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Fantastic’Arts 2005

One Missed Call

One Missed Call

L’avis de Wolverine : Comme tous les ans maintenant, nous avons droit au dernier film de Takashi Miike durant le festival. Dernier n’étant pas exactement le mot juste, car le temps que le film arrive en France, le maître asiatique en a tourné trois de plus. Cette fois-ci, il s’est inspiré de l’inégalable Ring de Hideo Nakata.

Une jeune lycéenne reçoit un jour un message sur son portable. Il vient de son propre téléphone, mais est daté de trois jours plus tard. Au moment exact ou le message sera envoyé, elle trouvera la mort dans d’étranges circonstances. La malédiction est lancée, les lycéens sont terrorisés à l’idée de recevoir un appel de leur propre mobile...

Voilà donc l’idée de départ. Déjà vu avec une cassette vidéo, ce film est prenant, sans rien apporter de spécialement nouveau. Le réalisateur jongle habillement avec le suspens et quelques moments comiques, n’hésitant pas par moments à faire même quelques jeux de mots (volontaires ?), compréhensibles uniquement des connaisseurs. Très bon film qui ravira les amateurs de Ring et autre The Grudge.

La note de Wolverine : 9/10

L’avis de Mercano Boy : Voici donc un nouveau film conçu dans le même moule que la « référence » Ring, le téléphone mobile remplaçant ici la cassette vidéo maudite...

Si vous cherchez la grosse surprise de ce film, elle vient sans nul doute du nom du réalisateur : un certain Takashi Miike... qui a le don d’être idolâtré ou conspué, c’est selon ! Cinéaste japonais hautement éclectique et touche à tout (les yakusas avec Ichi the Killer, le film d’horreur avec Audition, le « road movie » avec Gozu, la comédie musicale avec Happiness of the Katakuris, le film de super héros avec Zebraman... Rien ne lui fait peur !), Miike est connu pour livrer au public des œuvres violentes, extrêmes et vigoureusement déviantes !

Évidemment, il est bien étonnant de le retrouver ici à la tête d’un « ersatz » de Ring. Attention, cependant...
En effet, si l’intrigue est très similaire au film de Hideo Nakata, le choix du téléphone cellulaire comme annonceur d’une mort atroce imminente est assez judicieux, car l’idée est parfaitement ancrée avec la réalité actuelle, la « révolution portable » ayant bouleversé nos rapports avec les autres dans les pays industrialisés. De plus, cet outil de communication étant désormais majoritairement répandu dans toutes les couches sociales, l’identification avec les infortunés protagonistes de cette histoire est d’autant plus forte et l’on se sent immédiatement proche du destin de ceux-ci et des moyens éventuels de survivre à cette mystérieuse malédiction venant du futur (comme aller chez son opérateur favori afin de résilier son abonnement !).

De plus, Miike, même s’il apparaît très assagi sur ce film, profite de l’occasion pour tirer à boulets rouges sur la société actuelle dans une mémorable séquence d’exorcisme d’une des victimes par un soi-disant chaman au cours d’une émission télévisée, afin de faire grimper l’audimat ! (Avec une mort éventuelle en direct à la clé... Ça ne vous rappelle rien ?)

Le cynisme le plus cru est également de mise lorsque les (déjà) anciennes amies de la « contaminée », ayant appris que la malédiction se « transmet » par les répertoires électroniques, souhaitent supprimer leurs noms de la liste au plus vite, comme un virus ou une maladie qu’il faut absolument mettre en quarantaine, isolant encore un peu plus la malheureuse jeune fille...

Mais malgré ces critiques sociales, Miike n’oublie pas de soigner les scènes de terreur, qui se révèlent souvent efficaces. Et, sur ce point, le réalisateur ne cède pas à la facilité : même entourées et en plein jour, les futures victimes n’échappent pas au spectre vengeur.
Si elles ne sont pas toujours d’une originalité criante, les scènes d’épouvante sont par contre assez gore, comme la toute première qui fait penser aux enchaînements de situations des Destination Finale dont l’issue est forcément mortelle...

Alors, évidemment, si One Missed Call est loin d’être le métrage le plus personnel de Miike, le film ne sortant jamais vraiment des codes qui régissent le genre (ici, pas d’hallucinants délires narratifs ou visuels dont le metteur en scène est coutumier), c’est par contre un film d’épouvante solide et à la conclusion surprenante.

Film de commande au budget confortable pour un métrage d’horreur japonais, interprété par la nouvelle coqueluche nippone Kou Shibasaki (Battle Royale, Go), One Missed Call assure au spectateur son quota de frissons dans un genre où il est devenu difficile de surprendre à cause de la prolifération de titres qui débarquent d’Asie.
Et comme pour Ring ou The Grudge, le film fera l’objet d’un remake américain. Affaire à suivre donc...

La note de Mercano Boy : 7/10

L’avis de Medecine Man : Film de commande pour Takeshi Miike, remake inavoué mais amélioré du film coréen Phone, futur remake américain comme Ring et Grudge, One Missed Call remplit sa mission : utiliser une recette qui marche (les stéréotypes du kaidan eïga, film de fantôme vengeur japonais) en en renouvelant subtilement les codes.
Les innovations sont à chercher du côté de l’esprit ironique de Miike qui apporte une touche (légère) de second degré à ce genre souvent tristounet et, surtout, de la résistance des protagonistes face au fantôme et à leur malédiction.

En effet, le plus souvent dans les films d’horreur asiatiques, le fantôme se contente d’apparaître pour que la victime meurt de peur. Ici, au contraire, on refuse la mort et on cherche à l’éviter par tous les moyens... en allant même jusqu’à affronter physiquement le mauvais esprit.
Cela me paraît complètement nouveau (par rapport aux films que j’ai vus jusque-là, je ne prétends pas tout connaître non plus).

Miike, très assagi (par ses producteurs généreux : le plus gros budget jamais alloué à un film d’épouvante au Japon), compose ses plans avec soin, soigne ses lumières et dirige même ses acteurs avec subtilité et romantisme (un comble pour lui qui nous a habitués aux cabotinages excessifs depuis Dead or Alive » et tous ses 30 films trash par an) !

On a donc ce qu’on peut aimer dans un film du style de « Ring », mais avec en plus un sens du rythme évident. On ne s’ennuie donc pas, même si ça ne fait pas vraiment peur si on est blasé du genre.

La note de Medecine Man : 6/10

Lire aussi les avis de Jesse et de Dahlia dans le cadre de FanTasia Ubisoft 2004, One Missed Call

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur : Takashi Miike
Pays : Japon
Année : 2003
Interprètes : Kou Shibasaki, Shinichi Tsutsumi, Kazua Fukiishi, Renji Ishibashi
Scénaristes : Yasushi Akimoto, Minako Daira
Directeur de la photographie : Hideo Yamamoto
Compositeur : Koji Endo
Producteurs : Yoishi Arishige, Fumio Inoue, Naoki Sato
Distributeur : Metropolitan Filmexport
Durée : 112 min

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