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Boulot, Métro et Oh...

Après une journée de travail éprouvante pour les nerfs, prendre le métro relève du supplice.

Ce soir, la cohue de fin de journée est désarmante. On se masse dans le wagon et chacun se tient coi. Comme à l’accoutumée, j’essaie de me glisser vers le fond en lançant des regards indignés à quelques personnes accrochées comme des sangsues à l’entrée. Allez comprendre... Heureusement que j’ai mon mini-lecteur de musique. Écouter quelques chansons m’aidera à supporter à coup sûr la chaleur et la promiscuité des gens, sans parler de l’odeur nauséabonde que dégagent certains...

... Banno ki saheli resham ki dori... commence la chanson, et déjà le voyage s’annonce plus agréable.

À la station suivante, beaucoup s’engouffrent comme des déments dans le wagon sans laisser le temps aux autres de descendre... Laisser sortir d’abord et entrer ensuite me semble pourtant logique. D’habitude, je ferme les yeux pendant le voyage afin de laisser mon imagination vagabonder. Cette fois-ci, la précipitation des voyageurs retient mon attention. Une femme enfant fend la foule pour se mettre à l’arrière jusque devant moi. Elle m’apparaît d’origine indienne... Sa peau mate d’un grain extrêmement fin est rehaussée de cheveux noirs comme du jais. Une bouche au contour délicat donne du relief à son visage uni, agrémenté d’un regard d’un brun velouté.

Elle me tourne le dos... Le train continue sa route, et la chanson se poursuit. ... Chhup chhupke sharmaaye, dekhe chori chori... Drôle d’impression. Cette Indienne telle une princesse sortie d’un conte ou une héroïne échappée d’un Bollywood, se tient là... dans mon espace intime. Et la musique s’élève de plus belle, faisant tambouriner mon coeur. Les pulsations se rythment aux coups des instruments de percussion. Dire qu’elle - cet extraordinaire personnage - n’entend pas un son de cette superbe mélodie qui m’enveloppe. Une idée me traverse soudain. Si j’osais ? Cette outrecuidance me tétanise. Et pourtant... Oui, le lobe de son oreille merveilleusement dessiné me nargue. « Vas-y ! » dit ma voix intérieure. « Vas-y !! » crie-t-elle. « VAS-Y ! » hurle-t-elle. Alors, ma main droite tremblante détache un de mes écouteurs et le colle sur l’oreille de la jeune femme. La malheureuse tressaille un instant, mais ne se retourne pas tout de suite. Lentement, elle me fait face. Son regard insoutenable accroche le mien qui voudrait prendre la poudre d’escampette. Je ne remarque pas tout de suite que la musique s’est amplifiée et envahit tout le wagon. La jeune princesse sortie d’on ne sait quel film indien s’apprête à parler quand de ma bouche sort Chhup chhupke sharmaaye, dekhe chori chori dans un timbre parfait. À ce moment là, tout le monde se tourne vers nous. Ce groupuscule bigarré, blanc, noir et jaune, affiche des yeux non pas hagards, mais émerveillés, comme s’il comprenait l’hindi et ce que je... chante !

Banno ki saheli resham ki dori

Chhup chhupke sharmaaye

dekhe chori chori

Yeh maane ya na maane

Main to ispe mar gaya

Yeh ladki haai allah, haai haai re allah

Yeh ladki haai allah, haai haai re allah

Mon couplet fini, je m’interromps et j’attends la suite comme dans tous les films Bollywood, les yeux illuminés. L’espace d’un instant, j’ai l’impression que mon coeur va exploser. La jeune femme va certainement me lancer une insulte des plus cinglantes. Ou bien va-t-elle me gifler ? Elle fait mine de chercher ses mots, fronce les sourcils... Son regard trahit une petite gêne comme si elle lutte encore contre ce qu’elle est en train de vivre. Une sorte de non-sens.

Soudain, la musique effectue un bond dans le temps et se pare d’une mélodie digne des années 70. Et je comprends enfin... Elle cherchait son couplet, celui qui pouvait représenter ce qu’elle est, ce qui fait palpiter son coeur ! Elle entonne, le regard brillant, la voix claire La La la la...

La, la la la la la, la la la la la la la

La, la la la la, la la la la la

Tu tu hai vohi dil ne jisse apna kaha

Tu hai jahan main hoon vahan

Ab to yeh jeena tere bin hai saza

O mil jaaye is tarah, do lehre jis tarah

Phir ho na judaa, haan yeh vaada raha

La la la la la, la la la la la

Main aawaaz hoon to tu hai geet mera

Jahan se niraala manmeet mera

Mil jaaye is tarah, do lehre jis tarah

O mil jaaye is tarah, do lehre jis tarah

Phir ho na judaa, haan yeh vaada raha

Tu tu hai vohi dil ne jisse apna kaha

Tu hai jahan main hoon vahan

Ab to yeh jeena tere bin hai saza
« Mesdames et Messieurs,

... nous arrivons au terminus. La descente s’effectuera du côté droit, dans le sens de la marche. » Je secoue la tête. Vient-elle réellement de dire ça ? Tout à coup, je vois ma main qui tient toujours l’écouteur, figée à mi-course. Apparemment, le geste n’a pas été posé. La jeune femme se perd déjà dans la foule.

Je descends à pas nonchalants. À nouveau la fatigue s’abat tel un fardeau que l’on a trop vite oublié, et je retrouve ma sudation. La journée a été rude. J’ai dû dormir debout pendant le voyage. Quoi qu’il en soit, j’ai vécu une scène de Bollywood, et ça, c’est un petit bonheur.

Tiré du roman Masala Paris d’Athama Ashen, édition Fantastikasia.net

Tradution des chansons :



Ho, oh,oh,...........................

Banno ki saheli resham ki dori

L’amie de la mariée, une écharpe de soie

Chhup chhupke sharmaaye

Silencieuse et timide

dekhe chori chori

Elle jette des coups d’œil en secret

Banno ki saheli resham ki dori

Chhup chhupke sharmaaye

dekhe chori chori

Yeh maane ya na maane

Qu’elle le croie ou pas

Main to ispe mar gaya

Je l’aime à mourir

Yeh ladki haai allah, haai haai re allah

Yeh ladki haai allah, haai haai re allah

A cette fille ! ! ! oh allah

Chanson Yeh Ladka Haai Allah, Haai Haai Re Allah du film K3G

La, la la la la la, la la la la la la la
La, la la la la, la la la la la
Tu tu hai vohi dil ne jisse apna kaha
Toi tu es celui que le cœur appelle " le sien "
Tu hai jahan main hoon vahan
Tu es ici je suis là-bas
Ab to yeh jeena tere bin hai saza
Maintenant vivre sans toi est une torture
O mil jaaye is tarah, do lehre jis tarah
Fusionnons comme le feraient deux vagues
Phir ho na judaa, haan yeh vaada raha
Puis plus de séparation, c’est la promesse qui est faite
La la la la la, la la la la la
Main aawaaz hoon to tu hai geet mera
Je suis la voix tu es la chanson
Jahan se niraala manmeet mera
Mon cœur vient d’un endroit de solitude

Mil jaaye is tarah, do lehre jis tarah
O mil jaaye is tarah, do lehre jis tarah
Phir ho na judaa, haan yeh vaada raha
Tu tu hai vohi dil ne jisse apna kaha
Tu hai jahan main hoon vahan
Ab to yeh jeena tere bin hai saza

Chanson Tu tu hai vohi dil ne jisse apna kaha, du film Yeh Vada Raha

Merci à Angel-Mumtaz pour les traductions hindi ;o).




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