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The Overture

The Overture

L’avis de Athama :

Ça y est, c’est fait. L’ouverture de la première (?) rétrospective du cinéma thaïlandais est lancée grâce, bien sûr, à la Cinémathèque Française. Elle se fait au lendemain du putsch militaire en Thaïlande, de quoi refroidir les ressortissants de ce pays du sourire. Ils ne sont pas très nombreux ce soir parmi les spectateurs même si la salle est remplie. Des habitués de la Cinémathèque ou des gens invités à découvrir ce qu’est le cinéma thaïlandais ?

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Une salle remplie et attentive

Cette ouverture bénéficie de la présence du réalisateur ainsi que de l’acteur principal de The Overture. Nom concordant de façon amusante et qui trouvera tout son sens dans le film. L’acteur Anuchit Sapanphong nous avait préparé un discours en français, s’il vous plaît ! Personne n’a compris, mais tous ont noté son effort, et nous le remercions humblement. Ça fait du bien au cœur que certaines « stars » ne se prennent pas au sérieux !

The Overture raconte l’histoire d’un musicien de Ranad, instrument à percussion thaïlandais - un xylophone géant en quelque sorte. Les premières images nous indiquent la teneur de l’histoire. Nous allons ainsi découvrir la culture thaïe à travers la vie d’un artiste, mais surtout à travers la vie de son instrument. Les notes de musique captent immédiatement notre attention et nous promettent mille ravissements dès les premières secondes. Cela n’a pas été le cas pour certains spectateurs qui ont quitté la séance au bout de cinq minutes, ne supportant sûrement pas la musique traditionnelle thaïe, ni un film d’auteur, peut-être. Par manque de patience, on passe souvent à côté de très grands films. Il n’y a pas à dire, nous avons affaire à un Lagaan ou à un Il était une fois en Chine thaïlandais avec une musique qui participe réellement à l’œuvre. Et comme dans les films cités, il est question de cette ouverture vers la modernité et de tout ce qui s’ensuit. Perte d’identité, perte de valeur culturelle. L’éternelle question s’inscrit lourdement : pour survivre dans un futur différent et changeant (occidentalisation), doit-on se couper du passé et du présent ? The Overture devra répondre à cette question fondamentale. Il donne aussi sa vision de l’artiste dans la société. Une leçon toute en nuances que chacun trouvera à son goût s’il laisse sourdre sa sensibilité. Le réalisateur ne cède jamais vraiment à la facilité. Tout comme son héros, il sait se remettre en question et ne donne pas dans le manichéisme simple. Et il montre là l’exemple du syncrétisme asiatique. On ne s’oppose pas... On absorbe, on fait avec et on crée une nouvelle entité en tirant le meilleur de chacune des cultures.

Chaque passage illustre parfaitement le propos. Le rythme ne tombe jamais, et aucune séquence redondante n’est lassante. Les acteurs, avec talent, parachèvent cette reconstitution d’une époque pas si lointaine que cela. L’image souvent juste, combinée au décor, émerveille nos yeux. Tous nos sens éblouis forcent nos mains à applaudir au générique. Belle réussite et belle découverte d’un instrument de musique mythique pour la Thaïlande.

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Sorn jeune

Interview rapide de l’acteur :

Fantastikasia : Tout d’abord, merci beaucoup pour votre prestation. Est-ce votre premier film ?

Anuchit Sapanphong : Non. En fait, j’ai déjà fait des séries télé et un long métrage avant de faire ce film-ci.

Fantastikasia : Vous semblez vraiment doué pour jouer du Ranad. Vous le pratiquez vraiment ?

Anuchit Sapanphong : Oui, j’en joue. J’ai mis plus de huit mois pour apprendre...

Fantastikasia : Les décors sont magnifiques, et notamment la grande maison que l’on voit. Où se trouve-t-elle ?

Anuchit Sapanphong : Elle a été construite pour l’occasion.

Fantastikasia : Parlez-nous de votre prochain film,

Anuchit Sapanphong : C’est encore en projet, mais cela parlera de fantômes...

Fantastikasia : Les Thaïlandais semblent apprécier les esprits.

Anuchit Sapanphong : Ha ! Ha ! En effet.

Fantastikasia : Khun In se montre très impressionnant dans le film.

Anuchit Sapanphong : Dans la vie civile, c’est un véritable musicien, un maître...

Fantastikasia : Merci beaucoup pour votre prestation, du bonheur que vous nous donnez, merci.

L’avis de Suraj :

The Overture est une biographie musicale de Luang Pradith Phairo, célèbre joueur de Ranad (xylophone traditionnel en bois), qui vécut de 1880 jusqu’aux dernières heures de la Seconde Guerre mondiale.

Sorn (nom donné au musicien dans le film) est né dans une famille de musiciens et montre dès son enfance des dispositions pour la musique classique, en particulier l’art du Ranad.

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Sorn vieux

À travers les épreuves, il va surmonter ses peurs et en se confrontant aux plus grands musiciens de son temps, comme Khun In, il va s’affirmer comme un maître dans cet art. Des années plus tard, la révolution culturelle instaurée par le général Plaek Pibulsongkram interdit la pratique des arts traditionnels pour favoriser un développement du pays à l’occidentale.

The Overture se présente de manière très conventionnelle comme une énième biographie filmée, et il faut bien le dire, très classique sur le fond. La progression de Sorn est sans grandes surprises, elle rappelle le même schéma que les héros des films d’arts martiaux. Mais la narration, elle, est plus originale. Elle alterne Sorn à la fin de sa vie, lorsqu’il est reconnu, avec sa jeunesse où il faisait ses premiers pas. Au début, cette construction narrative est assez déstabilisante surtout si l’on n’est pas familier avec l’histoire de la Thaïlande, mais au final, elle contribue à dynamiser le film, en évitant de manière salutaire le côté linéaire et chronologique qui alourdit généralement les films du genre. Elle confronte passé et présent, époque moderne où les instruments occidentaux font leur apparition et époque lointaine, âge d’or des arts traditionnels où les princes s’affrontaient dans des joutes musicales interposées et cherchaient à s’attacher les services des meilleurs musiciens classiques du pays. Cette opposition fait peu à peu sens, quand on voit le jeune Sorn apprendre à aimer et à respecter la tradition, et le vieux maître qu’il est devenu la défendre pour qu’elle puisse se pérenniser.

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Sauver la musique à tout prix...

The Overture est un film honnête et sincère dans la manière d’aborder le thème de la musique. Il accorde une large part aux joutes musicales, mettant en avant la virtuosité des musiciens dont certains sont interprétés par d’authentiques maîtres. C’est cette passion manifeste et communicative qui fait le grand intérêt du film, par ailleurs intelligemment mis en scène. En effet, malgré le classicisme de fond, il sait éviter les clichés, que ce soit sur la musique ou sur les militaires. Il y a quelques scènes vraiment mémorables. On retiendra principalement celle où le fils de Sorn, jeune homme moderne qui a fait ses études au Japon, ramène un piano dans la demeure familiale. On s’attendrait à ce que le père s’oppose à cette trahison, mais non, tous deux improvisent un duo entre Piano et Ranad-Ek, et le père en profite pour enseigner à son fils un nouvel air. Un passage émouvant et magique, comme hors du temps, et pourtant lourd de sens dans le monde d’aujourd’hui, où Orient et Occident parviennent à s’harmoniser. La musique y oublie un temps ses origines pour devenir Une.

Il y a aussi ce passage où, malgré l’interdiction, Sorn joue, attirant la foule venue écouter le maître jouer sous les yeux des policiers résignés. La musique, moyen de résistance, prend là une dimension militante.

The Overture est donc un film à l’apparence classique, mais à la mise en scène originale, au service d’un message fort sur la sauvegarde de la culture, l’importance des racines et les vertus de l’Art... C’est un film qui est, l’air de rien, plus profond qu’il n’y paraît et qui touche réellement par sa simplicité et l’honnêteté avec laquelle il aborde son thème. Le réalisateur fait preuve d’une belle maîtrise, et le plaisir est vraiment communicatif comme en témoignent les applaudissements nourris qu’il a reçus de la part du public de la Cinémathèque Française.

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On lui tend le champagne, et c’est normal.



P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisation : Ittisunthorn Wichailak
Pays : Thailande
Année : 2004
Interprètes : Anuchit Sapanphong (Sorn Silapabanleng), Adul Dulyarat (Sorn âgé), Narongrit Tohsanga (Kun-In)
Scénario : Ittisunthorn Wichailak, Donkamon Sattathip, Pheerasak Saksiri
Directeur de la photographie : Nattawut Kittikun
Musique : Chatchai Pongpraphaphan
Production : Mongkol Cinema, Prommit Production, Cinemasia
Durée : 100 minutes

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