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Interview de Shobana

Interview de Shobana

Nous avons rarement évoqué le cinéma malayalam qui est, avec le cinéma bengali, un des fleurons du 7ème art indien. L’industrie cinématographique du Kérala produit beaucoup de masalas commerciaux, mais on y compte également un grand nombre de films d’art et d’essai primés dans les festivals internationaux.
Les réalisateurs et acteurs malayalam figurent parmi les plus récompensés de toute l’Inde, des noms comme : Adoor Gopalakrishnan, Shaji Karun, Fazil, Mohanlal ou encore Priyadarshan, sont représentatifs de la richesse de cette industrie injustement méconnue du grand public.

L’article sur le film Manichitratazhu et l’interview de son actrice principale Shobana sont une formidable opportunité pour nous de vous faire découvrir une facette de Mollywood.

Lorsque le spectacle de Shobana fut annoncé par le musée Guimet, quel ne fut pas notre enthousiasme à l’idée de voir enfin sur scène l’idole de notre enfance ! Pour les amateurs de Bollywood, le nom de Shobana ne vous dira sûrement rien, mais cette grande dame de la danse classique est la nièce des Trivandrum sisters considérées comme les meilleures danseuses du sud de l’Inde dans les années 60. D’ailleurs, sa tante Padmini figurait au générique de Mera naam joker de Raj Kapoor. Surdouée de la danse, lauréate de deux National Awards pour ses interprétations dans Manichitratazhu et Mitr, my friend, Shobana est une artiste complète qui brille par sa rigueur et son professionnalisme. Pour preuve, elle a collaboré avec les plus grands noms du cinéma du Sud : Mani Ratnam, Adoot Gopalakrishnan, Priyadarshan, Fazil.... Inutile de dire, que notre envie de la rencontrer était aussi grande que notre appréhension, surtout pour GT qui l’admire depuis son plus jeune âge, à l’époque où elle jouait avec la Superstar Rajnikanth.... Souvenirs.... Souvenirs....

Durant son passage à Paris, nous avons pu la voir pratiquement chaque soir sur scène : d’abord pour la Diwali à l’occasion de la réception donné par le Maire de Paris à l’Hôtel de Ville, puis à deux reprises au musée Guimet.
Elle devait répondre à nos questions avant le spectacle, mais entre la séance de préparation et le stress palpable 10 minutes avant le lever du rideau, la rencontre fut reportée. Et très sincèrement, nous nous
attendions à ce qu’elle nous oublie, et la surprise a été totale lorsqu’elle a surgi de la scène et s’est installée sur les sièges du premier rang, pour ce qui s’est mué en une interview en public. Nous étions en effet entourés des derniers spectateurs qui s’étaient attardés, ravis de pouvoir l’approcher d’’aussi près.

1) Vous êtes une danseuse de grande renommée et une actrice plusieurs fois récompensée, nous voudrions savoir quelle est selon vous l’importance de la danse classique dans la cinéma indien ?

Je pense que la danse classique est au cœur de toute chorégraphie pour le cinéma, même dans des chorégraphies modernes qui n’ont rien à voir a priori avec le Bharata-natyam, chaque pas et chaque mouvement s’inspire de cet art ancestral. Cela reste une référence culturelle importante, ancrée dans l’inconscient collectif. Je dirais que dans le cinéma indien, la danse classique tient une place aussi importante et prépondérante que la musique.

2) Votre performance dans le film « Manichitratazhu » et notamment dans la scène finale qui est une danse, vous a valu votre premier « National Award ». J’imagine que vous l’avez chorégraphiée, mais Fazil vous a-t-il dirigée d’une manière particulière ?

J’ai effectivement chorégraphié cette danse, et Fazil m’a effectivement donné quelques idées pour exécuter ce passage, principalement par rapport à la situation et au contexte de la scène.... Mais c’est surtout le travail sur l’ensemble du long métrage qui m’a aidé à composer cette chorégraphie... il s’agit du point culminant du film, elle met en perspective tout ce qui a été vu précédemment et elle ne peut pas être pensée et exécutée sans tenir compte de l’ensemble. Il ne s’agit pas d’un clip musical pour détendre l’atmosphère, mais d’une scène cruciale qui met en scène tous les personnages de « Manichitratazhu ».

3) Fazil est un des réalisateurs phares de l’industrie du Kérala et vous avez collaboré avec lui à de nombreuses reprises, quelle est sa façon de diriger les acteurs ?

J’ai travaillé sur quelques-uns de ses films en effet, je dirais que c’est quelqu’un qui attache beaucoup d’importance aux sentiments et au côté humain.... Contrairement à beaucoup de réalisateurs qui se concentrent principalement sur la partie technique et esthétique de leur film, Fazil travaille énormément sur le fond et sur la psychologie de chacun de ses personnages, pour donner une âme à son œuvre.

4) Outre Fazil, vous avez eu l’opportunité de travailler avec de grands réalisateurs comme Mani Ratnam, quel est votre meilleure expérience ?

Chaque réalisateur a son point fort et ses qualités, qu’il s’agisse de Fazil, Mani Ratnam, Priyadarshan, ou encore Adoor Gopalakrishnan, ils ont tous leurs propres affinités et une manière différente d’appréhender la direction d’acteurs.... Mais ils ont une chose en commun, ils ne tiennent pas compte du talent, du statut ou de la popularité d’un artiste, ils vous laissent vous concentrer, pour ensuite prendre le temps de vous diriger.... bien qu’ils évoluent dans une industrie basée sur le star-system, à la différence d’un réalisateur qui vous laisserait faire votre métier d’acteur sans vous poser de questions, ces grands metteurs en scène savent exactement ce qu’ils veulent, ils ont cette capacité d’extraire de vous la meilleure performance.

5) Rajnikanth, Mohanlal, Mamoothy, autant de superstars avec qui vous avez partagé l’affiche de nombreux films, y-a-t-il une collaboration dont vous êtes particulièrement fière ?

Je pense qu’il n’est pas question d’une collaboration avec tel ou tel acteur, mais du film dans son ensemble. Je suis plus fière d’avoir joué dans un bon film que d’avoir partagé l’affiche avec une superstar. Je préfère travailler sur des projets ambitieux avec des débutants...

6) Avez vous un rôle préféré dans tous ceux que vous avez interprétés au cours de votre carrière ?

Humm... je ne pourrais pas vous donner un rôle en particulier, mais j’ai particulièrement apprécié ceux qui m’ont permis de composer des personnages atypiques, de ne pas jouer les mêmes rôles.... Il faut savoir varier....

7) Enfin, étant une danseuse classique, souhaitez vous un jour jouer ou diriger un film sur le Baratha-natyam ?

J’ai déjà interprété le rôle d’une danseuse dans une production indo-britannique qui s’intitule « Dance like a man »...
Merci, très bonnes questions !

Merci infiniment à Shobana, qui a tenu parole et nous a accordé une interview, certes brève, mais intense et très sérieuse.
Nous tenons également à remercier M. Hubert Laot qui a rendu cette rencontre possible ainsi que M. Velumohan de l’association Triveni qui présentait le spectacle, il a été notre contact direct avec Shobana. Sans leur intervention l’interview n’aurait peut être pas eu lieu.
Merci égalemment à notre rédactrice HK Maguy qui s’est chargée de la prise de son. Elle est arrivée comme un ange avec son dictaphone MP3 pour nous dépanner, car même en se préparant avec le plus grand profesionnalisme personne n’est à l’abri des imprévus !




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