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The Host

The Host

Des produits bactériologiques hautement dangereux sont déversés dans le fleuve Han qui traverse Séoul. Quelques années plus tard, un monstre géant et difforme surgit des profondeurs du cours d’eau et sème la panique sur les berges. Lorsque la créature enlève la petite Hyun-Seo, toute la famille se jure de la retrouver par tous les moyens...

Le réalisateur Bong Joon-Ho s’est fait connaître en France avec son deuxième film, Memories of Murder, sorti en salles en 2004. Ce polar réaliste captivant, inspiré de l’histoire vraie du premier tueur en série sud-coréen, impressionnait par sa finesse, alliant film de genre et drame humain, et s’est imposé comme un grand classique. Pour son projet suivant, le cinéaste décide de s’atteler à un film de monstre, spécialité du cinéma nippon (le kaiju eiga), avec The Host, qui a battu en 2006 tous les records d’entrée dans son pays d’origine. Et, encore une fois, Bong Joon-Ho dynamite les clichés du genre, livrant un blockbuster d’auteur au contenu souvent inédit et imprévisible, à l’exception, bien entendu, des excellentes scènes de panique dans la grande tradition du film-catastrophe.


Ce qui frappe d’abord, c’est l’aspect clinique de la représentation de la créature. Alors que l’on considère comme probable une longue attente précédant l’arrivée du monstre, visant à faire monter une tension calculée (comme dans Jurassic Park, où l’on ne voyait vraiment les dinosaures qu’au bout d’une heure de métrage), ce dernier nous est dévoilé dès les quinze premières minutes de façon presque accidentelle, sa présence au bord de la rivière Han attirant simplement l’attention des badauds qui n’hésitent pas à lui lancer de la nourriture comme à une bête curieuse ! Ce parti pris de réalisme et de neutralité dans la réalisation rend ainsi la créature étrangement familière, malgré son design volontairement grotesque (l’alien dessiné par H.R. Giger et même les raptors de Spielberg étaient plus esthétiques), et l’absence de gros effets de mise en scène nous fait quasiment oublier l’énorme travail de l’équipe des effets spéciaux (à part sur quelques courts plans pyrotechniques, moyennement rendus).


Il faut dire que le cinéaste préfère se concentrer sur ses personnages, cinq membres d’une famille coréenne ordinaire, impeccablement campés par les acteurs, notamment Song Kang-Ho et Bae Du-Na (qui se retrouvent quatre ans après Sympathy for Mr. Vengeance de Park Chan-Wook). Superposant habilement une tragi-comédie sur une famille de marginaux à une dénonciation de l’ingérence américaine en Corée du Sud, le film propose plusieurs niveaux de lecture tout en se maintenant à l’échelle humaine ; cette ambition rare ne se retrouve que chez les maîtres du film d’épouvante comme George A. Romero (La nuit des morts-vivants, Zombie), l’un des seuls à allier hyperréalisme et critique sociale dans des films du genre.


The Host est donc un thriller oppressant aux rebondissements très étudiés, d’une richesse thématique rare, qui mélange allègrement les genres avec une fluidité parfaite. Tout comme dans Memories of Murder, le réalisateur a préparé un dénouement assez original, suivi d’un épilogue étrange et subtil. Son œuvre précédente, non fantastique et tirée de faits réels, était plus troublante et plus proche du film d’auteur, mais le virtuose The Host, avec encore une fois le magnifique anti-héros Song Kang-Ho, n’en est pas moins son deuxième classique consécutif et d’ores et déjà l’un des films les plus puissants de la décennie.


Bong Joon-Ho a d’ailleurs un autre projet ambitieux, l’adaptation d’une bande dessinée française de science-fiction, Le Transperceneige, un film à gros budget bourré d’effets spéciaux qui sera produit par Park Chan-Wook.

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur : Bong Joon-Ho
Pays : Corée du Sud
Année : 2006
Interprètes : Song Kang-Ho, Byeon Hie-Bong, Park Hae-Il, Bae Du-Na, Ko Ah-Sung
Scénaristes : Bong Joon-Ho, Baek Chul-Hyun, Ha Won-Jun
Directeur de la photographie : Kim Hyung-Ku
Compositeur : Lee Byung-Woo
Producteurs : SBS, Showbox/Mediaplex, Inc.
Durée : 119 min
Support : bientôt en DVD

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