
J’ai eu l’occasion de découvrir la saga du temple Shaolin lors de la rétrospective de la Shaw Brothers, durant l’été dernier (2004).
Voici quelques considérations qui, je l’espère, sauront vous mettre l’eau à la bouche ou, plutôt, des étincelles plein les yeux, afin de vous encourager à visionner cette œuvre cinématographique des plus décoiffantes !

- Le temple Shaolin
Tout d’abord, une légère ébauche de La 36e Chambre de Shaolin.
À la suite de l’invasion mandchoue, le héros, Li Liu-Te, interprété par le talentueux Gordon Liu, décide de rejoindre le temple Shaolin qui lui permettrait d’étancher sa soif de vengeance après la mort tragique de sa famille et de ses compagnons.
En quête des secrets du kung-fu, notre innocent et fougueux protagoniste s’obstinera sans relâche et... Non ! Vous ne saurez pas la fin !
Liu Chia-Liang a su mêler humour et action, faisant avancer son scénario à partir d’une trame qui se veut au premier abord assez simpliste.
Il nous fait admirer les diverses techniques qui travaillent « un muscle » et « une partie de l’esprit » d’une chambre à l’autre, le tout formant le kung-fu du monastère Shaolin.
L’enchaînement des entraînements spécifiques à chaque chambre accapare le spectateur euphorique qui se réjouit de leur originalité.
Par exemple, faire la lessive en ramenant de l’eau à bout de bras, contenue dans des seaux qui se déversent au moindre tressaillement, à la moindre faiblesse. Un disciple n’a pas intérêt à baisser les bras, d’autant plus que des lames écorcheuses et bien évidemment aiguisées sont accrochées aux muscles supérieurs !

- L’épreuve des seaux
D’autres apprentissage se suivent, ayant pour objectif d’augmenter la vitesse, l’agilité, l’équilibre, et cela, à travers des tests d’endurance et de torture de plus en plus exquis et raffinés !
L’ensemble force le respect et l’admiration que l’on peut éprouver à l’égard de Gordon Liu ! Effectivement, sa prestation est des plus méritoires : il incarne son personnage de manière charismatique et se met littéralement dans sa peau !
En bref, ce film entre dans le palmarès de l’originalité et des longs métrages sur les entraînements. On aurait pu penser que, justement, le fait de suivre l’apprentissage de techniques serait rébarbatif, mais que nenni !

- Entraînement de groupe
En conclusion, je ne saurais que trop vous conseiller ce bijou de Liu Chia-Liang !
... Et il y a également Le retour à la 36e chambre de Shaolin !
Cette fois, l’intrigue débute dans une teinturerie chinoise où des contremaîtres mandchous sont embauchés afin de réduire les salaires des employés. Une révolution sociale des travailleurs s’ensuit ! Mais les Mandchous ont de sacrées techniques de teinturerie...

- La teinturerie
Débarque alors un pseudo moine du monastère de Shaolin, alias Gordon Liu. Néanmoins... Je ne vous en dirai pas plus : évitons de gâcher le plaisir de la découverte !
Le retour à la 36e Chambre de Shaolin est complètement différent du premier opus, en ce sens qu’il ne s’agit en aucun cas d’une réelle suite. L’accent est mis sur le caractère parodique de l’entraînement.
Il y a plus de quiproquos, de scènes humoristiques. C’est davantage de la comédie martiale alliée au drame que constitue le mauvais traitement des ouvriers chinois exploités.
Il n’en demeure pas moins que l’œil du spectateur s’imprègne énormément de la diversité des techniques utilisées pour s’entraîner. Vous apprécierez en particulier la technique de l’échafaudage avec des bambous !

- Technique de l’échafaudage : apothéose
Pour information, il existe un troisième volet qui parachève la trilogie, intitulé Les disciples de la 36e chambre (1985). L’important succès est attribué principalement au premier opus.
Lire aussi l’avis de Medecine Man sur The 36th Chamber of Shaolin et Return to the 36th Chamber of Shaolin ainsi que celui de Dahlia sur The 36th Chamber of Shaolin.