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Fantastic’Arts 2004

A Tale of Two Sisters

A Tale of Two Sisters

Cette énième version d’une légende orale coréenne, un 6ième sens de Shayamalan en plus embrouillé et encore plus lent, a suffisamment convaincu le jury « long métrage » pour gagner le Grand prix du festival, bien qu’elle ait fortement déplu à la majorité du public présent (si l’on en croit nos conversations de file d’attente).

Les deux sœurs Su-mi et Su-yeon sont de retour dans la maison familiale après une longue absence inexpliquée. Elles sont accueillies par leur belle-mère, Eun-joo, qu’elles semblent haïr et craindre à la fois. Leur père, Mu-hyun, reste effacé, ne semblant pas intervenir dans cette relation tendue qui ira en s’envenimant, alors que de curieux évènements pourraient être liés à une présence surnaturelle dans la maison. Mais les choses ne sont peut-être même pas ce qu’elles ont l’air d’être...


Y a quelque chose dans l’armoire...

Cette histoire est (très) librement inspirée de la légende de « Janghwa et Hongryum » (Rose et Lotus), un conte populaire coréen qui fut transmis oralement jusqu’à sa
retranscription dans le « Folk Tales of Korea » de Zong In-Sob. Le réalisateur Kim Jee-woon ne s’est pas contenté de l’adapter à un contexte contemporain, il a complètement détourné les attentes du public local, en modifiant à la fois le processus de narration et le dénouement de l’histoire.

Il faut dire que cette légende fut déjà adaptée plus fidèlement de nombreuses fois au théâtre, à la télé, ainsi qu’au cinéma.
Citons Janghwa et Hongryum (1924), The Story of Jang-hwa and Hong-ryum (1956)
et The Great Story of Jang-hwa and Hong-ryum (1962) de Chung Chang-wha,
ou encore Jang-hwa and Hong-ryum : a Story of Two Sisters (1972) de Lee
Yu-Seop.


Y a quelque chose dans ce sac...

Tout comme Whispering Corridors de Park Ki-hyung (1998)
ou Memento mori de
Min Kyu-dong et Kim Tae-yong (1999), A tale of Two Sisters n’est pas qu’un film d’horreur, mais contient des éléments
de critique sociale, de drame familial et de thriller psychologique. On peut
aussi le rapprocher du film Les autres d’Alejandro Amenàbar (2001) par ses côtés huis-clos et histoire de fantômes où ceux qui sont réels ne sont pas ceux que l’on
croit...


Y a quelque chose par terre...

C’est bien là le problème majeur du film qui, pour noyer le poisson de ses nombreuses références, surjoue la carte de l’ambiguïté, la complexité du scénario devenant finalement indigeste, voire tirée par les cheveux. C’est aussi un peu facile de la part d’un réalisateur d’avouer à la fin que ce que le spectateur a vu n’était pas vrai, c’est un mécanisme malhonnête de mise en scène.

Alors, effectivement, le film fait peur, mais il est aussi souvent ennuyeux.

La photographie et tout le visuel du film (décors et costumes) ont pourtant reçu un soin très particulier pour offrir des mariages inhabituels de couleurs. Les papiers peints, les tissus des vêtements, sont le fruit de recherches approfondies pour créer un climat étrange,
oppressant.


C’est beau, l’amour familial !


La musique y concourt aussi, d’une façon plus effacée. Le point fort reste l’excellente interprétation des trois comédiennes (sans quoi le film serait vraiment ennuyeux), chacune dans un registre spécifique : la rebelle protectrice, la victime introvertie et la mégère exubérante. Elles sont époustouflantes. L’émotion à fleur de peau est tangible, et la progression du récit vers l’irrationnel n’en devient que plus inquiétante.

L’actrice Yeom Jung-ah qui joue Eun-joo, la belle-mère, était aussi très bonne
dans Tell Me Something de Jang Yun-hyeon (1999), film déjà chroniqué sur
Fantastikasia.

Kim Jee-woon nous avait plus impressionnés par son court segment
de Three,
histoires de l’au-delà
(analysé aussi sur le site) par sa faculté à faire peur. Ici, il s’est un peu perdu dans ses digressions psychologiques sur l’oppression féminine. Two Sisters a moins d’impact. Ce qui fait vraiment peur, c’est de savoir que les USA ont acheté les
droits pour un remake. Or, quand on a vu à quel point Le cercle était inférieur à l’original, on se demande bien ce qui va rester de celui-là !!!


Émue par le Grand prix du festival, sans doute !

L’avis de Wolverine : Un film effectivement d’une lenteur remarquable, mais le résultat est là, comme toujours avec les films asiatiques de ce style. Une heure quarante-cinq pour arriver à un dénouement que l’on n’attendait
pas !

Un très bon point en ce qui concerne la prise de vue, merveilleuse. Couleurs et scènes excellemment filmées donnent une certaine beauté à cette
histoire somme toute bien triste.

Les inconditionnels du genre ne pourront oublier tous les autres films (la trilogie RING, Memento Mori,
etc.) qui se ressemblent trop maintenant. Les histoires de fantômes deviennent monnaie courante en Asie, il faudrait peut-être penser à changer un peu de registre, faute de quoi, le public risque de se lasser... Très bon film tout de même, à découvrir pour ceux qui ne connaissent pas la légende des deux sœurs.


L’avis de Umungus : Que c’est lent ! Je veux bien admettre que, du point de vue esthétique, c’est beau. On sent que chaque plan a été mûrement réfléchi. Il en est de même pour les décors particulièrement soignés qui confèrent à ce film un impact visuel saisissant. L’ambiance est glaciale et pesante à souhait. Et lorsqu’un son strident accompagne le plan suivant, la surprise est totale. Je pense d’ailleurs à mon voisin qui a failli avoir une attaque cardiaque en sursautant dans son siège
 !

Mais que de temps passé pour aboutir à une telle frayeur !

Ce qui est assez perturbant, voire agaçant, ce sont les différentes vues sur une même intrigue. À plusieurs reprises, le spectateur s’attend à apprendre le fin mot de l’histoire. Mais, en fin de compte, il est constamment « mené en bateau ». Petit conseil : boire un café serré avant
la projection !

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réal., scénariste : Kim Jee-woon
Pays : Corée du Sud
Année : 2003
Interprètes : Im Soo-Jung (Su-mi), Moon Geun-Young (Su-Yeon), Yeom Jung-Ah (Eun-Joo),
Kap-Su Kim (Mu-hyeon)
Directeur de la photographie : Lee Mogae
Costumier : Ok Soo-kyung
Compositeur : Lee Byoung-woo
Prod. : Oh Kimin, Oh Jung-wan
Durée : 1 h 55

Note Wolverine : 8/10
Note Umungus : 6/10

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