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Fantastic’Arts 2005

Ab-normal Beauty

Ab-normal Beauty

L’avis de Wolverine : Arg, arg, argggggggggg !!! Deuxième film produit par les frères Pang (mais réalisé uniquement par Oxide) présenté pendant ce festival... Deuxième choc. Dommage que le réalisateur n’ait pas pu faire le déplacement dans la perle des Vosges pour s’expliquer sur ses productions actuelles.
Ab-normal Beauty nous narre l’histoire de Jiney (Race Wong), une jeune fille passionnée par la photo. Malheureusement, aucun de ses clichés ne lui plaît réellement, jusqu’au jour où elle est témoin d’un accident de la circulation. Voyant un cadavre sur la route, elle se retrouve irrésistiblement attirée vers lui pour « immortaliser » l’instant. Débutera alors une passion morbide pour la photographie de la mort, qui commence par des animaux morts qu’elle « arrangera » jusqu’à essayer elle-même de retirer la vie à des poulets... Jusqu’où ira cette folie ?

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Clic clac !


Le film est d’une beauté esthétique à toute épreuve et ressemble davantage à un roman photo qu’à un long métrage. Dommage que les longueurs nous narguent avant de nous entraîner dans une spirale infernale où la réalité dépasse la fiction. Très mou au départ, le film va dévier vers le « snuff movie », ce qui risque d’en déranger plus d’un. À voir donc principalement pour la prise de vue, le scénario étant malheureusement bien mince...

La note de Wolverine : 5/10

L’avis de Medecine Man : Sur ce film, Oxide Pang travaille sans son frère Danny, et Oxyde sans Danny, c’est un peu comme Jean-Pierre Jeunet sans Marc Caro, c’est-à-dire la déception évidente de se rendre compte que l’univers cinématographique du duo n’est plus au rendez-vous.
Si un film comme The Eye pouvait intriguer par sa sophistication visuelle et son ingéniosité narrative, Ab-normal Beauty énerve par contre par la prétention d’un auteur sûrement trop choyé par la critique internationale : techniquement parfait, le film étale avec pédanterie la culture esthétique de son réalisateur.

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Dans la chambre noire


On peut être épaté par les cadres et la lumière durant une demi-heure, mais au-delà, on se rend compte qu’Oxide est un pur formaliste qui se moque de ce qu’il raconte et de son impact sur le public.
Faussement provocateur, le scénario est en fait très étroit d’esprit puisqu’il décrit finalement la quête douloureuse que doit suivre l’héroïne pour retrouver sa normalité.
Hypocrite donc, de jouer sur le voyeurisme du spectateur, en l’entraînant avec ce personnage dans un univers morbide et malsain, pour en fin de compte le condamner comme un censeur puritain.
« L’héroïne est punie par là où elle a pêché » semble dire l’histoire (qui n’hésite pas à s’enfoncer dans la vulgarité en reproduisant des images de « snuff movie »), et « il vaut mieux être normal », semble être la morale du film... Normal, autant dire banal, moyen, insipide, transparent, comme l’est le film, finalement !
Oxide Pang n’est définitivement pas le « renouveau du film fantastique venant de l’Orient », comme on l’a cru brièvement, et (pire que ça) il ne semble même pas apprécier le genre fantastique, puisque son film condamne la représentation artistique de la violence et de la mort, en agitant vainement l’argument usé jusqu’à la corde de son impact sur les esprits fragiles...
Si un vrai fan de fantastique et de gore doit l’expliquer encore et encore, je veux bien m’y coller : la violence fait partie de nous, de notre animalité, de notre société. L’art n’en est que la représentation (pour l’exorciser, comme un exutoire), en aucun cas la cause. Un esprit fragile sera de toute façon influençable par n’importe quel élément culturel, politique ou religieux, etc., et évidemment par l’art, mais rien ne permet pour autant de désigner l’art comme responsable de ses actes.

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On se fait une toile ?


Pour recentrer ce débat par rapport au film, disons que si l’héroïne de Ab-normal Beauty a des problèmes psychologiques qui la rendent dangereuse pour autrui et pour elle-même, c’est surtout à cause de son passé familial (enfant battue) et non à cause de son attirance pour la représentation artistique de la mort. Juger ses personnages, dans une société déjà pleine de tabous et d’interdits, ne devrait pas être l’objectif d’un film et surtout pas d‘un film fantastique qui devrait jouer avec nos peurs (pour mieux nous aider à les vaincre), sans comparer son public aux pires sadiques.
Et non, Mr. Pang, vous avez tout faux. On peut être homosexuel sans être déséquilibré pour autant, on peut apprécier le gore en étant inoffensif, on peut surmonter un traumatisme sans avoir à le répéter envers d’autres victimes, une seule de ces erreurs de jugement aurait pu être excusable (surtout avec un second degré ici inexistant), mais l’accumulation fait tache... Donc, non Mr. Pang, on ne défendra pas ce très mauvais film même s’il est super bien fait.
Qu’Oxide Pang devienne chef opérateur, c’est tout ce que je peux lui souhaiter.

La note de Medecine Man : 3/10

L’avis d’Umungus : Quelle déception ! Le synopsis laissait présager un film dérangeant et malsain, mais il n’en est rien. Certes, l’héroïne (Jiney) est homosexuelle, suicidaire et attirée par le macabre, mais on a du mal à entrer dans l’histoire. « Homosexuelle », car traumatisée par ses petits camarades qui ont essayé de voir sous ses jupes étant enfant [sic !] ? Et le rôle de l’amoureux transi à la limite de la niaiserie ne vient pas arranger le tableau. « Suicidaire » mais pas trop, la scène où elle se penche dans le vide du haut d’un immeuble fait plutôt sourire, il s’agit plutôt d’attirer l’attention de son amie qu’une réelle tentative. « Attirée par le macabre », la scène de tuerie de poulets aurait put être dérangeante... si on était un poulet !!!

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Tu vas souffrir, poulet !!!


La dernière partie du film est plus intéressante lorsque l’héroïne reçoit des cassettes vidéo où le morbide atteint son apogée avec des scènes de meurtre en direct. Celles-ci vont avoir un effet d’électrochoc sur Jiney qui va alors se rendre compte de ses propres limites face à la mise en scène de la mort. L’intérêt est de courte durée puisque l’on reste dubitatif à la découverte du sadique qui se cache derrière ces vidéos !!!
Ab-normal Beauty étonne toutefois par sa beauté. Le travail sur l’image et les couleurs est superbe. À l’instar de Jiney, Oxide Pang sublime le propos morbide de son film par cette recherche visuelle, ce qui pourrait être une fin en soi (?). Mais c’est paradoxalement cet esthétisme trop poussé qui, à mon avis, dessert le film en décrédibilisant son histoire.
En fin de compte, on reste sur sa faim et plutôt ennuyé de cette masturbation intellectuelle !

La note d’Umungus : 4/10

L’avis de Mercano Boy : Après le décevant (en tout cas, pour ma part) The Eye 2, le festival de Gérardmer édition 2005 est l’occasion de découvrir l’une des dernières réalisations en solo d’un des frères jumeaux Pang, Oxide.
Le moins que l’on puisse dire est qu’Ab-normal Beauty met du temps à installer son intrigue.
En effet, après nous avoir décrit pendant une très grosse première partie (qui m’a paru une éternité !) les affres de la passion morbide de l’héroïne pour les photos macabres et ensuite sa « guérison » grâce à son amie, le film prend enfin une tournure de thriller.

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T’es pas cap’ !


Non pas que l’effort de démonstration soit complètement vain, surtout grâce au jeu des actrices, plutôt convaincantes, et à la nature particulière de leur relation pour un film de ce type (homosexualité plus ou moins refoulée), mais l’on n’attend pas une si lente mise en place dans une œuvre destinée à donner des frissons au spectateur.
Car si l’on a bien un sentiment de malaise vis-à-vis de cette histoire de passion destructrice qui pousse peu à peu l’héroïne vers la folie, le tout est gâché par les effets de « style » inutiles du réalisateur qui force encore plus le trait que dans sa collaboration à The Eye 2 en multipliant les scènes « clipesques » en veux-tu, en voilà...
Si la lumière et les décors sont très beaux, ils sont malheureusement littéralement « plombés » par le montage épileptique de l’ensemble, ce qui donne un côté fortement « toc » à la forme à Ab-normal Beauty.
Mais voilà, après avoir eu la patience d’attendre jusque-là, on se dit que la partie « terreur » avec les VHS anonymes que reçoit le personnage principal va enfin tenir les promesses du film. Eh bien, pas vraiment.

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Prise à son propre jeu


Car, là encore, le « style » voulu par Oxide Pang dissipe un peu les scènes qui auraient pu être bien « flippantes ». Le montage finit même par devenir agaçant quand l’action du métrage devient quasiment « illisible », surtout lors de la (très) longue séquence finale.
Alors oui, on a un peu la chair de poule (merci les effets sonores !), mais au vu des sujets abordés (que d’aucuns peuvent trouver un tantinet racoleurs...) tels que le goût pour la mort, le « snuff movie » ou les relations sado-masochistes, le malaise aurait pu être bien plus grand.
Et l’on se plaît à imaginer ce qu’aurait pu faire un cinéaste plus ambitieux ou plus « jusqu’au boutiste » (comme Takashi Miike...) avec un tel matériau.
Alors, si vous avez envie de sensations pas (trop) fortes sur un propos bien « trash », Ab-normal Beauty est sans doute fait pour vous, sinon vous pouvez passer votre chemin sans trop d’hésitations...
Je ne suis décidément pas réconcilié avec la famille Pang, moi...

La note de Mercano Boy : 4,5/10


P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Titre original : Sei mong se jun
Réalisateur : Oxide Pang
Pays : Hong Kong
Année : 2004
Interprètes : Race Wong, Rosanne Wong, Anson Leung, Michelle Mei Suet
Scénariste : Oxide Pang et Curran Pang
Directeur de la photographie : Decha Srimantra
Compositeur : Payont Permsith
Producteurs : Pang Brothers
Distributeur : Pathé, Des Films
Durée : 98 minutes

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