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Cure - Test DVD

Cure

Cure

Kiyoshi Kurosawa tourne vite et beaucoup. Depuis ce Cure réalisé en 1997, on a pu découvrir en France pas moins de cinq autres de ses longs métrages (License to Live, Charisma, Séance, Kaïro et Jellyfish). Curieux succès pour ce réalisateur japonais d’une cinquantaine d’années, dont un des films a déjà été présenté à Cannes et un autre est en cours de remake aux USA par... Wes Craven. Sans le côté spectaculaire de Miike, l’approche organique de Tsukamoto ou la limpidité de Kitano, son cinéma est au contraire d’une épure confondante.

Kurosawa assène son univers, très atmosphérique, à coups de silences pesants, murmures succédant à l’hystérie, lumière aux néons blafards, gros plans inquiétants (machine à laver, briquet, flaque d’eau...). Son cinéma repose beaucoup sur cette ambiance, en cela comparable à un autre polar japonais, Angel Dust, de Sogo Ishii, qui ne fait pas lui non plus dans la légèreté... Ambiance qui fait ici tout le film, l’intrigue étant réduite à la plus stricte linéarité (l’enquête d’un flic sur un meurtrier en série qui grave un X mystérieux sur la gorge de ses victimes).

Le film commence pourtant très bien, par une mélodie ponctuant le premier meurtre filmé en quelques plans : un insert sur une barre en fer, un gros plan sur le sang coulant du rideau de douche, un autre sur le flic en service, le titre du film apparaît. Efficace. Un intermède hospitalier ouvre Cure sur un conte, celui de Barbe Bleue, qui amène à penser que le film à venir sera à la lisière du fantastique, dans la foulée des Ring et autres Dark Water. Il n’en sera rien, car de fantastique il n’aura que la photo, clinique au possible, entre vert mousse et bleu métal, ainsi qu’une vague leçon scolaire sur l’hypnose, administrée avec un sérieux inquiétant. Cure est pour ma part un film policier très plat, dont les seules incursions dans l’onirisme (le bus flottant dans le ciel) et la morale (la société est mauvaise à cause de personnes comme toi, nous dit le flic) paraissent vraiment déplacées. Le plus grave étant peut être l’absence totale de caractérisation des personnages (la femme du policier, pur personnage prétexte), qui constitue la force d’un autre film d’enquête récent, coréen et réussi lui, par contre, Memories of Murder.

Chaque scène donne l’impression de ne rien apporter à la précédente. Le film n’a pas de progression dramatique, pas de nécessité autre qu’une mécanique brillante et une (vague) fascination pour le meurtrier. Ainsi, on ne peut que s’efforcer de suivre le jeu de pistes et d’apprécier la réalisation en longs plans séquences, maîtrisée et impeccable, en particulier des scènes de meurtre (une défenestration insolite, par exemple). Deux moments émergent de l’ensemble, l’un de dialogue (Aviez-vous une raison de taillader ce type ? Oui, je le détestais), l’autre visuel (un très beau moment d’abstraction en bord de plage, où les personnages ne sont plus que des silhouettes entre sable et ciel). Le final dans un entrepôt abandonné (forcément glauque) est, lui, brutal et raté. Kurosawa tente de briser la fluidité du reste du film en filmant la scène à l’épaule, mais le dénouement laisse totalement indifférent. À noter la clôture du film sous forme de surprise et d’ouverture, joliment filmée et montée, effet facile mais toujours efficace. Facile parce que finalement un peu vain. Il est déjà trop tard, et on aura eu 1 h 55 pour trouver le film conventionnel et plutôt ennuyeux.

P.-S.

FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur, scénariste : Kiyoshi Kurosawa
Pays : Japon
Année : 1997
Interprètes : Koji Yakusho, Masato Hagiwara, Tsuyoshi Ujiki, Anna Nakagawa
Directeur de la photographie : Tokusho Kikumura
Monteur : Kan Suzuki
Compositeur : Gary Ashiya
Producteurs : Tetsuya Ikeda, Satoshi Kanno, Atsuyuki Shimoda, Tsutomu Tsuchikawa
Durée : 115 min
Support : DVD MK2 Édition Collector, en japonais 5.0, sous-titres français, format image 16:9 compatible 4/3, format d’origine respecté 1.85, PAL zone 2, bande annonce, interview du réalisateur


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