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4e festival international du film fantastique de Neuchâtel

L’Inde et le film d’horreur : interview de Omar Ali Khan

L’Inde et le film d’horreur : interview de Omar Ali Khan

Qui est Omar Ali Khan ?

Né à Londres en 1962, Omar Ali Kahn a fait des études de cinéma et de journalisme.
Réalisateur de sept courts-métrages d’horreur, il est le fondateur de la firme Bubonic Films, détentrice des droits de nombreux films culte et d’épouvante pakistanais. Il est d’ailleurs considéré comme le grand spécialiste du genre fantastique pour le cinéma de Bollywood et Lollywood par ses nombreuses critiques rédactionnelles, des montages d’expositions et ses participations comme membre du jury de festivals internationaux (Sitges Film Festival 2003 - Espagne).

Il gère actuellement plusieurs sites Internet (notamment un magasin en ligne d’affiches de cinéma peintes à la main et de T-shirts imprimés). Ses activités sont réellement très variées, puisqu’il possède également un « bar à glaces » ayant pour thème les films d’horreur culte...

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Notre rédacteur Mercano Boy et Omar Ali Khan devant des affiches originales

Interview

Au cours de la rétrospective « Fantastique sans frontières » du NIFFF, nous avons rencontré Omar Ali Khan à l’occasion de la présentation de Zinda Laash (aussi connu sous le titre The Living Corpse), l’adaptation cinématographique pakistanaise du Dracula de Bram Stoker. Après lui avoir expliqué que nous ne sommes pas les spécialistes Bollywood de FANTASTIKASIA, il nous a entretenu avec enthousiasme du cinéma indien.

Fantastikasia : Pouvez-vous nous parler du curieux parcours de Zinda Laash ?

O. A. K. : Le film a été réalisé en 1967, et les producteurs ont eu beaucoup de problèmes avec la censure à l’époque, car le gouvernement pakistanais était très conservateur. Après bien des discussions, Zinda Laash est sorti avec la restriction « pour adultes seulement », ce qui était une chose peu commune alors. Après ce long métrage, le Pakistan n’a plus eu le droit de produire ce genre de cinéma fortement réprouvé par la morale et les instances dirigeantes.

Par la suite, on a longtemps considéré le film comme définitivement disparu jusqu’à ce que je retrouve les bobines quasiment dans les poubelles... Mais, malgré mes efforts de restauration, une chanson a été perdue à jamais... Ensuite, j’ai retrouvé les producteurs, le réalisateur K.H. Safraz, et Zinda Laash a été sauvé de l’oubli.

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L’affiche originale de Zinda Laash

Fantastikasia : Quelles sont les influences du film ?

O. A. K. : Zinda Laash est fortement empreint des versions de Dracula de la Hammer (comme Dracula, Prince des Ténèbres) dont il a hérité le style visuel gothique.

Fantastikasia : Le livre de Bram Stoker était-il connu auparavant au Pakistan ?

O. A. K. : Oui, il était déjà connu, mais vous savez, le film adopte quelques libertés par rapport au célèbre roman : les origines du vampire sont ainsi totalement différentes puisque, ici, le fameux comte devient un scientifique fou...

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Une autre affiche de film indien...

Fantastikasia : D’autre part, nous aimerions aussi connaître vos impressions sur le film Bhoot que nous avons découvert au festival.

O. A. K. : Bhoot fait partie de la nouvelle vague de films indiens qui rompt avec la tradition de danses et de chansons. Il est en effet fortement influencé par le style occidental, puisque l’une de ses principales références est L’Exorciste. Mais Ram Gopal Varma cite aussi le style visuel de Dark Water de Hideo Nakata avec son grand immeuble...

Wolverine : Ce matin, j’écrivais que l’on retrouvait dans le film l’immeuble de Dark Water, l’appartement de The Grudge et le fantôme ressemblant à Sadako de Ring...

O. A. K. : (sourire) Ouf, le film a donc bien été perçu des Occidentaux... Bhoot adopte de nouveaux concepts dont une belle maîtrise esthétique au détriment de la pensée indienne originelle. Depuis quelques années, il y a beaucoup de films du style de Bhoot produits en Inde, et on assiste à un véritable « boom » de films d’horreur, dont la plupart empruntent le thème de Ring du même Nakata. La reconnaissance de ce phénomène s’est traduite à travers la haute récompense attribuée à l’actrice principale de Bhoot pour son interprétation.

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Là-bas aussi, les zombies sont à l’honneur

Fantastikasia : Donc, le public indien apprécie le cinéma d’épouvante...

O. A. K. : Oui, car vous savez, en Inde, il existe une forte tradition de films d’horreur, notamment avec les frères Ramsay. Ce sont eux qui sont à l’origine de cet engouement depuis leurs débuts dans les années 70. Ils ont toutefois connu le succès dans les années 80. Mais ensuite, parce qu’ils avaient tendance à toujours faire le même film, ils suscitèrent l’ennui et connurent le déclin au cinéma dans les années 90. Ils passèrent donc à la télévision qui, elle, connaissait un essor fulgurant. Certains des frères Ramsay prirent même des pseudonymes, car ils avaient honte de leurs anciennes réalisations qui étaient considérées désormais comme des petits films de série B à faibles moyens.

Fantastikasia : Est-ce que ces films font partie intégrante de la désignation « Bollywood » ?

O. A. K. : Oui, « Bollywood » regroupe à la fois les films dansés et ceux d’horreur, bien que la première catégorie domine largement le marché indien. Toutefois, le succès de la nouvelle lignée fantastique paraissait inconcevable il y a encore deux ou trois ans, car celle-ci fait partie du cinéma dit « parallèle » par les films sérieux qui s’attachent à décrire le réel, alors que les films de danses et de chants évoquent souvent le monde du rêve.

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Loups-garous et monstres font partie du folklore local

Fantastikasia : Les films étrangers percent-ils tout de même en Inde ?

O. A. K. : Oui, les films hollywoodiens triomphent dans les grandes villes, comme Anaconda (avec Jennifer Lopez) qui a battu des records d’entrée, car l’intrigue était relativement simple à comprendre et il y avait un serpent géant ! Vous savez, le « snake folklore » a toujours la cote en Inde !... Les films de monstres marchent très bien en général. Un autre succès fut Basket Case (Frères de sang), un vieux film d’horreur. Cependant, l’Inde aime reprendre les concepts occidentaux tout en y apportant sa touche personnelle, à savoir plus d’humour et moins de sexe... Un remake de The Car (Enfer mécanique) est même prévu.

Fantastikasia : Pour finir, qu’en est-il du cinéma au Pakistan ?

O. A. K.  : Le Pakistan est fortement alimenté par son grand voisin indien, car le cinéma local n’est pas en grande forme... Quatre-vingt dix pour cent des films qui passent sont indiens ou co-produits avec Bollywood ! La politique est très dure, et beaucoup d’artistes sont au chômage. C’est donc la vidéo et le satellite qui ont pris le pas sur le cinéma. Lollywood souffre beaucoup de l’intolérance religieuse, et l’espoir de voir un jour le Pakistan présenter une production indépendante importante n’est pas pour tout de suite...

Contacts Internet Omar Ali Khan :
http://www.thehotspotonline.com
http://www.bubonicfilms.com
http://www.zindalaash.com

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Notre rédacteur Wolverine et Omar Ali Khan

Un grand merci à M. Omar Ali Khan et à M. Pierre-Yves Janneret, attaché de presse du NIFFF
Entretien réalisé par Wolverine et Mercano Boy lors du NIFFF 2004

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