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FanTasia 2006

Re-cycle

Re-cycle

L’avis de Jesse : Ting-Yin a la cote. Écrivaine en vogue grâce à trois romans, elle goûte finalement au succès. Pour son prochain livre, elle abandonne le thème de l’amour pour se tourner vers celui de la spiritualité. Mais en ce qui la concerne, elle découvrira que ces deux sujets sont étroitement liés. Plongée dans les limbes, elle franchit autant d’épreuves qui correspondent à ses tourments existentiels. Morts vivants qui abondent, immeubles en ruine qui se désagrègent au gré du temps, caverne utérine, décidemment, l’endroit est malsain. Pas à pas, elle comprend que trouver la sortie entraînera une confrontation avec ses démons. Et ces derniers ne perdent pas une seconde pour se mettre à ses trousses. Mais pour elle, le choix ne se pose pas. Elle devra aller jusqu’au bout ou partager la souffrance de la population locale.

Ce lieu réservé aux abandonnés et aux oubliés, soumis à la volonté et à la colère de ses occupants, devient le terrain de jeux des deux réalisateurs. L’exploration de ce potentiel imaginaire donne le prétexte idéal aux frères Pang pour démontrer leur virtuosité en composition d’images. Une fois de plus, ils manipulent les propriétés photographiques et les dimensions spatiales pour modeler un espace chaotique. Ce kaléidoscope visuel baigne dans un environnement numérique et se plie volontiers aux caprices de la musique omniprésente. Des angles de vue époustouflants s’additionnent à des couleurs aussi contrastées par leur tonalité que par leur diversité. De la lumière, ils en jouent comme d’un instrument servant à donner la note aux scènes plus sombres et macabres. Décortiquant les profondeurs de champ et la vitesse, ils se paient même le luxe d’un effet d’optique impressionnant.

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à la rcherche de l’inspiration


Le tableau serait parfait si seulement tous ces beaux effets techniques pouvaient servir la narration comme elle le devrait. Du moins, la structure narrative laisse croire que leur utilité aurait dû s’étendre jusque-là. Les réalisateurs s’efforcent d’atteindre cet objectif en concentrant le champ informatif dans les derniers instants du film. Mais cette maladresse émousse les appréhensions que suscite ce microcosme apocalyptique et multidimensionnel. De surcroît, ce procédé ne contribue pas à apporter cette fougue manquant si cruellement aux films des frères Pang. En fait, le récit s’en tient à la prémisse de départ sans même penser oser un développement dans un sens différent.

Dans ce monde, l’écrivaine explore les replis de son inconscient, meublés des personnages de ses écrits, mais également de ses peurs et de ses regrets. Par cet aspect, ses créateurs essaient d’amener la narration à un second niveau, mais n’y parviennent pas. Sans être particulièrement originale, l’idée de départ donne lieu d’espérer et d’anticiper une aventure un peu plus palpitante. Cet univers cauchemardesque et parallèle suggère une réponse spirituelle sur le sort réservé aux âmes des suicidés et des enfants avortés, évoluant pêle-mêle parmi des idées et des personnages désuets. Une narration restreinte et déficiente aide à partager la connaissance de la protagoniste, mais permet difficilement d’élucider son lien de maternité avec les individus concernés. En fait cette réponse s’avère être l’un des points culminants de l’intrigue. Mais voilà, le suspense ne lève pas. L’importance accordée aux adjuvants demeure trop flagrante. Leur nombre restreint et l’affection que leur porte Ting-Yin vendent la mèche bien avant le dénouement. Et même avec une carence de précision, l’effet de surprise ne réussit pas. Le film souffre de longueurs typiques aux frères Pang dont l’intérêt pour la photographie surpasse largement leur volonté de développer une histoire.

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Hongkong parallèle...


Reconnus et critiqués pour porter davantage sur la forme que sur le fond, les films des frères Pang restent une expérience visuelle à tous points de vue. À l’instar de leur précédent long métrage, Eye 2, les acteurs viennent atténuer ce penchant trop prononcé. Secondée par Lau Siu-Ming et Lawrence Chow dans une brève apparition, Angelica Lee revient dans une performance impeccable dans le rôle principal de Ting-Yin.

Pour le bonheur de tous, devant l’écran comme derrière la caméra, Re-cycle se base sur un scénario à la mesure des aptitudes de ses deux réalisateurs. Une histoire simple avec peu de contraintes narratives, qui offre une grande liberté d’action et de création.

La note de Jesse : 6,5/10

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L’avis de Dahlia : Eh bien, que dire, si ce n’est renchérir... Tout de même, nous sommes bien un peu privilégiés puisque Re-Cycle n’a été présenté qu’à Cannes et prend l’affiche au mois de juillet à Hongkong, donc en même temps qu’il nous est présenté. Et le public fantasien, alléché par la bande annonce, s’est précipité sur cette occasion, au point qu’une troisième projection est programmée.

Notre appétit aiguisé a-t-il été rassasié ? Il est resté sur sa faim. Je me suis surprise à trouver le début un peu long, tant je voulais qu’on en vienne à cet univers intriguant qui nous était montré dans la bande annonce. Mais il faut bien commencer quelque part. Dans le monde de l’écrivaine à succès Ting-Yin (Lee Sin Je, parfaite) qui s’attelle à un nouveau roman portant cette fois sur le surnaturel. Or, il paraît qu’aborder ce thème nous amène des expériences plutôt étranges. Et c’est bien ce que semble vivre Ting-Yin, entre des scènes mélo typiquement hongkongaises. Les frères Pang savent tout de même y faire en matière d’horreur. Cela nous vaut donc quelques moments de tension.

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Le film bascule lorsque Ting-Yin se retrouve tout à coup dans un Hongkong décrépi, inquiétant, peuplé de créatures fantomatiques. Alice au pays des cauchemars. Un pays en rapport avec la création et l’abandon. Tout cela est bel et bon, mais ne nous avance pas à grand-chose. Se dégage avec agacement l’impression que le fond et la forme ne constituent pas un tout, que le fond n’est que prétexte pour se livrer à cette expérimentation visuelle. Rien de plus irritant. Et le dénouement au pays des cauchemars n’arrange rien au vu de sa teneur moralisatrice. On essaie bien d’apporter un peu plus de « substance » à la fin, mais vraiment... Ce qui aurait pu être une réflexion sur la création n’était que de la poudre aux yeux.

La note de Dahlia : 5,5/10


P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Titre original : Gwai wik
Réalisation : Danny Pang, Oxide Pang
Année : 2006
Pays : Hongkong, Thaïlande
Interprétation : Lee Sin-Je (Angelica Lee), Lau Siu-Ming, Lawrence Chou, Zeng QiQi, Rain Li, Jetrin Watanasin
Scénario : Oxide Pang, Danny Pang, Pang Pak-Sin, Chien Cub, Sam Lung
Image : Decha Srimantra
Montage : Oxide Pang, Danny Pang, Curran Pang
Musique : Payont Permsith
Animation : Ng Yuen-Fai
Effets Visuels : Fat Face Production
Production : Alvin Lam, Oxide Pang, Danny Pang
Durée : 108 min

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