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FanTasia 2003 : 7e édition du festival du film fantastique d’action et d’horreur de Montréal

Interview Marc Lamothe : Un festival du public

Fantastikasia : Justement, nous avions une question là-dessus, mais nous y reviendrons plus tard. Je voudrais connaître le budget de FanTasia. Combien de fonds et comment les réunit-on pour ce genre de festival ? Qui est payé, qui n’est pas payé ?

M. L. : La vaste majorité de notre personnel est bénévole. Quelques postes sont payés, les gens de la billetterie, ceux qui travaillent au comptoir de bonbons. Les gens qui manipulent l’argent ne devraient pas être bénévoles [rire]. Par contre, les gens qui travaillent dans la salle, comme les placiers, ou les programmeurs sont bénévoles. Nous avons une entente avec eux : si le festival fait des profits, nous partageons ; s’il n’y en a pas, c’est le risque que nous prenons tous ensemble.

Fantastikasia : Alors, l’ensemble du budget s’élève à combien ?

M. L. : Nous n’abordons pas cette question.

Fantastikasia : [sourire] D’accord. Le festival a-t-il été difficile à mettre en place la première année ? A-t-il été difficile de réunir l’argent nécessaire ?

M. L. : La première année, nous avons eu la chance d’avoir un commanditaire - qui est d’ailleurs toujours un de nos commanditaires principaux - Vision Globale, la plus importante société de post-production canadienne, qui nous a beaucoup soutenus et qui, la première année, a injecté beaucoup d’argent dans le festival, dans la publicité, dans le programme de promo. La première année a été un succès extraordinaire. On s’attendait à avoir 25-30 000 personnes. On en a eu 50 000.

Fantastikasia : Sur toute la durée du festival ?

M. L. : Oui, sur les trois semaines qu’a duré le festival [Ndlr : 31 jours exactement !J ]. Cela a été au-delà de toute espérance. Et les profits réalisés nous ont permis de rembourser et de continuer l’aventure....

Fantastikasia : Donc, il s’agit essentiellement des billets vendus...

M. L. : Oui, et des publicités vendues dans le programme.

Fantastikasia : Publicité, mais aussi vente de boissons...

M. L. : Voilà.

Fantastikasia : Et comment s’annonce cette année ?

M. L. : Nous prévoyons avoir entre 60 et 70 000 personnes. Tu vois, en pré-vente, au cours des 48 premières heures, nous avons vendu 16 000 billets. Nous avions déjà vendu 33 % de nos billets trois ou quatre jours après le début de l’événement. Au cours des trois dernières années, nous avions eu entre

60 000 et 70 000. Selon les chiffres, nos prévisions et notre examen des films vendus, nous devrions nous approcher du 60 000 cette année. [Ndlr : au final, 73 000 billets vendus]

Cette baisse est probablement attribuable au fait que nous avons disparu pendant un an et aussi que nous étions chaque année au cinéma Impérial. L’an dernier, le cinéma a été fermé pour rénovations, pour des travaux forcés, appelons ça comme cela - la toiture, la climatisation, la tuyauterie... Nous avons été avertis seulement six semaines avant l’événement que les rénovations ne seraient pas terminées pour pouvoir nous accueillir. Plutôt que d’essayer de trouver une autre salle dans un délai aussi court, nous avons préféré remettre à l’année suivante. Comme cette année le cinéma est toujours en rénovation, nous avons changé de salle. Il est probable que la légère baisse de public est attribuable à cela, au fait que nous avons été absents pendant un an et au fait que nous avons déménagé. Plusieurs personnes ne nous ont pas suivis, ont craint qu’il s’agissait cette année d’un auditorium de cours, n’auront pas saisi qu’il s’agissait d’un cinéma. Question de préjugé, peut-être.

Fantastikasia : Une rumeur veut que vous ne retourniez pas à l’Impérial ?

M. L. : Nous allons terminer l’année, voir la réaction. Et nous allons attendre aussi les rénovations de l’Impérial. Nous irons voir et nous ferons un choix à ce moment-là.

Fantastikasia : A priori, les sièges du Theatre Hall [Ndlr : de l’Université Concordia, où se déroulent la plupart des projections] ne sont pas prévus pour des projections de longue durée...

M. L. : Les quatre premières années à l’Impérial étaient pires ! [rire]

Fantastikasia : Humm... On pouvait cependant y endurer cinq projections de suite !

M. L. : C’est la prochaine étape. L’année prochaine, [l’Université] Concordia prévoit rénover. En fait, les deux parties sont gagnantes dans la transaction que nous effectuons avec Concordia. L’université s’apprêtait à fermer la salle pour en faire une salle multi-usages - conférences, etc. La responsable du cinéma a demandé à la direction si celle-ci était prête à investir dans la salle si elle réussissait à faire venir des festivals, pour laisser à cette salle sa vocation de cinéma. Aussi pour les cours, évidemment, Concordia étant une grande université cinématographique. La direction a accepté à la condition que la responsable réussisse à trouver un client. Nous débarquons donc pour 25 jours, nous sommes très rentables. Nous croyons aussi que d’autres festivals vont nous suivre. Le Festival des films du monde a fait une demande.

Fantastikasia : Ah oui ?

M. L. : Douce vengeance ! [ndlr : le festival des Films du monde est propriétaire du cinéma Impérial...] Voilà. Nous verrons. Donc, pour nous accueillir cette année, l’Université Concordia a installé un nouvel écran, plus grand qu’à l’Impérial, ainsi qu’un nouveau système de son Dolby digital (vingt enceintes acoustiques haut de gamme). Vous avez vu, le son et l’image... Nous n’avons vraiment pas à nous plaindre. Nous sommes convaincus que c’est mieux qu’à l’Impérial ; le calibrage de son, la compression... Nous sommes vraiment satisfaits. Pour ce qui est des sièges, c’est un fait qu’on trouve qu’au troisième film...

Fantastikasia : [rire] on commence à...

M. L. : On commence à... Mais comme je te dis, les sièges ont été changés il y a seulement trois ans à l’Impérial. Avant, c’était comparable selon nous. Concordia nous promet qu’à court terme cette rénovation des sièges est la prochaine rénovation. Attendons donc. On ne sait même pas quand l’Impérial sera prêt ; ce sera peut-être en 2004 ou en 2005. Pour le moment, les travaux ne sont pas encore commencés.

Il faut bien comprendre que Concordia n’est pas un choix, cela nous a été imposé. Ce n’est pas nous qui avons posé un geste d’indépendance face à M. Losique et son festival [ndlr : le festival des Films du monde], ou son cinéma, en disant que nous ne voulons plus venir chez toi. C’est lui qui, l’an dernier, a mal géré son temps et, cette année, qui... voilà. C’était important pour nous de garder ce lieu, car le secret de FanTasia, c’est le public, mais en outre, c’est la salle. C’est l’idée de recueillir 700 personnes enthousiastes, qui normalement sont introverties en société et qui, tout à coup, deviennent extraverties, qui crient. Et l’ambiance, l’énergie découlent de la salle. Ma grande satisfaction à Concordia, c’est de voir que l’énergie a suivi, de l’Impérial. Si nous avions fait le festival dans un multiplex, dans deux trois salles de 200-300 places, nous aurions tué l’énergie. Les fans ne nous l’auraient pas pardonné, nous auraient accusés de devenir commerciaux. Donc, nous savions que nous devions trouver une salle aussi grande, et, à part le Paramount, il n’y a pas de salle de plus de 500 places à Montréal. Et même là, le Paramount à l’air d’un centre commercial. C’est pas un cinéma... !

Fantastikasia : Justement, ce public est très particulier. J’ai fait Deauville et l’Étrange festival, à Paris. C’est très différent. À Paris, on a un public religieux, qui va, qui regarde le film, et c’est tout. Et ici, je vois une ambiance vraiment explosive. C’est très particulier.

M. L. : Ouais.


Fantastikasia : Et vous cultivez cela, en plus.

M. L. : Oui ! Ça fait partie de l’énergie. On la cultive maintenant, mais, à l’origine, c’est le public qui s’est imposé comme ça, a commencé à crier et à faire du bruit.

Fantastikasia : Il faut quand même dire que des fois c’est limite dérangeant, mais bon... C’est obligé.

M. L. : Ben... [rire] Ce sont les spectateurs qui décident ! Jusqu’à présent, nous n’avons jamais eu l’intention de demander aux gens de se taire, puisque c’est festif. C’est comme une célébration. C’est plus près d’un concert rock que d’une projection de festival, ça, je te le concède. Mais je t’avoue que nous sommes accros à cette énergie qui est unique...

Fantastikasia : ... Qui fait du bien, d’ailleurs...

M. L. : ... qui fait du bruit. Et je crois que ce public est constitué d’introvertis qui, tout à coup, deviennent extravertis. Des gens qui, dans leur emploi neuf à cinq, ont de la difficulté à discuter cinéma... On ne peut pas parler de Titanic, on ne veut pas en parler. C’est un public qui, comme nous, n’aime pas Hollywood, qui cherche une alternative à Hollywood. Ces gens-là se retrouvent donc réunis dans une salle, une majorité de 700 personnes à fêter, à célébrer cet événement qu’est FanTasia. Je pense qu’il faut chercher du côté de films comme Star Wars, de la première de Star Wars, pour obtenir probablement le même genre d’énergie. Cela viendrait donc du phénomène Star Wars, de ce genre de film qui génère justement des réactions... pas houleuses mais communicatives. Nous ne pouvons expliquer pourquoi le public réagit comme cela durant FanTasia et non pendant d’autres événements. Le même film sera projeté dans une autre salle, et le public ne réagira pas de la même façon. Les spectateurs se sont appropriés le festival...
Fantastikasia : C’est vraiment une fête.

M. L. : ... qui est à eux maintenant.

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