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NIFFF 2005

Interview Kiyoshi Kurosawa - 2

Interview Kiyoshi Kurosawa - 2

Fantastikasia : Nous voudrions maintenant parler de votre long métrage Kaïro (présenté avec House of Bugs en hommage à M. Kurosawa, invité d’honneur de cette 5ème édition du NIFFF). C’est encore une histoire de fantômes en provenance du Japon, comme ont pu l’être Ring ou Ju-On : The Grudge. Comment expliquez-vous l’engouement des cinéastes nippons pour ce type d’histoires ?

J’aimerais avant toute chose dissiper un malentendu. Au Japon, il n’y a pas beaucoup de réalisateurs qui font ce genre de films ; en fait, le pourcentage est même très faible. Il s’agit d’un microcosme de personnes, et personnellement, je n’en connais que très peu, à part Takashi Shimizu (The Grudge) qui fut l’un de mes étudiants. (Il faut savoir que Kiyoshi Kurosawa est aussi professeur à l’Ecole de Cinéma de Tokyo depuis 1997.)

Donc, je ne dirais pas qu’il s’agit d’un nouveau style, mais plutôt d’un moyen d’expression pour des cinéastes tels que Hideo Nakata, Takashi Shimizu ou moi-même.

Fantastikasia : Mais il y a tout de même une longue tradition de films de fantômes dans l’archipel, surtout avec les « yurei eiga » des années 60...

Bien sûr, nous avons vu l’émergence d’une multitude de films de fantômes à cette époque-là au Japon.

Fantastikasia : Que pensez-vous des fantômes à ce propos ?

(Rires) Malheureusement, je n’en ai jamais rencontré... Mais, c’est quelque chose qui m’interpelle et qui fait naître des questionnements philosophiques amenant à la question primordiale, à savoir, que va devenir l’Homme après la mort ?

Fantastikasia : Dans un documentaire français consacré au cinéma japonais contemporain (cf. Le Cinéma Japonais hanté par ses fantômes), vous déclariez à l’époque de Kaïro que le cinéma fantastique nippon était complètement atypique et qu’il serait toujours parfaitement différent des autres cinématographies mondiales. Partagez-vous toujours ce point de vue ?

Oui. Il y a une particularité essentielle dans le cinéma fantastique japonais, c’est que lorsque les fantômes apparaissent à l’écran, ils ne font rien, ils sont passifs et se contentent juste d’être là, alors que, par exemple, les spectres dans le cinéma américain attaquent véritablement les humains, ils sont le moteur principal de l’action et, contrairement aux métrages japonais, l’Homme a les moyens de se battre pour survivre.
Les films américains visent plus à faire véritablement peur aux spectateurs, à distiller des moments de terreur lorsque le fantôme ou le monstre attaque subitement. C’est le genre de films bâtis sur le modèle de Alien, par exemple.

Fantastikasia : Voulez-vous dire que le style fantastique japonais donne plus à réfléchir que son alter ego américain ?

Dans les films hollywoodiens, il s’agit avant tout d’une lutte entre le Bien et le Mal, l’enjeu pour les protagonistes est de vaincre ou de perdre.

Dans le cinéma d’épouvante japonais, tout peut finir subitement, la présence fantomatique peut disparaître sans qu’on n’en sache véritablement les raisons, et c’est au public qu’il est donné de les imaginer. Les métrages fantastiques japonais finissent d’ailleurs la plupart du temps sur une fin très ouverte qui laisse aux spectateurs le soin d’interpréter leur propre conclusion de l’histoire.

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Mercano Boy en pleine action :-D



Fantastikasia : Nous ne vous voyons pas du tout travailler à Hollywood, du fait de la personnalité de votre filmographie... Est-ce tout de même en projet, comme l’ont fait quelques-uns de vos compatriotes ?

(Sourire) Non, ce n’est pas du tout à l’ordre du jour. Toutefois, un remake de Kaïro est en préparation à Hollywood. Cependant, je n’y suis pour rien, car les producteurs possédaient les droits d’auteur et ce sont donc eux qui les ont cédés aux Américains...

Fantastikasia : Pour revenir au Japon, vous êtes souvent considéré comme le chef de file du nouveau cinéma indépendant nippon sur la scène internationale. Assumez-vous ce statut ?

Je pense qu’on dit ça de moi parce que je suis le plus âgé, tout simplement ! Mais je crois que l’on peut également associer à ce rang Takeshi Kitano, qui est de ma génération, et qui participe lui aussi activement au développement du cinéma japonais, notamment en étant très reconnu à l’étranger grâce au succès que ses films remportent un peu partout dans le monde entier.

Fantastikasia : Au vu de votre filmographie, on peut penser que vous êtes quelqu’un de pessimiste. Est-ce vraiment le cas ?

(Rires) Non ! Absolument pas ! Je suis plutôt d’un naturel optimiste, mais je pense que c’est souvent le cas des réalisateurs qui font des films sombres !

Fantastikasia : Est-ce que vous avez l’impression de délivrer un message à travers vos films ou par le biais du genre fantastique ?

Pas réellement. En tout cas, ce n’est pas un message fort. Je vis à Tokyo et j’essaie plutôt de retranscrire à l’écran ce que je ressens dans la vie quotidienne, tous les moments passés, et ce que j’observe...

Fantastikasia : Pour terminer, quels sont vos projets ?

J’ai bientôt fini un long métrage qui s’intitule Loft.

Fantastikasia : Est-ce un film d’horreur ?

Oui, mais pas seulement. L’histoire est principalement axée sur les rapports qu’entretiennent un homme et une femme, le film sera donc aussi une histoire d’amour...

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« standing ovation » à la cérémonie de clôture



Un immense merci à M. Kiyoshi Kurosawa pour son incroyable simplicité et pour nous avoir accordé si gentiment cet entretien.

Nous remercions également vivement Kaori Kinoshita qui fut notre interprète à cette occasion.

*« Mercano’s special thank » : merci de tout cœur (si, si j’insiste) à « Wolfy-le blagueur », qui a déplacé (volontairement ?) mon siège à la fin de l’interview si bien que lorsque votre humble serviteur a voulu se rasseoir, sans jeter un prudent coup d’œil derrière lui auparavant, il a failli se retrouver les quatre fers en l’air, allongé sur la table voisine au beau milieu du salon de thé du plus huppé des hôtels neuchâtelois... Et ce n’est que grâce à une -miraculeuse- pirouette digne de Bozo le clown que le désastre a pu être évité de justesse (j’imagine d’ici la note de frais adressée à l’ordre de Fantastikasia.net et à notre vénéré boss, soit dit en passant...) Mais cette « acrobatie » n’a pas échappé à notre traductrice ni à Mme Kurosawa, venue accompagner son mari, qui n’ont pu réfréner un fou rire bien naturel... La grande classe en somme ! Donc encore merci Wolfy pour ce moment inoubliable...

Interview réalisée lors de la 5ème édition du Festival du Film Fantastique de Neuchâtel, qui s’est tenue du 28 juin au 3 juillet 2005


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