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Bollywood Week 2006

Interview Esteban

Interview Esteban

Nous le connaissons tous (certains l’idolâtrent même !!). C’est lui qui a animé les trois grandes fêtes du cinéma Bollywood qui nous ont fait vibrer. Fantastikasia a décidé d’en savoir un peu plus sur lui.

Bonjour Esteban. Tout d’abord, pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour, je m’appelle Esteban Perroy, j’ai 33 ans, je suis animateur professionnel en événementiel et en radio (par exemple sur Nova chaque samedi à 13h pour le Comité de Vérification International de Crédibilité Fondamentale Filmique). J’ai travaillé sur Ciné-Cinéma comme chroniqueur et auparavant j’ai mené une carrière de programmateur cinéma ; je connais l’univers artistique et économique du cinéma (production - distribution). Lors du choix des films, la programmation comprend à la fois des enjeux commerciaux et artistiques. Enfin je dirige depuis 1999 COMMEDIA, une école de théâtre d’improvisation à Paris où je forme une centaine d’élèves par an. De manière anecdotique j’interviens comme comédien TV et bientôt au cinéma.

Comment es-tu arrivé au Bollywood Day il y a deux ans ?

Quand j’étais programmateur, en 1998, j’ai fait la connaissance d’un jeune collaborateur de Mac Mahon Distribution : Vincent Paul-Boncour. Au fil des ans, nous avons appris à nous connaître et nous sommes devenus amis. Quand il s’est lancé dans l’aventure du Bollywood Day, comme j’avais pour lui animé des débats autour de sorties (Rencontre du Troisième Type par exemple) ou de son livre sur Spielberg, c’est naturellement qu’il a fait appel à moi. C’est lui qui m’a réellement fait découvrir le cinéma de Bollywood et m’a transmis sa passion que je revendique aujourd’hui complètement. Il y a deux ans, je me souviens, le public me reprenait sur les prononciations. J’ai appris avec le public. J’ai rencontré beaucoup d’Indiens, des chanteurs, des danseurs, j’ai vu beaucoup de films, Vincent m’a permis de me plonger dans l’univers indien de Paris et dans la foulée je me suis mis à animer des soirées indiennes dans des boites de nuit, des expos, des spectacles en banlieue ou à Paris, des journées associatives, etc. Cette passion de l’Inde m’a captivé et je ne rêve plus que de partir là-bas. J’ai envie année après année de parler la langue, de déguster la gastronomie, de mieux comprendre les gens, la culture, etc... Dans les présentations que je propose, j’essaye toujours de traduire mot à mot puis d’expliquer, non seulement de façon littérale mais aussi de transcrire l’esprit « indien », de transposer à « l’occidentale » cette culture unique, le mixage de toutes ces provinces différentes, leurs mœurs, leurs coutumes, leurs incompréhensions, leur sens de l’honneur, leur sens du business (qui diffère selon les régions). Maintenant brûle en moi un amour de l’Inde et je crois que le public le sent et m’accueille chaque année plus chaleureusement. Je suis toujours très ému quand des gens viennent me voir à la fin pour me remercier ou dire que je suis un vrai passionné : déjà c’est la vérité, et en plus, ça montre que je fais bien mon travail.

Quand tu as commencé, tu avais une idée de ce que tu allais trouver en face de toi ? Des curieux, la diaspora ?

La première fois que j’ai animé le BD, j’y allais comme quand un enfant monte pour la première fois sur un grand huit ou dans un train fantôme. Je n’avais pas vraiment peur, c’était plutôt une sensation très exaltante. Depuis une dizaine d’années j’ai pu animer des événements autour de stars, et je me suis parfois retrouvé à gérer des soirées rock and roll. Mais là, je me suis dit « tu repars à zéro, personne ne te connaît, personne ne t’as vu dans une autre avant-première » et on ne t’attend pas, au contraire. Le public veille avec son flingue chargé... Quand on arrive sur scène face à un nouveau public, si on est un peu trop précieux, parisien, si on n’est pas assez chaleureux, si on ne regarde pas les gens, si on bafouille, si on se trompe, si on ne tient pas tête à la salle quand il le faut, si on ne s’adresse pas à la fois à l’orchestre et au balcon, etc, ça ne pardonne pas. On est en première ligne. Ça a l’air facile et sympathique, mais ça ne l’est pas. Je ne savais pas si j’allais tomber face à des tyrans ou face à des gens ouverts et encourageants. Par bonheur l’accueil a été chaleureux et positif. Les puristes, tels que vous mon ami (rire), aviez des réserves face au fait que je n’étais pas un spécialiste. Si j’ai pu grandir avec le public des BD, j’en suis heureux.

Tu présentes les films mais pas seulement, tu assures l’animation, tu introduis les artistes sur scène, tu assures leur briefing d’avant spectacle en coulisses. Le Bollywood Week n’est donc pas qu’une histoire de cinéma pour toi. Cela t’impose-t-il des recherches ?

C’est mon côté prof et metteur en scène. Je briefe les artistes avant les shows puisque Marilke de Carlotta-Bodega Films(qui a fait d’ailleurs un travail top), et moi avons préparé les spectacles de cette BW depuis les castings jusqu’à la scénographie. Maintenant au niveau de l’animation pure, il ne faut pas croire que le métier d’animateur consiste juste à monter sur scène, faire un peu le con et improviser des trucs sympas. Pour qu’il y ait une ambiance réussie et pour que tout le monde soit détendu, pour que je sois ouvert et prêt à écouter le retour de la salle, que je parle des danses, des chants, de la culture indienne, bref que je sois crédible, il faut que je m’imprègne de cette culture. Il est nécessaire de se préparer longtemps en amont et de passer des heures à y travailler. Il y a quatre mois que je me suis replongé dans les films, les lectures, que j’écoute des CD Bollywood dans la journée ou le soir en m’endormant. Je vais régulièrement sur Internet (je viens fréquemment sur Fantastikasia - et c’est vrai, c’est pas du fayotage), je demande des traductions ou des informations... par exemple pour le spectacle de marionnettes, je me suis renseigné sur les personnages et l’origine de leur nom. Sur le net, j’ai un super retour avec les avis des gens, c’est vraiment très intéressant autant sur le cinéma que sur l’animation. Les gens n’hésitent pas sur Internet à écrire sans prendre de gants sur ce qui leur a plu et ce qui leur a déplu.
En gros, il y a Internet, les Indiens, Vincent (qui est une géniale mine d’information) et puis il y a surtout l’amour de l’Inde. À partir de tout ça j’utilise mes connaissances et mon ressenti pour mettre un peu de poésie dans mes explications. On peut être provocateur, drôle mais mettre un peu de sensibilité, d’amour, d’humilité, c’est aussi une touche capitale et ô combien « Bollywood ».
En amont il y a donc du travail et aujourd’hui (lundi 1er Mai NDLR), je suis dans un état de déliquescence et de fatigue assez effroyable (rire). Les journées commencent au Rex à 9h (8h30 pour nous NDLR :P ) et finissent très tard, jusqu’à 3 ou 4h du matin.

On a vu que le public est très réactif pendant la BW, quelle impression cela fait-il ?

C’est génial de voir les gens se lever et danser, taper dans les mains, chanter, me répondre tous en chœur comme un seul homme quand je pose une question, même idiote ou dont on connaît la réponse à l’avance. En 10 ans j’ai animé un grand nombre d’événements mais c’est la première fois avec les journées Bollywood que c’est aussi incroyable. Je pense que le fait que le public est un melting pot de communautés fait tout. C’est un public de connaisseurs, et les chansons ne leur sont pas étrangères ; j’ai la faiblesse de croire qu’ils m’aiment bien et qu’on s’amuse bien ensemble (quand je suis arrivé sur scène lundi ils ont vu la fatigue sur les traits de mon visage et m’ont encouragé ! Une dame m’a même apporté du muguet, j’en ai eu les larmes aux yeux).

Le jour de l’ouverture mercredi, c’était juste H-A-L-L-U-C-I-N-A-N-T !! J’avais vécu des grands moments comme un Grand Rex debout pour les Bronzés mais jamais ÇA ! Après la poignée de main de SRK, le petit mot que m’a glissé Rani à l’oreille, la salle qui hurlait debout, les flashs qui crépitaient partout, c’était l’extase, j’étais sur la planète Mars, un bonheur indescriptible et qui me semble aujourd’hui déjà un rêve envolé.

Justement, qu’est-ce que cela fait de voir cette réaction très forte du public et la quasi non-réaction des médias français ?

En fait les médias ne connaissaient pas l’impact du phénomène BOLLYWOOD jusqu’à cette semaine, ni l’ampleur de la culture indienne en France. Les Indiens forment dans notre pays des communautés présentes mais discrètes, ils ne sont ni provocateurs, ni revendicatifs, sont respectueux et humbles et suivent leur religion avec discrétion. Dès lors, les media les ignorent. On montre parfois des reportages sur Escales, on nous passe Bharati à la télé parce que le présentateur de l’émission a été invité en VIP trois jours avant à la première au Palais des Congrès ... sorti de là c’est la misère !! Par contre je ne suis pas d’accord avec toi quand tu dis qu’on n’a pas parlé de la BW dans les médias : France Info a fait ses gros titres de l’accueil des stars mercredi, France 2 a montré l’hystérie qui a saisi les Champs Elysées et le grand Rex, France 3 aussi. On a compté de nombreuses pages dans la presse. Les médias français ont finalement pris en « pleine gueule » le phénomène Bollywood qui touche bien plus de gens que ce qu’on imaginait. À part quelques rares médias qui le savaient déjà (ou qui voulaient bien nous croire quand on les a prévenus du phénomène), les autres ont pris une bonne claque. L’année prochaine ils seront là.
Quand ils ont capté que 1500 personnes se sont déplacées pour accueillir Tom Cruise à la Défense et 5000 pour Preity, Rani et Shah Rukh, ils se sont dit « il y a quelque chose qu’on n’a pas bien vu » Ça ouvre les yeux sur un monde culturel cinématographique qui n’est pas centré sur les Etats-Unis comme on aurait tort de le croire ! De l’oxygène !! BIIP BIIIP (censuré)
Maintenant les médias savent, et c’est tant mieux pour nous...

Est-ce que tu penses que nos visiteurs, eux, ont réalisé l’impact de leur venue ?

Je peux te dire que Preity Zinta sur scène m’a demandé « est-ce que c’est toujours comme ça en France quand il y a des acteurs ? » Je lui ai répondu que c’était parfois festif mais qu’à ce point-là cela devenait EXTREMEMENT rare. Je n’ai jamais vu une telle hystérie, un tel engouement pour des stars. Il y a eu un retour incroyable de la part de tous les gens présents dans la salle du Rex et à l’extérieur.
J’espère qu’il y aura des extraits vidéos sur fantastikasia.net. Si vous voyiez les films tournés au Virgin (!!) : la dernière fois que j’ai vu des images de foule si violente c’était pour les Beatles ! Les gens qui hurlent, s’écrasent, s’évanouissent... Même quand Madonna passe en France, il y a bien quelques centaines d’hystériques mais pas 5000 personnes qui bloquent les Champs ! Ils ont été obligés de descendre le rideau de fer du Virgin ! Yash Chopra a vu ça et a dit à l’oreille de Vincent « maintenant je comprends ». Il l’a ensuite remercié de s’être autant investi et a promis de faire venir d’autres stars. Il souhaite populariser ses films en France et a dit que s’il le pouvait il enverrait Hrithik et Aishwarya pour Dhoom 2 ! Il n’a rien promis mais a priori quand Yash Chopra parle les gens l’écoutent avec déférence (et SRK le premier, vu et approuvé à la soirée du Manray !!). Personne ne l’a forcé à dire ça. (NDLR : Si l’on bloque les Champs une autre fois, on obligera bien TF1 à faire leur gros titre avec Bollywood, non ?).
Une autre chose l’a impressionné, c’est d’avoir eu tant de demandes d’interviews. En Inde, et un peu partout ailleurs aussi, il n’y en a que pour les stars, les stars, les stars. La France est un pays traditionnel de cinéma, et les journalistes se sont donc beaucoup intéressés à lui en tant que réalisateur. Il a semblé très touché à ce sujet.

Une question indiscrète : ton coup de cœur dans l’équipe ?

(Aucune hésitation) Preity. Elle est vraiment simple, souriante et chaleureuse. Un vrai plaisir de la rencontrer. Nous avons à peine eu le temps de copiner mais c’était un bonheur...

Est-ce que tu as quelque chose à ajouter pour finir cette interview ?

Un mot pour vous remercier : l’équipe Fantastikasia et ses bénévoles ont fait un super boulot pendant cette Bollywood Week, j’espère que nous retravaillerons ensemble. Le public a été extra comme d’habitude, et les équipes de Carlotta-Bodega Films efficaces et souriantes, même dans les moments de chaos organisationnel ;-). Vivement l’année prochaine !!!

PS : si vous avez tout lu vous êtes très forts !

Vous pourrez retrouver Esteban pour l’animation de la masterclass et nuit Jean-Jacques Beineix, toujours au grand Rex ce vendredi 12 mai 2006 dès 20H.

On peut écrire à l’animateur
(par exemple pour lui exprimer sa haine après avoir vu la photo qui suit :p )

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