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The Taste of Tea

The Taste of Tea

The Taste of Tea nous plonge dans le quotidien des Haruno, une famille habitant une petite ville près de Tokyo. Le film ne présente pas une intrigue rigoureuse, mais une mosaïque d’anecdotes et d’instants volés de la vie des membres de la famille : le fils qui connaît ses premières amours, la petite fille qui s’exerce à la barre fixe, la mère et le grand-père qui dessinent, le père qui pratique l’hypnose thérapeutique... et bien d’autres !

Cette chronique familiale poétique, avec entre autres la star Tadanobu Asano, comédien aux allures de jeune premier qui a déjà joué chez les plus grands (Oshima, Kitano, Miike, Tsukamoto), est réalisée par Katsuhito Ishii, formé à la pub et au manga (il est l’auteur de la séquence animée du premier Kill Bill), et réalisateur de comédies décalées avec Asano. On est donc surpris que le titre de son film évoque le cinéma d’Ozu et son film-testament Le Goût du Saké, œuvre mélancolique sur une famille japonaise. Et pourtant, le cinéaste revendique l’ensemble de ses références artistiques hétéroclites en y puisant la matière d’un film singulier qui allie tradition et modernité, Ozu et manga, finesse et fantaisie.

De finesse, Ishii en fait preuve dans la peinture des sentiments de ses personnages. Chacun d’entre eux a une personnalité bien spécifique, bien que tous soient liés par un thème commun, celui de l’enfance. The Taste of Tea rappelle d’ailleurs à ce sujet une autre fresque familiale insolite, Yi Yi du Taiwanais Edward Yang, qui possédait aussi une poésie de l’enfance bien à elle (un petit garçon y photographiait systématiquement la nuque des adultes afin de leur montrer la partie cachée d’eux-mêmes !).

Dans un style voisin, on pense également à L’Été de Kikujiro de Kitano, qui nous présentait déjà le paradoxe des relations entre enfants et adultes. Ici, les enfants se caractérisent par leur relative gravité, ils prennent très au sérieux les épreuves symboliques qu’ils doivent surmonter, qu’elles soient d’ordre amoureux ou sportif. Les adultes, au contraire, sont maintenant installés dans la vie et peuvent donner libre cours à toutes leurs passions de jeunesse : hypnose, musique, film d’animation... d’autant plus qu’ils en ont fait leur métier ! Les adultes semblent en tout cas manquer de maturité ; le plus bel exemple est celui du grand-père, un dessinateur pince-sans-rire aux sourcils broussailleux qui passe son temps à taquiner ses petits-enfants en esquissant des postures de kung-fu. Il y a aussi le personnage lunaire de Tadanobu Asano, jeune oncle timide qui, s’il n’est pas aussi facétieux que son père, n’en a pas moins gardé une âme d’enfant. Lors d’une scène d’anthologie, il raconte à son neveu la réjouissante histoire d’un yakusa fantôme (interprété par Susumu Terajima, le plus jeune acteur de la bande à Kitano).

Le film ne se limite pas à la chronique réaliste ni au simple film à thèse sur la persistance de l’enfance en chacun de nous, c’est aussi une belle œuvre onirique, dont la fantaisie se manifeste par un soupçon de poésie que n’aurait pas renié un Hayao Miyazaki. De plus, les éléments fantasmagoriques sont toujours bien amenés, généralement liés à l’imagination des enfants, et viennent tout naturellement se greffer à la réalité. Le plus bel exemple est celui de la petite fille de la famille : où qu’elle se trouve, elle sent la présence de son double maléfique géant qui vient l’épier à son insu, ce qui donne lieu à des trucages cocasses où la fillette a la stature de Godzilla. On s’habitue ainsi très vite à l’irruption du fantastique au sein de la banalité du quotidien, d’autant plus que le film garde une relative homogénéité malgré son éclatement.

Cette capacité de l’imagination enfantine à défier les tracas du quotidien atteint son apogée dans la scène ahurissante où, sans raison apparente, un simple tournesol s’enfle démesurément, avalant plaines et montagnes du Japon, jusqu’à s’élever parmi les astres et dévorer le cosmos. Loin d’être une vision d’horreur, cette séquence communique un sentiment de sérénité et de plénitude, et on sent qu’en lui accordant malicieusement cette dimension cosmique, l’auteur garde une foi inébranlable en cette prédominance universelle de l’imagination.

Et finalement, c’est ce franc optimisme qui l’emporte, puisqu’on finit par s’attacher à cette petite famille si excentrique et pourtant si épanouie. Film rafraîchissant, The Taste of Tea est une tranche de vie foisonnante et discrètement chaleureuse, et on n’oubliera pas de sitôt ses trouvailles visuelles et sa déconcertante poésie.


Lire aussi l’avis de Wolverine et de Mercano Boy, The Taste of Tea.


P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur, scénariste, monteur : Katsuhito Ishii
Pays : Japon
Année : 2004
Interprètes : Maya Banno, Takahiro Satto, Tadanobu Asano, Tomokazu Miura, Susumu Terajima
Directeur de la photographie : Kosuke Matushima
Compositeur : Tempo Little
Producteurs : Kazuto Takida, Kazutoshi Wadakura
Durée : 143 min
Support : DVD TF1 Vidéo

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