Rubriques

12e Festival international du film asiatique de Vesoul

Conférence de presse Hou Hsiao-hsien - 1

Conférence de presse Hou Hsiao-hsien - 1

Hou Hsiao-hsien est né en 1947 dans la province chinoise du Guangdong. Sa famille s’établit à Taiwan l’année suivante, car son père, militaire du Guomindang, suit l’armée qui a été vaincue par les Communistes en Chine continentale et qui s’installe alors sur l’île en imposant la loi martiale.

Comme la plupart des Chinois arrivés à cette époque, la famille de Hou Hsiao-hsien pense revoir sa terre natale assez rapidement. Mais cela ne sera plus le cas avec la fin tragique de la guerre civile en Chine et la fuite définitive de Chiang Kai-shek à Taiwan. Définitivement exilé à Taiwan, Hou Hsiao-hsien perd ses parents alors qu’il est encore adolescent.

En 1969, il entre à l’Académie nationale d’art dramatique de Taipei, d’où il sort diplômé en 1972.

À partir de 1973, il travaille avec des metteurs en scène de cinéma tels que Li Xing, Lai Chengying ou Chen Kunhou comme assistant et scénariste. Il signe sa première réalisation en 1980 avec Charmante Demoiselle. Il s’impose rapidement comme l’un des réalisateurs les plus doués de Taiwan et réalise successivement Vent Folâtre en 1981 et L’Herbe verte de chez nous en 1982.

En 1983, il met en scène l’un des trois volets de L’Homme Sandwich, considéré comme le film-manifeste de la Nouvelle Vague taïwanaise. Le contraste avec les films tournés jusque-là sur l’île est saisissant : dans un souci de réalisme inexistant auparavant, on tourne dans des décors naturels avec des acteurs non professionnels qui, en plus, parlent le dialecte taïwanais ! C’est une révolution !

JPEG - 20.5 ko
Wolverine et Mercano Boy entourent Hou Hsiao-hsien



Le cinéaste poursuit son œuvre avec des films teintés de ses propres souvenirs d’enfance. Ce sont Les Garçons de Fengkuei (1983), Un Été chez Grand-père (1984) et Un Temps pour vivre, un temps pour mourir (1985). L’année 1985 marque sa collaboration en tant que scénariste et acteur principal d’Histoire de Taipei de son ami Edward Yang (réalisateur de Yi Yi, primé à Cannes).

Après Poussières dans le vent (1986) et La Fille du Nil (1987), il acquiert une reconnaissance internationale en 1989 en obtenant le Lion d’or au Festival de Venise avec La Cité des douleurs. En 1993, Le Maître de marionnettes, inspiré par la vie du marionnettiste Li Tianlu, lui vaut le Prix spécial du Jury à Cannes.

Deux ans plus tard, Hou Hsiao-hsien évoque pour la première fois au cinéma la terrible période de la « Terreur blanche » des années 50 avec Good Men, Good Women. Il signe ensuite une histoire contemporaine avec Goodbye South, Goodbye (1996), puis un film en costumes très esthétique, Les Fleurs de Shanghai (1998), avec notamment Tony Leung Chiu-wai.

Millenium Mambo, présenté en sélection officielle à Cannes en 1999, marque sa première collaboration avec sa compatriote Shu Qi.

En 2003, pour fêter le centenaire de la naissance d’Ozu, la firme nipponne Shoshiku lui demande de tourner un film en hommage au maître au Japon, avec des acteurs japonais. Ce sera Café Lumière avec Asano Tadanobu.

En 2005, Hou Hsiao-hsien revient en compétition à Cannes avec son dernier opus, Three Times, interprété par Shu Qi et Chang Chen.

Réalisateur de 17 films, Hou Hsiao-hsien est internationalement reconnu pour sa parfaite maîtrise du cadre dans des œuvres à la fois déroutantes et contemplatives, cruelles et émouvantes.

JPEG - 13.2 ko
Martine et Jean-marc Thérouanne encadrent Hou Hsiao-hsien



Il nous fait le grand honneur d’être cette année au Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul afin d’y recevoir un Cyclo d’or pour l’ensemble de sa carrière.

À cette occasion, il a bien voulu répondre aux questions des (nombreux) journalistes présents à ce 12ème Festival.

Dans le documentaire qu’Olivier Assayas vous a consacré (Hou Hsiao-hsien -Un Portrait de Hou Hsiao-hsien, 1997), vous semblez rejeter vos premiers films. Pourquoi ?

C’est vrai que je fais une séparation, car au début, j’étais simplement scénariste et directeur photo sur les films des autres, mais je ne les rejette pas du tout, au contraire, ils tiennent une place très importante pour moi, qui est à part de la suite de ma carrière en tant que réalisateur. Ces premiers films étaient des comédies qui ont eu beaucoup de succès au box-office à Taiwan, mais lorsque j’ai pu accéder au poste de metteur en scène, j’ai privilégié la voie de la création artistique plutôt que celle du film commercial...

C’est intrigant, car, d’une manière générale, on ne peut pas vraiment dire que le rire tienne une place importante dans vos propres réalisations...

Oui, c’est vrai, mais c’est peut-être dû au fait que j’ai participé à trop de films humoristiques à mes débuts... Avant de devenir réalisateur, j’ai quand même pris part à une vingtaine de longs métrages qui étaient tous des comédies !

N’avez-vous pas l’impression à travers vos films de faire passer un message moraliste, mais pas moralisateur, sur le « nouveau » Taiwan ?

Je ne pense pas être quelqu’un de moraliste. Mon travail consiste avant toute chose à m’adresser à l’être humain.

L’histoire politique de Taiwan a toujours été très particulière. Avant leur défaite en 1945, les Japonais occupent l’île. Puis, en 1949, les nationalistes chinois instaurent la loi martiale qui ne prendra fin qu’en 1987 ! Entre-temps, pendant la Guerre froide, les relations ont été tendues entre Taiwan et les États-Unis avant que les Américains ne financent l’île dans le but de lutter contre le communisme... Tout cela a débouché sur des difficultés économiques et sur une instabilité politique qui perdure jusqu’à maintenant. Il est donc évident que ce contexte influence mon approche du cinéma, mais pas seulement. Je lis aussi beaucoup. Cela m’aide à souligner dans une histoire le thème qui m’est le plus cher, c’est-à-dire la place de l’être humain.

Depuis Taiwan, comment voyez-vous la jeune génération de cinéastes issus de Chine continentale, celle que l’on appelle la « 6ème génération » en Occident ?

Je n’ai pas vu beaucoup de films de la « 6ème génération » chinoise.

Actuellement, en Chine continentale, je pense qu’il y a deux types de cinémas : on trouve d’un côté les films underground de racine chinoise et, de l’autre, les films sous influence étrangère qui doivent impérativement avoir du succès. Je n’en ai pas discuté avec les réalisateurs locaux, mais je trouve que ces derniers tentent trop d’imiter un certain modèle occidental.

Pour moi, le plus important au cinéma est de saisir les émotions humaines, de montrer où l’on a grandi et où l’on vit. La Chine s’ouvre, et il y a tant à raconter, que je trouve dommage de vouloir imiter les autres.

Vous avez produit un film de Zhang Yimou en Chine, mais pouvez-vous nous parler de votre rôle de producteur à Taiwan ?

Pour le film de Zhang Yimou, je n’étais que producteur délégué. En fait, j’ai rendu la pareille à une personne impliquée qui avait aussi financé mon film La Cité des douleurs. Cela m’a permis de constater que la situation politique chinoise est totalement différente de celle de Taiwan actuellement, en observant la manière de travailler de Zhang Yimou, notamment.

À Taiwan, je produis des films de tout jeunes cinéastes, que ce soit des longs ou des courts métrages. Mon rôle est essentiellement de leur faire rencontrer la personne correcte pour les aider, qu’il s’agisse d’un acteur ou d’un technicien.


La conférence de presse se poursuit...



Article suivant | credit immobilier
Conférence de presse Hou Hsiao-hsien - 2


Dans la même rubrique

Entretien avec Zhang Lu, cinéaste taiwanais
Entretien avec Zhang Lu, cinéaste taiwanais
Regard sur le cinéma ouzbek
Regard sur le cinéma ouzbek
Conférence de presse Hou Hsiao-hsien - 2
Conférence de presse Hou Hsiao-hsien - 2
Conférence de presse Hou Hsiao-hsien - 1
Conférence de presse Hou Hsiao-hsien - 1

Sur le Web : S'informer sur les conditions d'obtention de votre credit immobilier reste la première action à entreprendre avant d'aller consulter un courtier en pret immobilier afin de négocier le meilleur taux en connaissance de cause. Votre bien immobilier constitue l'investissement le plus important de votre vie. En cas de surendettement, plusieurs solutions de rachat de crédit ou de Crédit hypothécaire peuvent être envisagées. Le référencement naturel dans le secteur immobilier ainsi que du prêt immobilier a donné beaucoup d'abus. C'est de bonne guerre, le référencement payant est si prohibitif.

Articles les plus populaires

Shutter
Shutter
Dor
Dor
King Naresuan