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BIFFF 2007 : interview de Cho Dong-Oh, réalisateur de « The Restless »

BIFFF 2007 : interview de Cho Dong-Oh, réalisateur de « The Restless »

CHO Dong-Oh a débuté en tant qu’assistant réalisateur sur les films Beat (1997), Our Sunny Days (1998), Phantom, the Submarine (1999) (sorti en DVD en France sous le label « Asian Star »), et le célèbre Musa : The Warriors (Musa, princesse du désert (2001).

The Restless marque ses premiers pas en tant que réalisateur.

Cho Dong-Oh est venu en Belgique accompagné de l’un des producteurs du film (dont le nom nous a malheureusement échappé... Qu’il veuille bien nous en excuser !...) Ce fut donc l’occasion pour Fantastikasia de nous entretenir assez longuement avec les deux hommes...

Fantastikasia : Que pensez-vous de la présence de The Restless au BIFFF ? Est-ce la première fois que le film est montré en Occident ?

Cho Dong-Oh : Non, le film a déjà été programmé au mois de mars dernier au festival de Deauville... Mais, à ce sujet, mon producteur et moi-même sommes très étonnés de constater que beaucoup d’Européens s’intéressent au cinéma asiatique. Cela nous fait évidemment très plaisir.

Quel a été l’accueil du public aux différents festivals où vous vous êtes rendu ?

Hum... Je pense que le public a aimé le film, car nous avons eu beaucoup de retours positifs de la part des spectateurs... (Ndlr : notre interprète, Ju, nous signifie que M. Cho est trop modeste pour avouer le succès du film en festival...)

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Mercano Boy ne perd pas une miette.



Pourquoi avoir choisi un tel sujet pour votre première mise en scène ?

Eh bien, j’adore tout simplement l’« heroic fantasy » ! Et puis, The Restless représentait un véritable challenge. Il s’agit en effet du premier film de ce type réalisé en Corée ! Bien qu’il existe des bribes de ce genre dans diverses productions antérieures, c’est véritablement la toute première fois qu’un métrage coréen est totalement dédié à l’univers de la « fantasy »... Il a fallu beaucoup d’énergie pour arriver au résultat final, mais je pense que nous avons réussi à poser les bases d’un nouveau genre cinématographique pour la Corée. Car il s’agissait avant tout d’imposer un concept novateur au public coréen...

Question au producteur : Pourquoi avoir choisi Cho Dong-Oh comme maître d’œuvre d’un projet de cette envergure ?

Tout d’abord parce que Cho Dong-Oh n’était pas un débutant complet dans le milieu. C’était déjà un assistant réalisateur très aguerri. Il a travaillé sur de grands films épiques, comme Musa. En tant que producteurs, nous avions toute confiance en lui pour mener à bien un projet aussi ambitieux. Vous savez, le film a bénéficié d’un des 10 plus gros budgets de l’histoire du cinéma coréen, et nous avons fait aussi appel à de grands talents du continent asiatique dans de nombreux domaines. Dès le départ, nous nous sommes dit que, quitte à aborder pour la première fois l’« heroic fantasy », autant le faire bien...

(Et en effet, la fiche technique est à ce titre pour le moins impressionnante : on retrouve ainsi les Chinois Han Zhong, directeur artistique de Hero de Zhang Yimou, et Li Mingshan, créateur des accessoires de Tigre & Dragon de Ang Lee, ainsi que les Japonais Emi Wada, lauréate d’un Oscar pour Ran d’Akira Kurosawa et créatrice des costumes du Secret des Poignards Volants, et Hiro Sagisu, qui a signé la musique de Neon Genesis Evangelion !!!...)

À Cho Dong-Oh : N’avez-vous pas eu peur, pour votre première réalisation, de vous atteler à une pareille aventure ?

Non, je pense que si l’on a peur, il faut tout simplement changer de métier ! On ne peut pas travailler avec la peur... Je n’ai de toute façon pas ressenti de pression particulière, même de la part des producteurs. Mon unique crainte était plutôt que toutes les idées que j’avais en tête ne puissent aboutir au final à l’écran... Et, de toute façon, les producteurs savaient ce qu’ils risquaient en s’attaquant à un nouveau genre !...

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Rassurez-vous, ce ne sont que des bouteilles d’eau.



Justement, quelles ont été vos influences puisque l’« heroic fantasy » n’existait pas jusqu’alors en Corée ?

The Restless est l’aboutissement du travail de plusieurs nationalités asiatiques : la Corée du sud, la Chine et le Japon. Les cultures de ces trois pays ont donné la fusion que l’on peut voir à l’écran tant au niveau visuel, avec l’architecture des temples par exemple, qu’au niveau spirituel avec le mélange entre les philosophies issues du bouddhisme et celles issues du confucianisme. Mais le métrage est avant tout basé sur une « légende » très connue en Corée et qui traite de la réincarnation... (*)

(*) Nota : la « légende » relate le moment où le Dieu du Ciel descendit sur Terre avec 3000 serviteurs. Parmi eux se trouvaient un ours et un tigre qui voulaient se changer en Hommes. Pour cela, ils devaient s’isoler 100 jours dans une grotte : le tigre ne tint pas ; l’ours, quant à lui, se changea en femme au bout du 21ème jour. Le Dieu du Ciel lui-même finit par se changer en humain et devint le fondateur de la Corée... (Présentation faite par un représentant de l’Ambassade coréenne en Belgique avant la projection du film).

On remarque en ce moment une forte émergence de productions panasiatiques de grande ampleur... Y a-t-il un lien avec l’ouverture assez récente de la Chine sur le marché international et, par là même, sur le marché asiatique ? Ou bien existe-t-il une autre raison ?

Il n’y a pas de lien entre ce phénomène de co-productions asiatiques et la seule « ouverture » de la Chine, même si cela a permis une multiplication certaine des marchés. Il s’agit plutôt du fait qu’en Asie nous avons globalement tous la même culture ou, du moins, un fond culturel identique. Et le film a été fait dans ce sens, afin de toucher toute l’Asie et pas seulement le territoire sud-coréen.

Savez-vous si, depuis The Restless, d’autres projets d’« heroic fantasy » sont en cours en Corée ?

Je pense que pas mal de metteurs en scène de mon pays aiment ce genre. Il y a pas mal de projets en cours de production. Ainsi, Ryu Seung-Wan, le réalisateur de Arahan et City of Violence, est en train de travailler sur un film de « fantasy »...

Et vous-même, retravailleriez-vous sur un film de ce type ?

J’aimerais bien en tout cas. J’adore véritablement ce genre.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées sur le tournage ?

En premier lieu, nous avons dû stopper le tournage en extérieur pendant un mois entier, car il n’arrêtait pas de pleuvoir !... En fait, la principale difficulté a été d’ordre géographique : nous avons tourné en différents endroits d’Asie, et ce n’était pas toujours facile de déménager aussi souvent... Par contre, il n’y a eu aucun problème de communication entre les divers intervenants qui ne parlaient évidemment pas tous la même langue.

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La « Restless team » entoure Wolverine.



Au producteur : Et au niveau de la mise en chantier de la production, y a-t-il eu des problèmes ?

Hum... Vous pensez réellement qu’il n’y a eu aucun souci à ce niveau ?... (Esclaffement général...) En fait, dès le début, nous nous sommes mis d’accord sur un plafond, et le budget du film a été d’environ 10 millions d’euros, ce qui est énorme pour une production coréenne...

Seulement 10 millions d’euros ? Mais le rendu à l’écran est stupéfiant !!! (Ndlr : surtout quand on pense que c’est à peine le cachet d’une star hollywoodienne...)

*Petite anecdote : à la suite de notre réaction, il y a eu un échange de plusieurs minutes entre Ju et les deux hommes pour savoir s’il n’y avait pas eu d’erreur sur le montant annoncé. Finalement, après avoir écrit la somme en chiffres sur un coin de notre cahier, le producteur a confirmé le budget à 10 millions !*

À Cho Dong-Oh : Auriez-vous ajouté beaucoup plus de choses avec un budget plus conséquent ?

Hum... (Un brin gêné devant le producteur)... Eh bien, non, pas vraiment. J’aurais surtout essayé de rendre le film plus facile d’accès à un public non asiatique, qui n’est pas forcément habitué au thème de la réincarnation. Cela dit, certains aspects de The Restless sont peu compréhensibles pour les Coréens eux-mêmes !...

Le film est-il déjà sorti en Corée ? Si oui, a-t-il eu du succès ?

Il est déjà sorti en salles, mais a eu un succès mitigé. Disons que ça a été du 50-50... Le métrage mixe deux genres à part entière, à savoir une histoire d’amour d’un côté et de l’action pure de l’autre. Et peu de fans d’un genre ou de l’autre n’étaient pleinement satisfaits du résultat... En général, le public a surtout été réceptif aux prouesses techniques du film...

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une belle affiche bien dédicacée



Auriez-vous aimé faire un choix entre amour et action ?

L’histoire d’amour est beaucoup plus présente dans le roman original dont est tiré le film. Mais nous avons décidé de retirer certains passages afin de maintenir un certain équilibre avec les scènes de combats. De toute manière, si j’avais vraiment pu choisir, j’aurais tout basé sur l’action, car j’adore ça !

(À cet instant, Ju nous fait judicieusement savoir que Cho Dong-Oh est « maître » en arts martiaux, ceinture noire de taekwondo ou de jujitsu, elle ne sait plus trop... Holà ! Doucement, M. Cho ! On l’a aimé votre film, nous !!!... :-D)

Justement, le chorégraphe martial de The Restless est-il coréen ?

Oui ! Il s’agit de Hong Chung-Du qui est très connu dans le milieu. C’est un des plus grands maîtres d’action coréens, il a notamment travaillé en Russie à une adaptation de l’histoire de Genghis Khan...

Est-ce qu’il y a une sorte de « sursaut d’orgueil » (pas taper M. Cho !) de la Corée en matière de films d’action depuis quelques années, par rapport à des « rivaux » historiquement célèbres comme Hong Kong ou le Japon ?

Non, ce n’est pas récent ! Il y a toujours eu beaucoup de public pour les films d’action en Corée, depuis très longtemps. À vrai dire, il y a deux grands genres phares chez nous : les films d’action et les mélodrames-films d’amour...

Au producteur : Avec quels autres réalisateurs avez-vous déjà collaboré ?

Je travaille souvent avec Kim Sung-Su et Chang Jun-Whan qui sont des personnes que j’apprécie beaucoup aussi. D’ailleurs, je m’attelle actuellement à la production du prochain film de Kim Sung-Su, le réalisateur de Musa, princesse du désert. Ce sera un film d’action qui se déroule dans les années 1900 en Corée, lors de l’Occupation japonaise... (La Corée ayant été occupée pendant quelque 35 années par les Japonais...)

À Cho Dong-Oh : Pour terminer, quel sera votre prochain film ?

Ce ne sera pas un film d’« heroic fantasy ». Cette fois-ci, je vais réaliser un métrage d’action se déroulant à l’époque actuelle...

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Mercano et l’équipe du film



Entretien réalisé le 16 avril 2007 lors de la 25ème édition du Festival International du Film Fantastique de Bruxelles (BIFFF).

Merci à M. CHO Dong-Oh et à son producteur pour leur enthousiasme communicatif, et à Mme CHOI Hyung-Ju, notre interprète coréenne.

*« Special thanks » to Emmanuel BEIRAMAR, rédacteur en chef du site Fantasy.fr, qui a collaboré si sympathiquement à notre interview.

**« Very special thanks » aux « incredible » Marie-France DUPAGNE et Thibaut DOPCHIE, du bureau de Presse du Festival.


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