d’Orlac, pour se décliner en une myriade de « remakes » et de variantes, jusqu’à Body Parts, par exemple. Il s’agit toujours de transmission du mal par acquisition d’une partie du corps d’un damné (psychopathe, sadique, etc.), qui amène l’héritier de l’organe à reproduire les mêmes actes maléfiques. Ici, il n’en est pas question, puisque l’héroïne n’acquiert qu’une perception et ne subit aucune déformation de sa moralité. Cette variation apporte donc du sang neuf à un thème vieux comme la pelloche !

Avec un titre pareil, « l’œil » se devait d’être à la hauteur des enjeux liant le fond et la forme développés par son scénario. Il y parvient brillamment. Les effets de style, déployés pour nous inviter à nous identifier au regard neuf de l’héroïne, font mouche. Jeux sur la profondeur de champ et sur la netteté, hors-champ aussi présent que ce qui est cadré (vu / non-vu), la mise en scène regorge d’idées et prend le temps de les exploiter pleinement (pas de montage épileptique noyant l’impact, mais plutôt une lisibilité très efficace).

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Des fantômes à chaque coin de rue

La photographie aussi sert cette identification avec ses surexpositions après l’opération (hyper-sensibilité) et ses savants jeux d’ombres lors des fréquents passages nocturnes, qui mélangent davantage la réalité et l’au-delà. Les effets spéciaux numériques sont à ce titre remarquables, transparence évolutive des spectres, surimpressions de décors d’époques différentes, passage de fantômes à travers la matière réelle, etc. Ils sont beaucoup moins convaincants quand il ne s’agit plus d’éléments fantastiques (comme l’explosion ou le feu virtuels).

La musique pose davantage une atmosphère qu’une mélodie, en dehors d’un générique très réussi. Elle produit malheureusement souvent des ruptures de ton burlesques avec des petits airs ridicules lors des passages calmes. Plus rarement, elle devient efficace et bien flippante, couplée à des effets sonores soigneusement pensés : je peux vous assurer que vous allez sursauter. Dès que l’héroïne a conscience de ce qui lui arrive et prend en main son destin, cela fait progressivement moins peur pour devenir du fantastique plus poétique. C’est pour ça que je ne vous présente pas The Eye comme un film d’épouvante au sens strict.

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Une fin apocalyptique

L’interprétation est de qualité, bien que les personnages secondaires soient un peu fades en comparaison de l’héroïne par qui on vit tout le film. Un rôle en or pour une actrice vraiment douée.

Finalement, avec Three et The Eye, la Thaïlande s’essaie avec succès à un genre dans lequel elle n’avait pas brillé jusqu’à présent, du moins sur la scène internationale. Et c’est tant mieux. Vivement les prochains films de ces talentueux frères Pang (cf. Nothing to Lose) !

P.-S.

Fiche technique :
Réalisateurs, monteurs : Danny et Oxide Pang
Nés en 1965, les jumeaux Danny et Oxide Pang débutent tous deux leur carrière à Hong Kong. En 1985, Oxide trouve un poste de coloriste au Hong Kong Centre Digital Pictures. Il s’installe à Bangkok en 1992, devient coloriste chez Kantana Film, la première société de post-production de la ville, et travaille régulièrement pour la société d’effets spéciaux Oriental Post Co. En 1997, il réalise un premier long métrage expérimental Who’s Running, salué unanimement par la critique asiatique. Pendant ce temps, son frère Danny mène une carrière de monteur et travaille sur des projets tels que Stormriders 1 & 2 ou A Man Called Hero. en 2000, les frères Pang unissent leur compétence pour écrire, réaliser et produire leur premier long métrage, Bangkok Dangerous, qui est présent en compétition au festival de Cognac 2001. L’année suivante, ils co-écrivent et mettent en scène leur deuxième, The Eye.
Pays : Thaïlande, Hongkong
Année : 2002
Interprètes : Angelica Lee Sin-Je, Lawrence Chou, Chutcha Rujinanon, So Yut Lai, Candy Lo
Scénaristes : Jo Jo Huet-chun Hui, Danny Pang, Oxide Pang
Directeur de la photographie : Decha Srimantra
Compositeur : Orange Music
Producteurs : Peter Chan Ho-Sun, Lawrence Cheng Tan-Shui
Durée : 99 min

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